24 mars, 2015

Exclusif : un entretien inédit avec le cardinal Burke à propos de la famille, du mariage et du synode

Le cardinal Raymond Burke nous a fait l'honneur de répondre longuement à une interview à propos de la famille, du mariage et du synode. Moments intenses où nous avons perçu aussi bien la préoccupation de ce prince de l'Eglise devant une situation de confusion et d'imprécision doctrinale qu'il a lui-même qualifiée d'« absurde », que la sérénité et la confiance d'un homme de foi, fort, comme l'est toute l'Eglise, de la promesse que les portes de l'enfer ne prévaudront pas.


Une partie de l'interview – à peu près la moitié, vous la reconnaîtrez par sa justification plus large – a été accordée à la revue Monde & Vie, qui l'a publiée début février. Le reste est inédit, et vous est spécialement destiné, chers lecteurs de ce blog. N'hésitez pas à la diffuser en invitant vos contacts à suivre ce lien :

http://leblogdejeannesmits.blogspot.fr/2015/03/exclusif-un-entretien-inedit-avec-le.html

que vous pouvez copier et coller. Merci à Jean-Marie Molitor, directeur de Monde & Vie, de m'avoir autorisée à mettre en ligne la partie de l'interview parue dans ses colonnes. Monde & Vie, c'est par , aussi bien pour s'abonner que pour acheter un numéro.

L'entretien a été conduit en anglais, puis traduit en français par mes soins. Il est publié simultanément en langue anglaise sur LifeSiteNews. Les deux textes ont été « visés » par le cardinal Burke et reflètent donc exactement sa pensée dans sa langue maternelle comme en français, qu'il maîtrise parfaitement.

Au cours des échanges en vue de cette double révision je me suis fait confirmer que le cardinal Burke n'a pas du tout annoncé, lors d'un entretien avec France 2 diffusé il y a plusieurs semaines, qu'il « résisterait face au pape François » si la règle sur le refus de la communion aux divorcés « remariés » devait être abandonnée, comme l'ont écrit de nombreux médias et blogs francophones. Le cardinal avait dit : « Je résisterai, je ne peux rien faire d'autre. » Le sens de son propos n'annonçait pas une quelconque désobéissance mais indiquait qu'il prendrait le seul chemin qu'il lui serait alors possible de prendre. Au demeurant, il terminait son propos en rappelant que « les forces du mal ne prévaudront pas ». – J.S.


ENTRETIEN AVEC LE CARDINAL RAYMOND LEO BURKE

— Depuis le synode extraordinaire sur la famille, nous sommes entrés dans une période d’incertitude et de confusion à propos de plusieurs questions « sensibles » : la communion pour les couples divorcés et « remariés », un changement d’attitude à l’égard des unions homosexuelles et un apparent assouplissement à l’égard des couples qui vivent ensemble sans être mariés. Son Eminence pense-t-elle que cette confusion produit d’ores et déjà des effets négatifs parmi les catholiques ?
— Oui, très certainement. C’est ce que me disent des laïcs, c’est ce que me disent des évêques. Il y a aujourd’hui des gens qui se réclament d’un « changement » de l’enseignement de l’Eglise par rapport aux relations sexuelles hors mariage, ou par rapport au caractère intrinsèquement désordonné des actes homosexuels. Il y a aussi des personnes qui se trouvent au sein d’unions maritales irrégulières qui prétendent exiger de recevoir la Sainte Communion, en affirmant qu’il s’agit là de la volonté du Saint-Père. Et nous nous trouvons face à des situations ahurissantes : telles les déclarations de l’évêque d’Anvers à propos des actes homosexuels, qui passent sans être sanctionnées. De telle sorte que cette confusion se répand de manière véritablement alarmante.


— Mgr Bonny, évêque d’Anvers, a déclaré entre autres qu’Humanae vitae a été contestée par beaucoup, et qu’il faut maintenant porter la contestation plus loin. Ne sommes nous pas à un moment de l’histoire où l’enseignement de l’Eglise se trouve davantage contesté que par le passé ?
— Il semble qu’aujourd’hui des personnes qui ne contestaient pas l’enseignement de l’Eglise parce que, clairement, l’autorité de l’Eglise interdisait certaines discussions, se sentent désormais très libres de contester jusqu’à la loi morale naturelle, sans même parler d’un enseignement comme Humanae Vitae qui ne fait que reprendre l’enseignement constant de l’Eglise sur la contraception.
— Certains ont dit, après la publication de la relatio post disceptationem, qu’une manipulation avait eu lieu, consistant à introduire dans le cadre du synode des questions qui n’ont en réalité rien à voir avec la famille.
— Il est clair qu’une manipulation a eu lieu, dans la mesure où les interventions des membres du synode n’ont pas été publiées, et que le rapport d’étape ou relatio post disceptationem, tel qu’il a été publié, n’avait en réalité rien à voir avec ce qui avait été présenté. Et il est donc évident à mes yeux que certains individus qui avaient forcément une forte influence sur les processus synodaux ont mis en avant un programme qui n’a rien à voir avec la vérité sur le mariage telle que Notre Seigneur nous l’enseigne, et telle que l’Eglise nous la transmet. Ce programme vise à justifier les relations sexuelles hors mariage, les actes sexuels entre personnes de même sexe, et d’une certaine manière à relativiser nettement et même à occulter la beauté de l’enseignement de l’Eglise sur le mariage qui est l’union fidèle, indissoluble et procréatrice entre un homme et une femme.
— A qui profite cette manipulation ?
— Elle ne peut profiter à personne, parce que tout cela n’est pas vrai ; ce n’est pas la vérité. Ainsi elle ne peut faire que du tort à chacun. On peut la considérer comme bénéfique aux personnes qui pour une raison quelconque se trouvent piégées dans des situations immorales. Certains pourraient y voir une manière de les justifier. Mais cela ne peut les justifier, car leurs actes eux-mêmes ne sont pas susceptibles d’être justifiés.
— Vous avez parlé, en une autre occasion, de la ferme résistance opposée à ces points par de nombreux pères synodaux. Cette résistance vous a-t-elle surpris ?
— Non, même si j’ai été très reconnaissant de la voir se manifester, car au moment où la relatio post disceptationem a été rendue publique, en observant la direction qui était donnée au synode, on pouvait craindre que peut-être les pères synodaux ne s’exprimeraient pas – mais ils l’ont fait. Un grand nombre d’entre eux ont parlé avec force, et pour cela nous rendons grâce à Dieu. Je reste confiant de voir ces mêmes pères synodaux – j’espère qu’ils seront nombreux à être nommés à la session de septembre 2015 – continuer de se montrer forts à cette occasion.

