17 février, 2015

Mgr Charles Morerod réagit à l'affaire de la bénédiction d'une « union lesbienne » à Bürglen, en Suisse

Le choix du curé de  Bürglen, du canton d'Uri en Suisse, de « bénir » l'union de deux lesbiennes au cours d'une cérémonie ressemblant à un mariage, a provoqué une réaction publique de l'évêque de son diocèse d'origine, Mgr Charles Morerod de Fribourg. Il a indiqué ne pas savoir s'il aurait agi différemment de l'évêque de Coire qui exige la démission du curé (d'ici à l'été !), en précisant : « Il y a certaines choses qui ne dépendent pas de l'évêque du lieu, le mariage dans l'Eglise catholique, c'est entre un homme et une femme. »

Le curé, le P. Wendelin Bucheli, n'aurait pas dû outrepasser ses fonctions, a ajouté Mgr Morerod : « Un prêtre doit savoir s'abstenir de faire certains gestes qui contribuent à le rendre populaire de manière un peu hâtive. »

Que le prêtre en question ait tiré de la popularité de son geste, voilà qui est certain : une pétition en ligne demandant qu'il puisse rester dans sa paroisse a recueilli plusieurs dizaines de milliers de signatures et dimanche, il a été ovationné par ses paroissiens après la messe à Bürglen. La presse helvétique s'était elle aussi déplacé pour l'événement.

Dans l'œil du cyclone du côté des autorités eccésiales depuis l'automne dernier – la bénédiction avait été donnée à ce moment-là – le P. Bucheli a néanmoins reçu le soutien de l'abbaye bénédictine d'Engelberg, également dans le canton d'Uri : son père abbé, Christian Meyer a critiqué la décision de l'évêque de Coire de demander la démission du curé et dit espérer une intervention du nonce apostolique. Parce que la démarche du curé doit être appréciée du point de vue de la « pastorale », assure-t-il : lé bénédiction répondait à une « demande pieuse »…

C'est peut-être cet état d'esprit propre à la Suisse qui explique la timidité des explications de Mgr Morerod : ce n'est pas le « mariage dans l'Eglise catholique » qui est « entre un homme et une femme », aurait-on envie de lui dire, c'est le mariage tout court. Et le problème n'est pas non plus la « popularité », ou non, du prêtre, mais la vérité d'une situation.

Wendelin Bucheli a pour l'heure refusé sa mutation.

La crise que nous vivons est à la fois une crise de doctrine et d'autorité. L'exploitation médiatique qui en est faite dit assez à quel point ce genre de faits divers est utilisée pour manipuler l'Eglise.


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15 février, 2015

Pays-Bas : don d'organes après euthanasie : un hôpital catholique refuse – mais pas pour les bonnes raisons