— De manière répétée, même les pères synodaux qui ont imposé les questions des divorcés « remariés » et des unions homosexuelles ou irrégulières ont affirmé que la question n’est pas doctrinale, mais pastorale.
— C’est une fausse distinction. Rien ne peut être vraiment sain sur le plan pastoral qui ne soit pas aussi de saine doctrine. En d’autres termes : il est impossible de séparer la vérité de l’amour. En d’autres termes encore : une vie hors de la vérité ne peut être une vie d’amour. Il est faux de dire que nous ne faisons que des changements pastoraux qui n’ont rien à voir avec la doctrine. Si vous donnez accès à la Sainte Communion à des personnes qui se trouvent dans des unions maritales irrégulières, vous affirmez par le fait même quelque chose à propos de l’indissolubilité du mariage, car Notre Seigneur a dit : « Celui qui quitte sa femme et en épouse une autre commet l’adultère. » Celui qui se trouve dans une union maritale irrégulière est dans un état d’adultère public. Si vous lui donnez la Sainte Communion, vous dites d’une certaine façon que cela est acceptable doctrinalement. Et cela ne se peut.
— Ainsi, le simple fait de mettre cette question en discussion est déjà une erreur.
— Oui. Et j’ai en effet demandé plus d’une fois que ces questions soient ôtées de l’ordre du jour du synode. Si des gens veulent en discuter, tant mieux pour eux, mais elles n’ont rien à voir avec l’enseignement de l’Eglise sur le mariage. Il en va de même pour la question des actes sexuels entre personnes de même sexe, et ainsi de suite.
— Un exorciste italien, le P. Sante Babolin, a dit récemment qu’au cours d’un exorcisme, l’esprit mauvais qui tourmentait la femme d’un de ses amis lui dit : « Je ne supporte pas qu’ils s’aiment ! » N’est-ce pas un message que les couples mariés devraient méditer ?
— Absolument. Après l'Eucharistie, il n’y a pas de plus grande force contre le mal dans le monde que l’amour d’un homme et d’une femme au sein du mariage. Il a une puissance qui dépasse tout ce que nous pouvons imaginer. Je ne connaissais pas cette histoire, mais elle ne m’étonne pas. Et certainement, chaque fois qu’un couple est entré dans le mariage de tout son esprit et de tout son cœur, le diable va se mettre à l’œuvre pour essayer de détruire ce foyer, parce que ce foyer est un berceau de grâces, où la grâce est reçue non seulement en vue du couple mais aussi pour les enfants, et pour chaque proche de cette famille.

***



— En tant que catholiques, nous savons que le mariage engage pour la vie ; que le mariage est un « signe » de l’union du Christ et de l’Eglise. Nous connaissons également son lien profond avec l’Eucharistie. La Théologie du Corps du Jean-Paul II a mis cela en lumière de manière très spéciale, mais ses travaux n’ont pas été cités dans les documents successifs du synode. Comment percevez-vous cette omission ? La vulgarisation de cette œuvre n’offrirait-elle pas les vraies réponses aux problèmes d’aujourd’hui ? 
— Absolument. L’enseignement de Jean-Paul II est si lumineux, il s’est consacré avec tant d’attention et d’intention à la question de la vérité sur la sexualité humaine et de la vérité du mariage, ainsi que nous avons été plusieurs à le dire lors des discussions au synode et des travaux en groupes linguistiques : nous avons plaidé pour un retour à ce magistère de saint Jean-Paul II qui est une réflexion sur ce que l’Eglise a toujours enseigné et mis en pratique. Mais à vrai dire, on avait l’impression que l’Eglise n’a aucun enseignement en ces domaines. 
— Voilà qui est extraordinaire… 
— Tout à fait extraordinaire. C’est ahurissant. J’avais du mal à le croire alors que j’en étais témoin. Je crois que certaines personnes refusent de le croire parce que c’est absurde. 
— Saint Jean-Paul II a répondu à l’idéologie du genre avant qu’elle devienne connue. 
— En effet. Il s’occupait de toutes ces questions au niveau le plus profond : il s’en occupait strictement sur le plan de la loi morale naturelle, ce que la raison nous enseigne ; et sur le plan de la foi et de ce qu’elle nous enseigne, évidemment en union avec la raison mais en élevant et en illuminant ce que la raison nous dit de la sexualité humaine et du mariage. 
—Parmi les points de vues développés par le cardinal Kasper, et plus récemment par Mgr Bonny, l’évêque d’Anvers, il y avait l’idée que les homosexuels « fidèles », les divorcés « remariés » et les couples au sein d’une union maritale irrégulière font preuve de qualités d’oubli de soi, de générosité et de dévouement que l’on ne peut ignorer. Mais par leur choix de vie, ils se trouvent dans ce que les tiers doivent considérer comme étant objectivement un état de péché mortel : un état choisi et prolongé de péché mortel. Pourriez-vous nous rappeler l’enseignement de l’Eglise sur la valeur et le mérite de la prière et des bonnes actions dans cet état ? 
­­— Pour celui qui vit publiquement dans un état de péché mortel aucun acte bon qu’il peut être amené à poser ne peut justifier cette situation : cette personne demeure en état de péché grave. Nous croyons que Dieu a créé tous les hommes bons, et que Dieu veut la rédemption de tous les hommes, mais celle-ci ne peut se réaliser que par une conversion de vie. C’est pourquoi nous devons appeler ceux qui vivent dans ces situations gravement peccamineuses à la conversion. Vouloir donner l’impression que d’une certaine manière il y a quelque chose de bon dans le fait de vivre dans un état de péché grave est tout simplement contraire à ce que l’Eglise a toujours enseigné, partout. 
Ainsi, lorsque l’homme de la rue dit qu’en effet, il est vrai que ces personnes sont bonnes, dévouées, généreuses, cela ne suffit donc pas ? 
— Bien sûr que non. C’est comme une personne qui commet un meurtre mais qui est pourtant aimable avec les autres… 
— Quels véritables soins pastoraux recommanderiez-vous pour les personnes qui vivent dans ces situations, et que peuvent-elles obtenir de la pratique de la foi dans la mesure du possible, alors qu’elles ne peuvent pas obtenir l’absolution ni recevoir la sainte Communion ? 
— Au cours de ma propre expérience pastorale j’ai travaillé avec des individus qui se trouvent dans ce type de situation et j’ai essayé de les aider, avec le temps, à changer de vie, tout en respectant les obligations qu’ils sont tenus de remplir eu égard à la justice. Par exemple, dans le cas de ceux qui se trouvent au sein d’une union matrimoniale invalide, il s’agira de les aider à se séparer si c’est possible, ou à vivre comme frère et sœur dans le cadre d’une relation chaste, s’il y a des enfants et qu’ils ont l’obligation de les élever. 
— Dans de cas de couples remariés qui ont des enfants à eux mais aussi des enfants d’un précédent mariage, cela ne crée-t-il pas des situations très compliquées ? 
— Evidemment ! Je suis d’ailleurs très préoccupé par la discussion à propos de la procédure de reconnaissance de nullité du mariage : on donne l’impression que seule une partie est en cause, à savoir la personne qui demande une déclaration de nullité. En réalité il y a deux parties en cause, il y a des enfants en cause, et il y a toutes sortes d’autres relations qu’implique tout mariage. Et ainsi la matière est extrêmement complexe, elle n’est jamais capable d’une solution facile quelconque. 
— Pour les personnes vivant dans le cadre de mariages invalides ou d’unions impossibles, on a soulevé la question de la communion spirituelle. Je ne comprends pas bien comment on peut faire une communion spirituelle dans cet état. 
— Le terme a été utilisé de manière imprécise. Pour faire une communion spirituelle il est nécessaire d’avoir toutes les dispositions nécessaires à la réception actuelle de la sainte Communion. La personne qui fait une communion spirituelle, c’est celle qui, simplement, se trouve dans une situation où elle n’a pas accès au Sacrement mais est pleinement disposée à le recevoir, et elle fait alors un acte de communion spirituelle. Je pense que certaines personnes qui ont utilisé ce terme voulaient parler du désir de la personne qui se trouve dans une situation de péché de se libérer de cette situation, et qui prient Dieu de les aider à remettre leur vie à l’endroit, à changer de vie, à trouver une nouvelle manière de vivre afin qu’ils puissent se trouver dans un état de grâce. Nous pourrions appeler cela le désir de la sainte Communion, mais ce n’est  pas la communion spirituelle. Cela n’est pas possible. La communion spirituelle a été définie par le Concile de Trente : celui-ci avait très clairement posé qu’elle nécessite toutes les dispositions, et cela est logique. 
— Comment l’Eglise peut-elle vraiment venir en aide à tous ceux qui sont impliqués dans ces situations : époux abandonnés, enfants de mariages légitimes qui sont blessés par le divorce de leurs parents, les personnes qui se battent avec une tendance homosexuelle ou qui d’une manière ou d’une autre se sont laissé « piéger » au sein d’une union illégitime ? Et quelle doit être notre attitude ? L’attitude des fidèles ? 
— Ce que l’Eglise peut faire, et c’est le plus grand acte d’amour qui puisse être de la part de l’Eglise, c’est de présenter à tous l’enseignement sur le mariage, cet enseignement qui nous vient de la parole du Christ elle-même, et qui a été constant dans la tradition de l’Eglise. C’est un signe d’espoir pour tous. Elle peut aussi les aider à reconnaître le caractère peccamineux de la situation où ils se trouvent, et en même temps les appeler à quitter cette situation de péché et de trouver une manière de vivre en accord avec la vérité. C’est la seule manière dont l’Eglise peut les aider. Cela avait été ma grande espérance pour ce synode : qu’il puisse montrer au monde la grande beauté du mariage – et cette beauté du mariage, c’est la vérité sur le mariage. Je dis toujours au gens : l’indissolubilité n’est pas une malédiction, c’est elle qui fait la grande beauté de la relation conjugale. C’est ce qui fait la beauté de la relation entre l’homme et la femme : que leur union soit indissoluble, qu’elle soit fidèle, qu’elle soit procréatrice. Mais aujourd’hui on aurait presque l’impression que d’une façon ou d’une autre, l’Eglise a honte de ce très beau trésor qui nous est donné dans le mariage, conforme à la manière dont Dieu a créé l’homme et la femme depuis l’origine. 
— Certains pasteurs semblent même avoir honte de parler du péché, ou de parler de la chasteté.  
— Cette question a également été soulevée au synode. L’un des pères synodaux a demandé : « N’y a-t-il plus de péché ? » On a cette impression. Malheureusement, depuis la chute de nos premiers parents, la tentation existe toujours de pécher, et le péché est dans le monde : nous devons le reconnaître et l’appeler du nom qui est le sien, et chercher à le vaincre. 
— L’Eglise et les parents chrétiens ne sont ils pas appelés d’une manière particulière à éduquer les enfants à la modestie et à la décence ? Celles-ci ont complètement disparu dans de nombreux lieux. 