Arnold Mulder
Les médias néerlandais s’en sont émus : le prestigieux hôpital universitaire de Radboud, à Nimègue, a refusé de prélever un rein sur un patient qui devait se faire euthanasier bientôt. Cette nouvelle a été divulguée le 6 février dernier par le quotidien de gauche De Volkskrant – avec la photo de l’intéressé, Arnold Mulder, 56 ans – qui notait sur un ton aigre : « L’homme souffre d’une maladie neurologique mortelle et il veut donner ses reins après son euthanasie – une procédure qui a déjà été mise en œuvre à plusieurs reprises. Mais le Radboud, qui s’inscrit dans un environnement catholique, l’a renvoyé. »
Oui, ces affreux cathos voulaient empêcher la charité moderne par excellence, le don d’organes, en refusant à Arnold Mulder de donner un sens à sa mort…
Aussitôt, le RadboudUMC a fait savoir par une porte-parole la raison de ce refus. Non, ce n’était pas parce que cet hôpital refuse l’euthanasie que l’affaire n’allait pas pouvoir se conclure : le Radboud en pratique, sans problème. Ce n’était pas non plus parce que le Radboud refuse le don d’organes vitaux – il en pratique – ni même le prélèvement d’organes à la suite d’une euthanasie : la porte-parole a souligné qu’une telle procédure, qui en est à ses balbutiements aux Pays-Bas – a déjà eu lieu dans le cadre de l’hôpital universitaire.
La presse s’était indignée pour rien : ce n’est pas parce que le Radboud est soumis à une organisation de tutelle confessionnelle (Stichting Katholieke Universiteit – « fondation université catholique ») qu’on s’y encombre de règles morales. L’euthanasie est décidément entrée dans les mœurs…
La réticence des autorités avait une double origine, a expliqué la porte-parole. Premièrement, les Pays-Bas n’ont connu à ce jour que 7 prélèvements après euthanasie, et il n’y a pas de « directives » claires à leur sujet. Deuxièmement : le patient n’était pas en traitement au Radboud et on a estimé que la question de l’euthanasie doublée d’un don d’organes est trop délicate, trop complexe pour ne pas exiger l’existence d’une relation patient-médecin personnelle qui permette d’assurer que les décisions soient prises de manière « méticuleuse ». « Nous souhaitons mieux connaître le patient avant de prendre une décision aussi complexe. » L’hôpital s’est contenté de le renvoyer avec sa demande à l’hôpital traitant, le Canisius-Wilhelmina Ziekenhuis (CWZ).
Pour la petite histoire, cet autre hôpital de Nimègue est né en 1974 de la fusion de l’hôpital catholique Canisius, qui depuis 1850 recevait et soignait les pauvres, et de l’hôpital Wilhelmina, protestant celui-là, fondé en 1895. L’hôpital se dit chrétien.
Ledit hôpital avait tenu la demande de Mulder à distance dans un premier temps – notamment parce qu’en règle générale aux Pays-Bas, l’euthanasie se pratique à domicile, ce qui rend impossible le prélèvement d’organes qui nécessite un cadre hospitalier. Sous la pression du malade, des médias, et même indirectement du ministre de la santé, Edith Schippers, qui a promis de prendre la question à bras-le-corps, le CWZ a accepté de remplir le vœu du malade.
Il devait être euthanasié ce dimanche, en présence des siens et notamment de ses trois filles qui ont soutenu sa demande : cinq minutes pour dire « adieu », puis son corps devait être transmis à l’équipes de prélèvement. A l’heure d’écrire ces lignes, il doit être mort.
Arnold Mulder souffre (souffrait) d’atrophie multisystématisée, une maladie dégénérative du cerveau liée à la maladie de Parkinson. Il ne pouvait plus taper à la machine. Il avait des difficultés d’expression. Son médecin traitant tout comme le médecin consulté en vue d’une euthanasie étaient d’accord : il devait pouvoir mourir avant que son état ne se dégrade jusqu’à le rendre dépendant.
Un spécialiste d’éthique de l’hôpital universitaire Erasmus de Rotterdam a fait savoir que le refus de l’hôpital Radboud était à son avis incompréhensible. Ce sont précisément les hôpitaux universitaires qui ont compétence pour le prélèvement d’organes aux Pays-Bas : « C’est compliqué sur le plan logistique, mais c’est possible. Cela s’est déjà fait, il y a de l’expertise, c’est justifié sur le plan éthique, en ordre sur le plan juridique et faisable sur le plan pratique », a souligné Erwin Kompanje. Oui, l’environnement est plus « froid », c’est plus lourd à vivre pour les proches : « Mais c’est le choix du patient. Et dans ce cas-là, il appartient à l’hôpital de coopérer : voulons-nous des organes, ou n’en voulons-nous pas ? »

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13 février, 2015

Chili : si l’Université catholique s’oppose à l’avortement, il faudra l’exproprier !

Le député socialiste Marcelo Schilling
n'a pas l'air d'un plaisantin
Alors que la présidente socialiste du Chili, Michelle Bachelet, a présenté il y a quinze jours un projet de dépénalisation de l’avortement en cas de viol, de non viabilité du fœtus et de danger pour la vie de la mère, sous prétexte que son interdiction généralisée met en danger la vie de « milliers de femmes » dans ce pays, le ton monte parmi les partisans de la mort.
Le député socialiste Marcelo Schilling, répondant à une interview de Radio Valparaiso, a réagi violemment aux déclarations des responsables de l’Université catholique (UC) assurant que jamais le réseau d’établissements sanitaires qui lui sont liés ne pratiquerait l’avortement.
« Je veux leur dire, au recteur de l’UC, aux directeurs des cliniques (privées) et à l’archevêque de San Bernardo qui administre lui aussi un hôpital : les parlementaires ne sont pas au-dessus de la loi, eh bien les petits curés et les universitaires non plus », a déclaré Schilling. « Chez nous les lois sont valables pour tous et s’il faut exproprier l’Université catholiques pour des raisons d’intérêt supérieur, eh bien, il faudra le faire. »
Et de suggérer à ceux qui voudraient se « rebeller » contre la loi une solution « très simple » : « L’Eglise a son siège étatique au Vatican, au cas où ils ne l’auraient pas noté. »
La hargne de Marcelo Schilling répond aux paroles du recteur de l’Université catholique, le médecin Ignacio Sanchez qui avait déclaré que dans le réseau UC Christus « on ne pratiquera pas d’avortement, nos principes et nos valeurs les plus profondes ne vont pas changer en raison d’un quelconque projet de loi. C’est sans appel. »
Mais voilà : quand on pense que la loi morale ne saurait primer sur la loi civile, une telle déclaration est insupportable. Et justifie la tyrannie…
Réagissant aux menaces de Marcelo Schilling, le recteur de l’Université catholique vient de déclarer au quotidien El Mercurio : « Ces paroles sont incroyablement intolérantes et totalitaire. Il est préoccupant qu’un député de la République affiche de telles opinions. »
A telle enseigne que Schilling a fini par se raviser un peu, assurant qu’il l’avait dit « à moitié pour plaisanter » : « Je vais commencer à arrêter les blagues, ce pays est trop sérieux. » Mais il a précisé aussitôt qu’il devrait y avoir des sanctions à l’encontre d’un établissement qui refuserait de « porter secours » à une femme que sa grossesse mettrait en péril, le secours étant ici défini comme l’avortement… Il y a matière à rire ?
D’autant que quasiment dans le même souffle, le député Schilling a réagi aux déclarations de l’archevêque de Santiago, Mgr Ricardo Ezzati, contre le projet de dépénalisation de l’avortement de manière à peine moins drôle : « Je veux rappeler que les Eglises sont soumises à la loi du culte, où sont établies leurs raisons d’existence mais aussi les raisons de caducité de leur personnalité juridique. »

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Le curé de Bürglen, en Suisse, ne démissionnera pas pour avoir béni l’union de deux lesbiennes ; une pétition le soutient

Le P. Bucheli (source photo : ici.)
Retombée des « réflexions » d’avant-synode et du plaidoyer pour une pastorale du mariage renouvelée ? Tout porte à y croire alors que le curé de Bürglen, dans le canton d’Uri, en Suisse, a déjà recueilli le soutien de plus de 28.000 personnes (selon les chiffres de ce vendredi après-midi) qui ne veulent pas le voir sanctionné pour avoir « béni » une union lesbienne en octobre dernier.
L’appel à la mobilisation a été lancé dimanche dernier alors que l’évêque de Coire, Mgr Vitus Huonder, venait de demander au P . Wendelin Bucheli de présenter sa démission comme curé de Bürglen. La pétition demande qu’il reste curé du village.
De son côté le P. Bucheli n’a pas l’intention de faire autre chose. « Je me sens bien à Bürglen. Mon travail ici n’est pas terminé, et je ne vois aucune raison de quitter actuellement ma communauté », a-t-il déclaré à la presse, fort du soutien du conseil de paroisse. La sanction n’était pourtant pas violente : il lui était simplement demandé de quitter Bürglen d’ici à l’été et de retourner dans son diocèse d’origine, celui de Lausanne.
Le site « catholique » homosexualiste de New Ways Ministry raconte que le prêtre avait discuté avec des confrères – et notamment un jésuite – avant de prendre la décision de bénir les deux femmes, et que leur réponse avait été positive. « Aujourd’hui les gens bénissent les animaux, les voitures et même les armes. Pourquoi ne pas bénir un couple qui décide de cheminer dans la vie avec Dieu à ses côtés ? »
Le P. Bucheli reconnaissait peu après l’événement dans l’hebdomadaure Urner Wochenblatt qu’« il n’y avait pas de différence considérable entre cette bénédiction et une cérémonie de mariage ».
Il revendique maintenant le soutien de nombreux paroissiens (les opposants n’ayant pas été sollicités…) et le vice président du conseil paroissial de Bürglen lui, Peter Vorwerk, lui donne raison : « Le christianisme est fondé sur la charité, il est donc difficile de comprendre pourquoi l’Eglise devrait refuser à quelqu’un la bénédiction de Dieu. »
Le P. Bucheli s’est exprimé une nouvelle fois mercredi sur son refus d’accepter la sanction qui lui est adressée, affirmant qu’il relève de sa « tâche de pasteur » de s’occuper « des faibles, des blessés et des marginalisés ». 

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11 février, 2015

Exclusif : la lettre ouverte de Mgr Jan Pawel Lenga, évêque du Kazakhstan, sur la crise de l'Eglise

L'évêque émérite de Karaganda, Kazakhstan, a publié une lettre ouverte sur la crise de l'Eglise, choisissant ce mode d'expression par crainte de voir toute autre voie barrée par un « mur de silence total ». Il s'y interroge sur le rôle de la Secrétairerie d'Etat, le choix des évêques, la manière dont les plus fidèles d'entre eux sont marginalisés. Sur le silence des conférences épiscopales à propos des questions essentielles de foi ; sur « l'esprit du monde qui mène paître les bergers ». Sur la liturgie sui ne respecte plus le sacré, qui ne respecte plus Notre Seigneur dans l'Hostie. « De nos jours la voix de la plupart des évêques ressemble plus au silence des agneaux face aux loups enragés, les fidèles dans ce cas sont souvent comme des brebis sans défense. »