— Oui, cela est tellement vrai. Une partie de l’Evangile de la Vie ordonne d’enseigner aux enfants, aussi bien à la maison qu’à l’école, les vertus fondamentales qui mettent en évidence le respect de notre propre vie et de la vie d’autrui, ainsi que le respect de notre propre corps : la modestie, la pureté, la chasteté. Il faut y former les jeunes enfants dès leurs plus tendres années. Mais tout cela aussi est en péril, simplement parce que la catéchèse de l’Eglise a été si faible, et dans certains cas confuse et erronée ; et il y a eu une telle dégradation de la vie familiale, que les enfants ont été sujets à une éducation qui les laisse désarmés lorsqu’il faut vivre la vérité du mariage et la vérité de leur propre corps, de leur propre vie humaine. 
Quelle est la chose la plus urgente que nous devions faire pour éviter le désordre du divorce et de toutes les unions désordonnées ? 
— Je pense vraiment que cela commence dans la famille. Nous devons renforcer les familles, en formant d’abord les époux à vivre la vérité du mariage dans leur propre foyer qui devient dès lors – et pas seulement pour eux – une source de rédemption, et en même temps une lumière pour le monde. Un mariage vécu dans la vérité est si attirant et si beau qu’il mène d’autres âmes à la conversion. Pour former les enfants en ce sens, spécialement aujourd’hui, il faut les élever de manière à ce qu’ils puissent choisir d’être « contre-culturels ». Ils ne peuvent par exemple accepter cette théorie du genre qui contamine notre société : il faut donc les élever de manière à ce qu’ils rejettent ces mensonges et vivent dans la vérité. 
— Il existe un lien entre la contraception et le divorce : 30 à 50 % des couples mariés qui utilisent la contraception divorceront, tandis que les couples qui ne l’utilisent pas – qu’ils soient chrétiens ou non – ou qui ont recours à la régulation naturelle des naissances, seront moins de 5 % à divorcer. Etes-vous d’accord pour dire qu’un langage plus clair et un plus grand engagement pastoral de l’Eglise pour la promotion d’Humanae Vitae sont indispensables afin d’obtenir des unions plus stables ? 
— Absolument. Le bienheureux pape Paul VI l’a bien mis en évidence dans la lettre encyclique Humanae Vitae : la pratique de la contraception allait entraîner la rupture de la vie familiale et la perte du respect à l’égard des femmes. Nous devons simplement réfléchir au fait qu’au sein d’un couple qui a recours à la contraception les époux ne se donnent plus totalement l’un à l’autre. Cela introduit déjà un élément de rupture dans le mariage : s’il n’est pas corrigé, si l’on n’y porte pas remède, cela peut facilement mener au divorce. 
— Sur la question de la taille de la famille et de la liberté des parents, le mouvement écologiste mondial, avec la promotion internationale du planning familial et du contrôle de la population sont-ils pour vous des sujets d’inquiétude ? 
— Oui, cela m’inquiète beaucoup car les gens sont faussement amenés à penser qu’ils devraient avoir recours à une forme ou l’autre de contraception pour être des intendants responsables de cette terre. En réalité, le taux de natalité de la plupart des pays est bien en deçà de celui qui est nécessaire pour assurer le renouvellement des générations. Et quoi qu’il en soit de tout cela, la vérité est celle-ci : si Dieu appelle un couple au mariage, alors Il les appelle aussi à être généreux pour ce qui est de recevoir le don de la vie humaine nouvelle. Et nous avons donc besoin de beaucoup plus de familles nombreuses aujourd’hui. Grâce à Dieu, je vois parmi certains jeunes couples aujourd’hui une générosité remarquable par rapport aux enfants. 
Une autre chose que je n’entends guère aujourd’hui, mais sur laquelle on mettait toujours l’accent lorsque j’étais jeune, comme on l’a toujours fait dans la tradition de l’Eglise, c’est que les parents doivent être généreux en ce qui concerne le nombre d’enfants afin que certains d’entre eux puissent recevoir l’appel à la prêtrise ou à la vie consacrée, et au service de l’Eglise. Et cette générosité des parents va certainement inspirer à l’enfant qui reçoit cette vocation une réponse généreuse. 
— Le mariage monogame, c’est très bien pour les catholiques, dira-t-on, mais la « dureté des cœurs » des non catholiques doit faire que l’on accepte le divorce et le remariage dans les lois civiles. D’un autre côté, les nations chrétiennes ont beaucoup fait  pour apporter la stabilité sociale et la dignité du mariage naturel à de nombreux endroits du monde. La venue du Christ a-t-elle changé la situation de tous les hommes et est-il juste de promouvoir, peut-être même d’imposer cette vision du mariage naturel jusque dans les sociétés non catholiques ? 
— Je crois qu’il faut souligner exactement que l’enseignement du Christ sur le mariage est une affirmation, une confirmation de la vérité du mariage depuis l’origine – pour reprendre ses propres paroles – et cette vérité du mariage qui est inscrite dans tout cœur humain. Et ainsi l’Eglise, lorsqu’elle enseigne le mariage monogame, fidèle, pour la vie, enseigne la loi morale naturelle et elle a raison d’insister sur ces points dans la société en général. Le Concile œcuménique Vatican II a qualifié le divorce de plaie pour notre société, et en effet, il l’est. L’Eglise doit être toujours plus forte dans son opposition à la pratique très répandue du divorce. 
— Pensez-vous que les études sur la situation et les meilleurs résultats finaux constatés chez les enfants élevés au sein de familles monogames stables devraient jouer un rôle plus important lors des préparations au mariage ? 
— Je le pense. Il faut mettre l’accent sur la beauté du mariage tel que beaucoup de couples le vivent aujourd’hui, fidèlement et généreusement, et la vie de famille telle qu’en font l’expérience les enfants qui vivent au sein d’une famille aimante… Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de défis. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de moments difficiles dans la famille et dans le mariage, mais qu’avec le secours de la grâce de Dieu, la réponse est toujours, au bout du compte, une réponse d’amour, de sacrifice, d’acceptation de toute souffrance nécessaire pour être fidèle à l’amour. 
— Mais la société moderne n’accepte pas la souffrance, que ce soit en fin de vie, ou pendant la grossesse, ou dans le mariage… 
— Evidemment ! Parce qu’elle ne connaît pas la signification de l’amour. Le Christ a dit : si quelqu’un veut me suivre, qu’il prenne sa croix à ma suite, et ainsi l’essence de notre vie est de souffrir au nom de l’amour : l’amour de Dieu et de notre prochain. 
— Seriez-vous d’accord, ainsi que l’affirment nombre de personnes, pour dire que de nombreux mariages catholiques aujourd’hui, que ce soit faute de préparation ou par ignorance à l’égard de la signification des vœux matrimoniaux, ne sont pas valides ? Quelle a été votre expérience précise de cette question en tant que préfet du Tribunal suprême de la Signature apostolique ? 
— J’estime qu’il est très irresponsable de faire des déclarations générales sur le nombre de mariages qui seraient valides ou invalides. Chaque mariage doit être examiné. Le fait que des personnes ont pu être mal catéchisées, et ainsi de suite, peut certainement les rendre moins fortes par rapport à la vie conjugale, mais cela n’indiquerait pas nécessairement qu’elles donnent un consentement matrimonial invalide, parce que la nature elle-même nous instruit de la vérité du mariage. C’est ce que nous avons vu à la Signature apostolique : oui, il y avait davantage de déclarations de nullité de mariage, mais en examinant tous les cas, il y en avait de nombreux où la nullité du mariage n’était pas établie, n’a pas été démontrée. 
— Vous avez montré dans le livre Demeurer dans la vérité du Christ que la simplification de la procédure n’est pas la solution. 
— Elle ne l’est pas du tout, car il s’agit de situations très complexes, qui exigent une procédure soigneusement articulée afin de parvenir à la vérité. Si la vérité ne nous importe plus, alors n’importe quelle procédure sera acceptable, mais si nous avons le souci de la vérité, alors il faut une procédure comme celle utilisée actuellement par l’Eglise. 
— Et l’Eglise a beaucoup fait en faveur des procédures judiciaires dans le monde civilisé… 
— L’Eglise a été admirée au cours des siècles comme un miroir de justice : sa manière propre d’administrer la justice a été un modèle pour les autres juridictions. Il y a déjà eu au sein de l’Eglise une expérience de modification de procédure en nullité de mariage : elle a eu lieu aux Etats-Unis de 1971 à 1983. Elle a eu des effets désastreux, à tel point que des gens commençaient à parler du « divorce catholique », non sans raison. C’est une cause de scandale pour ceux qui travaillent dans le domaine de la justice ou les ministres de la justice dans l’ordre séculier, car lorsqu’ils voient que l’Eglise ne pratique pas la justice, qu’elle n’a plus le souci de la vérité, que peuvent alors signifier la loi et de la justice ?