Mgr Lenga écrit : « On a peine à croire que le pape Benoît XVI ait renoncé en toute liberté à sa tâche de successeur de Pierre. Ce pape était à la tête de l’Eglise, mais son entourage n’a pratiquement pas appliqué son enseignement, il l’a plutôt passé sous silence ou bloqué ses initiatives pour une vraie réforme de l’Eglise, de la liturgie, de la manière de distribuer la communion. Face à la détermination du Vatican de garder le secret il était absolument impossible à nombre d’évêques d’apporter une aide au pape dans sa tâche de chef de l’Eglise. »

Elle se termine sur la note d'espérance qui est celle de notre foi : « Je suis convaincu que dans les temps difficiles que nous vivons cette loi du Christ se réalise et que l’Eglise va se renouveler. Toutefois cela présuppose de notre part un véritable renouveau et une véritable conversion. »

Je vous propose ici la traduction de la lettre ouverte dont j'ai eu communication. Elle vient également de paraître en anglais sur le site Rorate-Coeli. — J.S.


Réflexions sur différents problèmes actuels
 touchant à la crise de l’Eglise catholique
J’ai connu personnellement de nombreux prêtres internés dans les prisons et les camps staliniens, mais qui sont restés fidèles à l’Eglise. A l’époque de la persécution ils ont exercé avec amour leur devoir sacerdotal d’annoncer la doctrine catholique tout en menant une vie digne à la suite du Christ, leur divin maître.
Moi-même j’ai effectué toutes mes études dans un séminaire clandestin d’Union Soviétique tout en travaillant de mes mains pour gagner mon pain quotidien. J’ai été ordonné prêtre en secret, la nuit, par un évêque qui avait lui-même souffert pour sa foi. Dès ma première année de sacerdoce j’ai été expulsé du Tadjikistan par le KGB.
Par la suite, au cours de mes 30 années de séjour au Kazakhstan, j’ai servi 10 ans comme prêtre à desservir les fidèles de 81 paroisses. Ensuite j’ai été nommé évêque, dans les premiers temps à la tête de cinq états d’Asie centrale s’étendant sur une surface d’environ quatre millions de km².
Etant évêque j’ai été en contact avec le saint pape Jean Paul II, avec de nombreux évêques, prêtres et fidèles de différents pays dans les circonstances les plus diverses. J’ai été membre des synodes d’évêques au Vatican ayant pour sujets « l’Asie » et « l’Eucharistie ».
Tout cela - et bien d’autres choses encore – m’autorise à exprimer mon avis sur la crise actuelle de l’Eglise catholique. Ces convictions qui sont les miennes sont dictées par mon amour pour l’Eglise ainsi que par le désir de sa véritable rénovation dans le Christ. Je me vois forcé de choisir la forme d’une lettre ouverte, étant donné que tout autre procédé de communication se heurterait à un mur de silence total et de volonté d’ignorer.
Je suis tout à fait conscient des possibles réactions à ma lettre ouverte. Pourtant la voix de ma conscience ne me permet pas de me taire quand l’œuvre de Dieu se trouve outragée. C’est Jésus Christ qui a fondé l’Eglise et Il a montré en paroles et en actes la façon dont doit être accomplie la volonté de Dieu. Les apôtres auxquels Il a transmis l’autorité dans l’Eglise ont accompli avec zèle la tâche qui leur avait été confiée en souffrant pour la vérité à proclamer, car ils ont « obéi à Dieu plutôt qu’aux hommes ».
Malheureusement de nos jours il devient de plus en plus évident qu’au Vatican à travers le secrétariat d’état on a emprunté la voie du politiquement correct. Certains nonces sont au plan de l’Eglise universelle des diffuseurs du libéralisme et du modernisme. Ils se sont approprié le principe du « sub secreto Pontificio » par lequel on cloue habilement le bec des évêques. On leur fait comprendre que ce que dit le nonce est pratiquement ce que souhaite le pape. Avec de telles méthodes les évêques sont séparés les uns des autres, si bien que les évêques d’un pays donné ne sont parfois plus à même  de parler d’une seule voix dans l’esprit du Christ et de l’Eglise pour défendre la foi et la morale. Pour ne pas tomber en disgrâce auprès des nonces, certains évêques acceptent leurs recommandations qui ne reposent que sur leurs propres paroles. Au lieu de diffuser la foi avec zèle, de proclamer courageusement l’enseignement du Christ, de tenir bon dans la défense de la vérité et de la morale, les évêques, lors des conférences épiscopales,  s’occupent souvent de choses qui n’ont rien à voir avec les devoirs des successeurs des apôtres.
Dans tous les domaines de l’Eglise on remarque une diminution notable du « sacrum ». C’est « l’esprit du monde » qui mène paître les bergers. Ce sont les pécheurs qui indiquent à l’Eglise comment elle doit être à leur service. Dans leur embarras les pasteurs taisent les problèmes actuels et en fait se paissent eux-mêmes. Le monde est tenté par le diable et s’oppose à l’enseignement du Christ. Mais pourtant les pasteurs sont tenus – que cela leur plaise ou non - d’enseigner toute la vérité sur Dieu et les hommes.
Sous le pontificat des derniers saints papes on a pourtant observé un grand désordre concernant la pureté de la doctrine et la sacralité de la liturgie. C’est précisément dans la liturgie qu’on refuse à Jésus Christ le respect visible qui Lui est dû. Dans nombre de conférences épiscopales les meilleurs évêques sont « persona non grata ». Où sont alors les apologistes d’aujourd’hui qui annoncent clairement et de façon compréhensible aux gens les dangers  menaçants de la perte de la foi et de celle du salut ?
De nos jours la voix de la plupart des évêques ressemble plus au silence des agneaux face aux loups enragés, les fidèles dans ce cas sont souvent comme des brebis sans défense. Les hommes ont reconnu le Christ comme étant celui qui parlait et agissait, comme celui qui détenait l’autorité et qui transmit cette autorité à ses apôtres. Dans le monde d’aujourd’hui les évêques devraient se détacher de tous les liens du monde, et, après avoir fait pénitence, ils devraient se convertir à Christ, afin que, fortifiés par l’Esprit Saint, ils proclament courageusement que le Christ est le seul Sauveur. Au final tout un chacun aura à rendre compte à Dieu de ce qu’il aura fait et de ce qu’il n’aura pas fait.
Il me semble que cette voix bien peu audible de nombreux évêques est une conséquence de ce que, lors du choix des nouveaux évêques, les candidats sont examinés de façon insuffisante, surtout en ce qui a trait à la fermeté exempte de doute, à l’intrépidité dans la défense de la foi, à la fidélité aux traditions séculaires de l’Eglise et à la piété personnelle. De toute évidence, lors de la nomination de nouveaux évêques et même de cardinaux, on tient parfois plus compte des critères d’une certaine idéologie, voire d’impératifs dictés par des groupes très éloignés de l’Eglise. De même la bienveillance  des mass-médias semble être un critère important. Ces mêmes médias qui ridiculisent habituellement les candidats « trop saints » et diffusent d’eux une mauvaise image, vont faire les louanges de candidats qui possèdent moins l’esprit du Christ, les présentant comme ouverts et modernes. Par ailleurs seront mis intentionnellement sur la touche les candidats qui se distinguent tant par leur zèle apostolique que par leur courage à proclamer l’enseignement du Christ et par leur amour de tout ce qui est saint et sacré.
Un nonce m’a dit un jour : « Dommage que le pape (Jean Paul II) ne prenne pas part personnellement à la nomination des évêques. Le pape a tenté de changer un peu les choses dans la Curie romaine, mais il n’y est pas parvenu. Il vieillit et les choses reprennent leur cours d’avant».  
Au début du pontificat de Benoît XVI je lui ai envoyé une lettre dans laquelle je lui demandais de nommer de saints évêques. Je lui racontai l’histoire d’un fidèle allemand qui, à la suite de la décadence de l’Eglise dans son pays après le concile Vatican II, resta fidèle au Christ et rassembla autour de lui la jeunesse pour l’adoration et la prière. Lorsqu’il était près de mourir et qu’il apprit l’élection du nouveau pape, il dit ceci : « Si le pape Benoit utilisait son pontificat ne serait-ce que pour nommer de bons et fidèles évêques, il aurait accompli sa mission ».
Malheureusement le pape Benoît XVI de toute évidence n’y est souvent pas parvenu. On a peine à croire que le pape Benoît XVI ait renoncé en toute liberté à sa tâche de successeur de Pierre. Ce pape était à la tête de l’Eglise, mais son entourage n’a pratiquement pas appliqué son enseignement, il l’a plutôt passé sous silence ou bloqué ses initiatives pour une vraie réforme de l’Eglise, de la liturgie, de la manière de distribuer la communion. Face à la détermination du Vatican de garder le secret il était absolument impossible à nombre d’évêques d’apporter une aide au pape dans sa tâche de chef de l’Eglise.
Il ne devrait pas être superflu de rappeler à nos frères évêques la déclaration d’une loge maçonnique italienne datant de 1820 : « Notre travail est un travail de centaines d’années. Laissons de côté les vieux et allons vers la jeunesse. Les séminaristes deviendront alors des prêtres avec nos idées libérales, puis ils deviendront évêques avec nos idées libérales. Ne nous flattons pas de faux espoirs. Nous ne ferons jamais du pape un franc-maçon. Mais des évêques libéraux qui œuvreront dans l’entourage du pape lui proposeront dans la gouvernance de l’Eglise des idées qui nous seront favorables et le pape les appliquera ». Cette intention des francs-maçons se réalise de toute évidence dans une mesure suffisante et elle devient de plus en plus manifeste, et cela non seulement grâce aux ennemis déclarés de l’Eglise, mais aussi avec l’aide de faux témoins qui occupent des places de haut rang dans la hiérarchie de l’Eglise. Ce n’est pas sans raison que le bienheureux pape Paul VI a déclaré : « Par quelque fissure la fumée de Satan est entrée au sein du temple de Dieu ». Je pense que cette fissure aujourd’hui s’est passablement agrandie. Le diable utilise toutes ses forces pour renverser l’Eglise du Christ. Toutefois, afin que cela ne se produise pas, il est nécessaire de revenir à une proclamation claire et nette de l’évangile à tous les niveaux du service ecclésial, car l’Eglise possède tout pouvoir et toute grâce que le Christ lui a donnés, lorsqu’Il a dit : « Tout pouvoir m’été donné au ciel et sur la terre. Allez et enseignez toutes les nations, et exhortez-les à suivre tout ce que je vous ai enseigné. Je suis avec vous jusqu’à la fin du monde » (Mt.28, 18-20), « la vérité vous rendra libres » (Jn. 8, 22) et « que votre langage soit : Oui ? oui, non ? non : ce qu’on dit de plus vient du mauvais » (Mt.5, 37). L’Eglise n’a pas à s’adapter à l’esprit du monde, mais elle se doit de le changer grâce à l’esprit du Christ.
De toute évidence au Vatican on cède de plus en plus au tapage des mass-médias. Et il n’est pas rare que pour plaire aux mass-médias et au nom d’une paix incompréhensible on sacrifie les meilleurs de ses fils et de ses serviteurs. Mais les ennemis de l’Eglise n’abandonneront pas leurs fidèles serviteurs, même si leurs mauvaises actions sont manifestes.
Si nous restons fidèles au Christ en paroles et en actes, Il trouvera Lui-même les moyens de changer les cœurs et les âmes des hommes et par là-même le monde changera également au temps voulu.
Aux époques de crise de l’Eglise Dieu utilisa souvent pour son véritable renouveau les sacrifices, les larmes et les prières de ces enfants et serviteurs de l’Eglise qui, aux yeux du monde et de la bureaucratie de l’Eglise, étaient considérés comme insignifiants ou qui, en raison de leur fidélité au Christ, furent persécutés et marginalisés. Je suis convaincu que dans les temps difficiles que nous vivons cette loi du Christ se réalise et que l’Eglise va se renouveler. Toutefois cela présuppose de notre part un véritable renouveau et une véritable conversion.