***


— Comment les couples peuvent-ils valoriser et protéger leur amour conjugal ?
D’abord par une vie de prière fidèle, chaque jour, et par la confession régulière, car nous avons tous besoin de cette aide pour vaincre le péché dans nos vies : même les petits péchés, les péchés véniels – mais aussi pour nous garder des péchés plus graves. Bien entendu, l’Eucharistie est au centre de chaque vie chrétienne d’une manière très particulière. Elle est au centre de la vie conjugale parce qu’elle est communion avec Notre Seigneur Jésus Christ, pour vivre de cet amour qu’Il a pour l’Eglise, dont le mariage est le sacrement : le signe de son Amour dans le monde. Ainsi, dans l’Eucharistie, le couple reçoit la grâce, de la manière la plus abondante et la plus puissante, qui leur permet de vivre leur alliance d’amour.
— Pensez-vous qu’il y a un lien entre la « mort du culte » – une liturgie anthropocentrique, qui n’adore pas – et la culture de mort ?
Je suis très convaincu de ce que les abus qui se sont immiscés au sein de la pratique liturgique de l’Eglise, des abus qui reflétaient une visée anthropomorphique où le culte sacré a commencé à être présenté comme une activité humaine, alors qu’il est action de Dieu parmi nous, ont à l’évidence conduit les fidèles dans une mauvaise direction, et que cela a eu un impact très négatif sur la vie de chaque individu et, d’une manière particulière, sur la vie conjugale. La beauté de la vie conjugale se perçoit et se confirme de manière particulière dans le Sacrifice eucharistique.
— En tant que laïcs catholiques nous devons agir au sein de la société, y compris sur le plan politique. Mais en France aucun parti majeur ne défend complètement le mariage, aucun ne défend complètement la vie. Que doivent faire les catholiques : s’engager dans un mouvement dont ils savent qu’il se positionne contre les principes non négociables, ou doivent-ils essayer de construire autre chose ?
— Idéalement, ils doivent essayer de construire au sein de la société une force politique qui s’engage
pleinement pour la vérité, pour les biens non négociables en ce qui concerne la vie humaine et la famille. Et ils doivent affirmer très clairement leur propre position, et insister sur celle-ci, auprès des partis politiques qui existent, afin de constituer une force qui impulse la réforme de ces partis. Bien évidemment, vous ne pouvez pas prendre part à un mouvement qui serait contraire à la loi morale. La même réflexion permettrait de soutenir un mouvement politique qui montrerait des signes de réforme, de vouloir adhérer à la loi morale : il faut l’encourager.
— Quels saints invoquer aujourd’hui pour la famille ?
Avant tout, la Sainte Famille de Nazareth : la Vierge Marie, saint Joseph et Notre Seigneur Jésus. Puis il y a les grands saints mariés. On pense par exemple aux parents de la Petite Thérèse, les bienheureux Louis et Zélie Martin ; et à une grande sainte comme Gianna Molla ici en Italie ; à un grand saint mort en martyr pour la famille, saint Thomas More qui était un homme marié et qui avait pleinement compris la vocation au mariage. Il y a aussi le couple Luigi et Maria Beltrame Quattrocchi, béatifiés ici en Italie. Et encore sainte Rita de Cascia qui fut une mère très fidèle, et qui a tant prié pour la conversion de son mari, et de ses deux fils. Ce ne sont là que quelques exemples… il y en a tant d’autres.
— Comment le mieux rester fidèles à l’Eglise et au pape en ces temps troublés ?
— En nous attachant de la manière la plus claire à ce que l’Eglise a toujours enseigné et pratiqué : voilà notre ancre. Notre foi ne nous attache pas à des individus, notre foi est en Jésus-Christ. Lui seul est notre rédemption, et Il est vivant pour nous dans l’Eglise à travers son enseignement, ses sacrements et sa discipline. Je dis volontiers à ceux, nombreux, qui sont en contact avec moi et qui se trouvent désorientés, inquiets et décontenancés : non, nous devons rester calmes, et nous devons rester pleins d’espérance en parvenant à goûter de manière de plus en plus profonde la vérité de notre foi, et nous devons nous y attacher. C’est cela qui ne change pas, et c’est cela qui à la fin, vaincra. Le Christ a dit à saint Pierre lorsque celui-ci a confessé sa foi : « Les portes de l’enfer ne prévaudront pas » contre l’Eglise. Nous savons que cela est vrai, et nous devons souffrir, en attendant, pour la vérité, mais nous devons avoir confiance : Notre Seigneur remportera la victoire, à la fin.

Propos recueillis par Jeanne Smits
Photos : © Olivier Figueras


• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner





© leblogdejeannesmits



18 mars, 2015

Royaume-Uni : mise en garde contre des procédures de fin de vie aux mêmes failles que la loi Leonetti-Claeys