1er janvier 2015, en la fête de Marie, Mère de Dieu
                                                   
                                              + Jan Pawel Lenga  




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09 février, 2015

Pour l'honneur de Jean Madiran et de Dom Louis-Marie


Jean Madiran (+2013)             © Olivier Figueras
    Ceux qui ont connu et aimé Jean Madiran pourront lire ici, sur le site Item, une note d'Yves Chiron dans sa lettre d'informations Aletheia  à propos d'une conférence de Jean de Viguerie sur le fondateur d'Itinéraires et de Présent, et sur le Père Abbé du Barroux. Publiée sans réserves par Présent en novembre, cette conférence comporte « des jugements sommaires, des opinions erronées et, même (…) une accusation injuste voire injurieuse », note Yves Chiron.

    Yves Chiron a publié à la suite de cette note la préface que j'ai eu l'honneur d'écrire pour le IIe tome des « Chroniques sous Benoît XVI » de Jean Madiran, parues en janvier chez Via Romana. On peut la lire ici, sur le site Item, et commander le livre par , aux éditions Via Romana.


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Belle victoire pour la vie en Italie : suspension du décret interdisant l'objection de conscience


Le Conseil d'Etat italien a donné partiellement raison au Movimento per la Vita et aux associations des médecins et des gynécologues  catholiques qui avaient fait appel contre un décret régional contre l'objection de conscience en matière de prescription de contraceptifs et de délivrance de certificats attestant d'une demande d'« interruption volontaire de grossesse ». Les associations pro-vie avaient mis en avant le droit des médecins du réseau public de ne pas participer, directement ou indirectement, à l'avortement : ces médecins voulaient continuer de pouvoir refuser la pilule du lendemain ou les dispositifs intra-utérins qui peuvent fonctionner comme des abortifs précoces. La suspension porte sur la signature des attestations de demande d'avortement.