Alors que l’Assemblée nationale vient d’adopter la loi Leonetti-Claeys sur la fin de vie à une majorité écrasante, le Royaume-Uni envisage des mesures qui ne sont pas sans points de similitude – et qui a soulevé des critiques que la France ferait bien d’écouter. Le projet présenté par la commission spéciale de la Chambre des communes propose en effet de mettre en place une base de données où chaque personne pourrait faire savoir sa préférence, en cas de besoin : mourir à l’hôpital, ou mourir chez soi.
L’idée d’une telle « liste de la mort » a germé face au constat que – selon des enquêtes – les deux tiers des Britanniques préféreraient passer leurs derniers jours dans leur environnement familier, mais la moitié d’entre eux meurent à l’hôpital. L’enregistrement de leurs souhaits permettraient d’éviter au moins une partie de ces situations.
Le problème, c’est évidemment de savoir à quel moment il faut renvoyer un patient à la maison, ou renoncer à l’hospitaliser. Toutes proportions gardées, le scénario est celui de l’« obstination déraisonnable » inventé dans le cadre des lois Leonetti : il s’agit de prévoir assez finement le moment probable du décès, d’une part, et de déterminer à partir de quand on cesse de prodiguer des soins lourds, disponibles uniquement à l’hôpital.
Pour le neurologue et professeur de médecine Patrick Pullicino, les mesures envisagées présentent la même « faille centrale » que le protocole de Liverpool : le Liverpool Care Pathway qui permettait de mettre en place une sédation « terminale » ou « palliative » pour les personnes dont la mort était imminente. Ce protocole permettait de mettre en place une « sédation profonde » associée à l’arrêt de la nourriture et de l’hydratation dès lors qu’il était jugé conforme à l’intérêt du patient en raison de sa mort imminente ou de ses souffrances.
On retrouve ici la même procédure médicale que celle de la loi Leonetti-Claeys, seule la prise de décision était différente puisque le corps médical pouvait imposer le protocole d’autorité, alors que la loi en voie d’adoption définitive en France prévoit que le patient lui-même puisse décider de manière contraignante une telle sédation, que ce soit au moment de la mettre en place ou par le biais de directives anticipées.
Et si j’en parle à l’imparfait, c’est que le Royaume-Uni a banni le protocole du Liverpool Care Pathway, après qu’une enquête parlementaire eut constaté de nombreux abus. Ainsi constatait-elle une insuffisance de la prise en compte de symptômes, et des recours systématiques et sans humanité, souvent sans concertation avec la famille, à des techniques qui entraînent la mort en 29 heures, en moyenne. Parmi les cas d’abus de cette procédure qui constitue alors une « euthanasie lente », il y avait ceux des deux parents d’une des membres de la commission d’enquête, Fiona Bruce. Sa mère était morte de déshydratation, dans d’affreuses souffrances, et elle avait pu faire réalimenter son père qui, six mois plus tard, était bien soigné, mangeant avec appétit et heureux de voir sa famille…
L’enquête avait fait suite à une campagne menée par des tabloïdes conservateurs, comme le Daily Mail, révélant les plaintes des familles comptant un proche mis sous sédation à l’aide d’un « gourdin chimique », puis tué par retrait de toute nourriture et hydratation.
Le nouveau plan ne vaut guère mieux, selon le Pr Pullicino. Ceux qui annoncent vouloir mourir à domicile pourrait se voir refuser des traitements nécessaires : c’est le premier des « énormes risques » que comporte une consignation des souhaits de fin de vie des patients, a-t-il souligné.
Il a également noté combien il est difficile de prédire la mort : malgré cela la question du diagnostic de la « mort imminente » n’est même pas évoquée dans la liste des « priorités » qui accompagne le rapport et ne se fonde sur aucune donnée objective. Le danger est particulièrement important, a-t-il souligné, s’agissant des personnes démentes.
On retrouve ce même flou dans la loi Leonetti-Claeys.
• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner

© leblogdejeannesmits



15 mars, 2015

Idéologie du genre : et maintenant, l’avortement pour les hommes

On croit trop facilement avoir touché le fond… C’est dans le plus récent numéro du doyen des hebdomadaires des Etats-Unis, The Nation, fondé en 1865 pour combattre l’esclavage, que l’on peut trouver un article évoquant la revendication étrange qui demande que l’avortement ne soit plus présenté un droit des femmes. L’avortement, dit cette étonnante théorie, peut intéresser les hommes : les hommes transgenre par exemple, et encore des personnes qui ne se conforment pas à leur genre d’origine.
Pendant la plus grande partie de l’histoire, reconnaissent ses tenants, ce sont les femmes et les jeunes filles qui avortaient. « Plus maintenant. Les gens avortent. Ce sont des patients qui avortent. Il y a des hommes qui avortent. » Prétendre le contraire, c’est faire preuve de cissexisme : ce nouveau préjugé discriminatoire qui affecte les institutions et la société qui favorisent « les individus qui s’identient au genre qui leur a été assigné à la naissance (cisgenres), au détriment des individus s’identifiant à un genre autre que celui assigné à la naissance (trans) ».
Attention, ce n’est pas de la transphobie, concept bien trop étroit pour dénoncer les micro-agressions et l’invisibilité structurelle dont sont victimes les personnes trans, et qui se traduisent par les « privilèges » que se réserve la « majorité transgenre ». (Je cite, évidemment.)
Il est donc urgent de cesser de parler de la « guerre contre les femmes » menée par les opposants à l’avortement, assurent quelques féministes activistes.
L’auteur de l’article de The Nation, Katha Pollitt, n’est pas d’accord. Parce que c’est faire trop peu de cas des femmes qui constituent « 99,999 % » des personnes qui attendent un enfant. A parler ainsi, l’avortement perd son sens historique, symbolique et social au cœur du combat féministe. « Mettre un frein à l’avortement, c’est garder les femmes sous la domination masculine : c’est tout le sens du patriarcat qui veut contrôler les capacités sexuelles et reproductrices de la femme. » Les femmes, soutient-elles, doivent pouvoir continuer de se nommer elles-mêmes « femmes ».
Katha Pollitt, féministe pro-avortement
Merci pour elles !
En attendant, le féminisme de la base est en train d’imposer l’idée de l’avortement pour tous, sans distinction de sexe, observe Katha Pollitt. C’est déjà le cas de certains fonds d’aide pour l’avortement qui financent les opérations non prises en charge par Medicaid ou l’assurance santé : depuis quelques années et en toute discrétion, ils ont enlevé toute référence à la femme de leurs messages et de leur publicité pour se montrer plus accueillants aux hommes transgenres, ou aux femmes qui ne s’identifient pas comme telles et qui tombent néanmoins enceintes (cruelle nature…).
Le New York Abortion Access Fund a ainsi banni le mot femme de ses messages publics depuis 2012 : il annonce vouloir aider « quiconque », « toute personne », « les gens qui appellent notre hotline ». L’Eastern Massachusetts Abortion Fund apporte son aide aux « appelants ». Le Lilith Fund s’occupe des « Texans ». Et pas plus tard que l’an dernier, le Fund Texas Women, de plus en plus actif alors que les avortoirs de l’Etat ferment les uns après les autres, a changé de nom : il s’appelle aujourd’hui Fund Texas Choice, histoire de ne pas « exclure publiquement les trans qui avaient besoin d’un avortement mais qui n’étaient pas des femmes ». « Nous refusons de continuer de nier l’existence et l’humanité des personnes trans », assure le fonds avec grandiloquence.
Et tant pis si les trans sont capables de porter et de donner naissance à un enfant parce qu’elles sont… femmes.
Il est caractéristique du climat d’autocensure et de dictature idéologique que Katha Pollitt ait longuement hésité avant de publier son avis sur la question. « Je sais que je vais offenser, blesser et décevoir certaines personnes, y compris des activistes de fonds pour l’IVG que j’aime tendrement. » Elle a commencé, recommencé son papier depuis des mois ; elle avoue qu’elle a peut-être tort, qu’elle devrait peut-être changer d’avis. Comment être une bonne féministe et se conformer en tous points à l’idéologie du genre ? Epineux débat, finalement…
N’allez pas croire que ces élucubrations sont celles de quelques marginales. The Nation est une revue de gauche éminemment respectable au sein de l’établissement américain. Sa directrice, Katrina vanden Heuvel est membre du Council on Foreign Relations – le fameux CFR – et de quelques autres organismes globalistes qui se penchent sur la politique mondiale. Du monde qui compte…

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner



© leblogdejeannesmits



13 mars, 2015

Référendum sur le “mariage” homosexuel en Irlande : énorme erreur dans le libellé

Alors que l’Irlande est appelée à se prononcer par référendum en mai prochain sur le changement de la Constitution irlandaise de manière à permettre la légalisation du « mariage » des couples de même sexe, le gouvernement irlandais s’est vu contraint de changer la formulation irlandaise du texte soumis au vote en raison de son manque de clarté.
Telle qu’elle avait été retenue, la phrase en irlandais pouvait être analysée de manière à rendre inconstitutionnel le mariage entre… un homme et une femme.
La traduction anglaise ne comportait pas cette ambiguïté : « Le mariage peut être contracté selon la loi par deux personne sans distinction de leur sexe. »
En irlandais, la phrase était celle-ci : « Féadfaidh beirt, cibé acu is fir nó mná iad, conradh a dhéanamh i leith pósadh de réir dlí. » Ce qui veut dire littéralement : « Un couple peut, que ce soient des hommes ou des femmes, faire un contrat de mariage conformément à la loi. » Seulement des couples d’hommes ou des couples de femmes ? Il se trouve en outre que le texte irlandais fait foi…
Le gouvernement n’a donc pas eu d’autre choix que de retirer le texte et l’on attend désormais une nouvelle version.
Mais elle restera tout aussi absurde, puisqu’il ne peut y avoir « mariage » au sens réel du mot entre deux hommes ou deux femmes…

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner



© leblogdejeannesmits



Le Maroc s'apprête à libéraliser l'avortement

Le ministre marocain de la Santé, Houssaine Louardi, a annonce qu’une loi de libéralisation de l’avortement sera présentée au Maroc « en 2015 ». Et ce malgré l’opposition de dignitaires musulmans qui s’est exprimée à l’occasion d’un débat sur la question organisé mercredi à Rabat par le ministre. Le président du Conseil supérieur des oulémas d’Oudja avait notamment déclaré que les femmes devaient accepter les conséquences de leur grossesse et souligné que les cas d’« interruptions de grossesse ont augmenté dans les pays qui ont aboli les dispositions incriminant ce phénomène ».
Les oulémas « doivent se plier à la décision des experts », a rétorqué le ministre jeudi matin lors d’une émission de radio. Il entend imposer à la fois l’éducation sexuelle et reproductive pour réduire le nombre de «  grossesses non désirées » – dangereux calcul – ; l’accès aux services de santé sans risques de sanction pour les femmes ayant eu recours à un avortement clandestin ; et un élargissement de l’accès à l’avortement légal, aujourd’hui réservé aux femmes mariées et limité aux cas de viol, d’inceste ou de malformation fœtale.
Houssaine Louardi a cité un argument peu entendu jusqu’ici pour justifier l’avortement légal : le moindre coût pour la collectivité du financement des « IVG » légales par rapport à la prise en charge des suites des avortements clandestins suivis de complications.

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner

© leblogdejeannesmits



12 mars, 2015

Et si nous offrions à nos enfants ce dont ils rêvent vraiment à Noël ou pour leur anniversaire ?

Les hispanophones parmi vous, chers lecteurs, vont s'enthousiasmer pour la petite vidéo qui suit.

Elle s'appelle « L'autre lettre ».


Il s'agit d'une petite expérience menée par Ikea en Espagne avec dix familles, sous le titre : « Pourquoi nous obstinons-nous à ne pas offrir aux enfants les cadeaux dont ils rêvent à Noël ? »

En Espagne, ce sont les rois mages qui apportent les cadeaux à Noël le jour de l'Epiphanie. Et un abondant courrier leur est adressé par les enfants.

Ici, on les voit faire leurs listes : une guitare, une wii, « ça, ça, ça et ça » (en regardant un catalogue), une licorne qui vole… Et le courrier pour les rois mages est rangé dans un carton.

Mais aussitôt, les voilà invités à écrire une deuxième lettre. A papa et maman. « Que demanderiez-vous à vos papa et maman, ce Noël ? »

Les réponses, ce sont justement les papas et les mamans qui les lisent.

« Je voudrais que nous dînions ensemble plus souvent »… « Je voudrais que tu joues aux cowboys avec moi »… Ou au football… Du temps avec papa et maman !

Emus, les parents avouent qu'ils ne sont pas étonnés. « De toute façon, ils ont trop de jouets. – Ils ont besoin du meilleur, et le meilleur pour eux, c'est nous ! – S'ils le demandent, c'est qu'ils en ont besoin, non ? »

Mais l'histoire ne s'arrête pas là. Les enfants ont dû choisir. S'ils ne pouvaient envoyer qu'une des deux lettres : celle des rois mages, ou celle pour leurs parents, que feraient-ils ?

Je vous laisse découvrir leurs visages à la fin de la petite vidéo. Je vous dirai juste qu'ils ont tous répondu la même chose…

Les enfants comblés trouvent leur joie dans leur famille.

Et ce n'est pas la moindre victoire de la culture de mort que d'avoir vidé les foyers et accaparé le temps des parents.

Merci à MercatorNet, qui m'a fait découvrir ce joli sujet.


P.S. Vous aurez constaté que ce blog sommeille beaucoup en ce moment, alors que l'actualité est si riche. D'autres tâches m'accaparent, compliquées d'une grippe et d'un bon coup de fatigue. Mais il faut que je m'y remette. Du moins, si vous y tenez ? 

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner




© leblogdejeannesmits



17 février, 2015

Mgr Charles Morerod réagit à l'affaire de la bénédiction d'une « union lesbienne » à Bürglen, en Suisse

Le choix du curé de  Bürglen, du canton d'Uri en Suisse, de « bénir » l'union de deux lesbiennes au cours d'une cérémonie ressemblant à un mariage, a provoqué une réaction publique de l'évêque de son diocèse d'origine, Mgr Charles Morerod de Fribourg. Il a indiqué ne pas savoir s'il aurait agi différemment de l'évêque de Coire qui exige la démission du curé (d'ici à l'été !), en précisant : « Il y a certaines choses qui ne dépendent pas de l'évêque du lieu, le mariage dans l'Eglise catholique, c'est entre un homme et une femme. »

Le curé, le P. Wendelin Bucheli, n'aurait pas dû outrepasser ses fonctions, a ajouté Mgr Morerod : « Un prêtre doit savoir s'abstenir de faire certains gestes qui contribuent à le rendre populaire de manière un peu hâtive. »

Que le prêtre en question ait tiré de la popularité de son geste, voilà qui est certain : une pétition en ligne demandant qu'il puisse rester dans sa paroisse a recueilli plusieurs dizaines de milliers de signatures et dimanche, il a été ovationné par ses paroissiens après la messe à Bürglen. La presse helvétique s'était elle aussi déplacé pour l'événement.