La décision a été rendue publique par le Movimento per la Vita samedi : le Conseil d'Etat a pour partie suspendu le décret qui avait limité l'objection de conscience des médecins, le 12 mai 2014, à la grande satisfaction des pro-avortement qui se plaignent de plus en plus activement en Italie du nombre croissant de médecins objecteurs, notamment dans le Latium. Le décret portait le nom de Nicola Zingaretti, président de la région.

Ce n'est qu'une suspension, et partielle, mais le président du Mouvement italien pour la vie souligne l'importance de cette décision qui « souligne l'importance constitutionnelle de l'objection de conscience ». Carlo Casini a noté que les juges, qui ont agi par « précaution », n'ont pas voulu se prononcer sur le caractère abortif ou non des différentes pilules du lendemain, en se contentant des données fournies par les agences européennes de contrôle des médicaments. Leur hésitation, note Casini, montre « que la documentation fournie par le Mouvement pour la vie a instillé le doute dans le Conseil d'Etat ». Si le caractère potentiellement abortif de la contraception d'urgence peut être démontré, cela ouvrira la voie à un rétablissement complet du droit à l'objection de conscience.

Un autre recours est en attente de jugement devant le tribunal administratif : il concerne le droit des médecins exerçant dans les cliniques de planification familiale d'opposer leur objection de conscience dans les mêmes conditions.

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Inde : une mère de quatre enfants meurt d'une stérilisation dans un centre du Planning familial

Elle avait 25 ans. Son plus jeune fils n'avait que 20 jours. Elle était la cible idéale de ceux qui « vendent » la stérilisation féminine par ligature des trompes aux jeunes Indiennes qui ont déjà plusieurs enfants. Après quatre grossesses, Indu Bai a écouté les sirènes de la « planification familiale » violents (une stérilisation, une amputation volontaire pour supprimer le fonctionnement d'un organe sain, c'est violent !), peut-être a-t-elle reçue la mince rétribution que les pouvoirs publics indiens proposent aux femmes qui se soumettent à la « contraception chirurgicale » quasi irréversible. Elle en est morte, vendredi dernier.

Indu Bai s'était rendue dans un centre du Planning familial indien, associé à la Fédération internationale du Planning familial (IPPF). Il semblerait qu'elle ait succombé à un arrêt cardiaque en pleine préparation de l'intervention. C'est du moins ce qu'ont expliqué les responsables de la clinique, à la grande colère des leaders locaux qui ont organisé une manifestations sous les fenêtres de l'établissement.

Un conseiller municipal, Ratnesh Bagdi, s'est joint à la foule pour exiger des poursuites à l'encontre du centre du Planning familial d'Indore. « Les médecins attribuent la mort à l'arrêt cardiaque. J'en doute : une femme de 25 ans ne meurt pas d'arrêt cardiaque lors d'une procédure chirurgicale simple. Il a dû y avoir une négligence de la part des soignants qui a provoqué la mort de la patients. » L'élu a annoncé qu'il saisissait les autorités sanitaires locales.

Du côté de l'Association indienne du Planning familial, on assure que la femme est morte d'un « traumatisme » lié à l'opération et que les efforts pour la ranimer ont été sérieux : « L'incident est malheureux. »

C'est le moins que l'on puisse dire : c'est une famille brisée qui pleure aujourd'hui la mort d'une jeune maman ; ses quatre enfants n'ont plus de mère, le plus jeune ne l'aura pour ainsi dire pas connue…

L'« incident » – comme le dit le Planning familial » – n'est pas isolé. On se souviendra des 13 morts lors d'un camp de stérilisation en novembre. La mort la plus récente fait suite à un autre décès il y a quelques jours dans une ville voisine à la suite d'une opération de stérilisation dans un hôpital privé.

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Un papa, une maman : mais si, il y a une différence ! Une étude de Paul Sullins affirme que les enfants de couples de même sexe vont moins bien