Dans l'œil du cyclone du côté des autorités eccésiales depuis l'automne dernier – la bénédiction avait été donnée à ce moment-là – le P. Bucheli a néanmoins reçu le soutien de l'abbaye bénédictine d'Engelberg, également dans le canton d'Uri : son père abbé, Christian Meyer a critiqué la décision de l'évêque de Coire de demander la démission du curé et dit espérer une intervention du nonce apostolique. Parce que la démarche du curé doit être appréciée du point de vue de la « pastorale », assure-t-il : lé bénédiction répondait à une « demande pieuse »…

C'est peut-être cet état d'esprit propre à la Suisse qui explique la timidité des explications de Mgr Morerod : ce n'est pas le « mariage dans l'Eglise catholique » qui est « entre un homme et une femme », aurait-on envie de lui dire, c'est le mariage tout court. Et le problème n'est pas non plus la « popularité », ou non, du prêtre, mais la vérité d'une situation.

Wendelin Bucheli a pour l'heure refusé sa mutation.

La crise que nous vivons est à la fois une crise de doctrine et d'autorité. L'exploitation médiatique qui en est faite dit assez à quel point ce genre de faits divers est utilisée pour manipuler l'Eglise.


• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner

© leblogdejeannesmits



15 février, 2015

Pays-Bas : don d'organes après euthanasie : un hôpital catholique refuse – mais pas pour les bonnes raisons

Arnold Mulder
Les médias néerlandais s’en sont émus : le prestigieux hôpital universitaire de Radboud, à Nimègue, a refusé de prélever un rein sur un patient qui devait se faire euthanasier bientôt. Cette nouvelle a été divulguée le 6 février dernier par le quotidien de gauche De Volkskrant – avec la photo de l’intéressé, Arnold Mulder, 56 ans – qui notait sur un ton aigre : « L’homme souffre d’une maladie neurologique mortelle et il veut donner ses reins après son euthanasie – une procédure qui a déjà été mise en œuvre à plusieurs reprises. Mais le Radboud, qui s’inscrit dans un environnement catholique, l’a renvoyé. »
Oui, ces affreux cathos voulaient empêcher la charité moderne par excellence, le don d’organes, en refusant à Arnold Mulder de donner un sens à sa mort…
Aussitôt, le RadboudUMC a fait savoir par une porte-parole la raison de ce refus. Non, ce n’était pas parce que cet hôpital refuse l’euthanasie que l’affaire n’allait pas pouvoir se conclure : le Radboud en pratique, sans problème. Ce n’était pas non plus parce que le Radboud refuse le don d’organes vitaux – il en pratique – ni même le prélèvement d’organes à la suite d’une euthanasie : la porte-parole a souligné qu’une telle procédure, qui en est à ses balbutiements aux Pays-Bas – a déjà eu lieu dans le cadre de l’hôpital universitaire.
La presse s’était indignée pour rien : ce n’est pas parce que le Radboud est soumis à une organisation de tutelle confessionnelle (Stichting Katholieke Universiteit – « fondation université catholique ») qu’on s’y encombre de règles morales. L’euthanasie est décidément entrée dans les mœurs…
La réticence des autorités avait une double origine, a expliqué la porte-parole. Premièrement, les Pays-Bas n’ont connu à ce jour que 7 prélèvements après euthanasie, et il n’y a pas de « directives » claires à leur sujet. Deuxièmement : le patient n’était pas en traitement au Radboud et on a estimé que la question de l’euthanasie doublée d’un don d’organes est trop délicate, trop complexe pour ne pas exiger l’existence d’une relation patient-médecin personnelle qui permette d’assurer que les décisions soient prises de manière « méticuleuse ». « Nous souhaitons mieux connaître le patient avant de prendre une décision aussi complexe. » L’hôpital s’est contenté de le renvoyer avec sa demande à l’hôpital traitant, le Canisius-Wilhelmina Ziekenhuis (CWZ).
Pour la petite histoire, cet autre hôpital de Nimègue est né en 1974 de la fusion de l’hôpital catholique Canisius, qui depuis 1850 recevait et soignait les pauvres, et de l’hôpital Wilhelmina, protestant celui-là, fondé en 1895. L’hôpital se dit chrétien.
Ledit hôpital avait tenu la demande de Mulder à distance dans un premier temps – notamment parce qu’en règle générale aux Pays-Bas, l’euthanasie se pratique à domicile, ce qui rend impossible le prélèvement d’organes qui nécessite un cadre hospitalier. Sous la pression du malade, des médias, et même indirectement du ministre de la santé, Edith Schippers, qui a promis de prendre la question à bras-le-corps, le CWZ a accepté de remplir le vœu du malade.
Il devait être euthanasié ce dimanche, en présence des siens et notamment de ses trois filles qui ont soutenu sa demande : cinq minutes pour dire « adieu », puis son corps devait être transmis à l’équipes de prélèvement. A l’heure d’écrire ces lignes, il doit être mort.
Arnold Mulder souffre (souffrait) d’atrophie multisystématisée, une maladie dégénérative du cerveau liée à la maladie de Parkinson. Il ne pouvait plus taper à la machine. Il avait des difficultés d’expression. Son médecin traitant tout comme le médecin consulté en vue d’une euthanasie étaient d’accord : il devait pouvoir mourir avant que son état ne se dégrade jusqu’à le rendre dépendant.
Un spécialiste d’éthique de l’hôpital universitaire Erasmus de Rotterdam a fait savoir que le refus de l’hôpital Radboud était à son avis incompréhensible. Ce sont précisément les hôpitaux universitaires qui ont compétence pour le prélèvement d’organes aux Pays-Bas : « C’est compliqué sur le plan logistique, mais c’est possible. Cela s’est déjà fait, il y a de l’expertise, c’est justifié sur le plan éthique, en ordre sur le plan juridique et faisable sur le plan pratique », a souligné Erwin Kompanje. Oui, l’environnement est plus « froid », c’est plus lourd à vivre pour les proches : « Mais c’est le choix du patient. Et dans ce cas-là, il appartient à l’hôpital de coopérer : voulons-nous des organes, ou n’en voulons-nous pas ? »

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner



© leblogdejeannesmits



 
[]