Paul Sullins, prêtre catholique
et sociologue
Avoir « deux papas » ou « deux mamans », est-ce donc vraiment la même chose que d’être élevé par
son père et sa mère ? Les études citées par les partisans du « mariage » des couples de même sexe tendent à l’affirmer. Dire le contraire, c’est s’exposer à l’accusation d’homophobie. Et l’homophobie est un délit. Prouver le contraire – rien ne vaut, pour un enfant, de vivre dans une famille « normale » – c’est, pour un chercheur, risque l’ostracisme définitif. Pourtant, c’est ce que vient de faire un sociologue américain, Paul Sullins, en affirmant que les « problèmes émotionnels sont deux fois plus fréquents chez les enfants de couples de même sexe que chez ceux vivant auprès de parents de sexe opposé ».
Par rapport au politiquement correct en vigueur, c’est une grenade dégoupillée. Car jusqu’ici il était admis que les affirmations en ce sens étaient le fait d’« obscurantistes » comme Mark Regnerus – dont les études portent d’ailleurs plus largement sur les enfants élevés par au moins un parent ayant des tendances homosexuelles, et pas forcément par un couple homosexuel. Il n’y avait « pas une seule étude » sérieuse qui l’affirmât. Eh bien, si. C’est l’excellent MercatorNet – site pro-vie et pro-famille des antipodes – qui en publie les données les plus importantes. Non sans renvoyer à la source : le British Journal of Education, Society & Behavioural Science, revue scientifique des plus sérieuses.
Les enfants de familles homosexuelles sont désavantagés
« Il n’est plus exact de dire qu’aucune étude n’a permis d’établir que les enfants de familles homosexuelles sont désavantagés par ceux de familles de sexe opposé », assure Paul Sullins, dont l’étude porte sur l’évaluation de 512 enfants vivant auprès de « deux papas » ou « deux mamans ». La conclusion en est simple : ces 512 enfants repérés grâce au US National Health Interview Survey présentent davantage de problèmes parmi lesquels de mauvais comportements, l’anxiété, difficultés relationnelles avec leurs pairs et difficultés de concentration.
En revanche, la « parentalité biologique » offre un meilleur environnement : « Elle permet de manière unique et puissante de faire la différence quant au devenir des enfants élevés par des parents de sexe opposé par rapport aux parents de même sexe. »
Paul Sullins en déduit qu’il incombe aux pouvoirs publics des devoirs précis : « Le premier bénéfice du mariage pour les enfants peut ne pas résider dans le fait qu’il tend à leur donner des parents “améliorés” (plus stables, ayant davantage de moyens financiers, etc., bien que cela soit vrai) mais qu’il leur fait le cadeau de vivre avec leurs propres parents. »
Et d’affirmer que les deux formes familiales « continueront d’être fondamentalement différentes, avec des effets contrastés jusque sur le plan biologique du bien-être de l’enfant, au détriment relatif des enfants élevés au sein de familles de même sexe ».
La différence enfin prouvée par une étude avec un vrai échantillon
Tirer tout cela d’une étude portant sur 512 enfants seulement peut paraître hasardeux. L’échantillon n’est objectivement pas énorme – mais il l’est, si on le compare avec la plupart des études invoquées pour justifier la « parentalité » homosexuelle. Les 49 études citées en 2010 en ce sens portaient sur des échantillons moyens de 39 enfants, et seules 4 de ces études avaient des échantillons choisis au hasard : toutes les autres avaient rassemblé leur échantillon « représentatif » en s’adressant directement à des groupes gays et lesbiens. L’étude de Regnerus en 2012, pour ambitieuse qu’elle fût, ne parvint à identifier que 39 jeunes adultes ayant vécu pendant plus de trois ans avec un couple de même sexe – sur 2.988 cas étudiés. Aux Etats-Unis, il faut le préciser, seuls 0,005 % des foyers sont composés de couples homosexuels avec enfants. Autant dire que l’échantillon de Paul Sullins est très important.
En sociologue sérieux, il s’est demandé si des facteurs extérieurs pouvaient rendre compte du manque de bien-être émotionnel des enfants élevés au sein de familles homosexuelles par rapport aux autres.
L’instabilité est un de ces facteurs qui conduisent à un moins bon épanouissement des enfants. Les parents gays et lesbiens tendant à louer leur maison plutôt que d’en être propriétaires, ce qui implique un risque accru de déménagement et donc de déracinement : un traumatisme certain. La détresse psychologique des parents est également associée à un risque accru de problèmes émotionnels chez les enfants. Mais aucun de ces facteurs n’expliquait les différences constatées.
L'homophobie n'explique pas les résultats
 pour les enfants de couples de même sexe
S’il est un facteur que même les partisans de la « parentalité » homosexuelle peuvent présenter comme négatif, c’est l’homophobie. La « stigmatisation » qui s’y attache peut bien conduire à un moindre bien-être émotionnel – voilà des enfants qui ont été en butte aux railleries et au harcèlement. Si leurs pairs étaient moins « homophobes », tout serait différent…
Mais Sullins a constaté… l’inverse. « Contrairement au présupposé qui est à la base de cette hypothèse, les enfants de parents de sexe opposé sont davantage l’objet de harcèlement et de méchanceté que les enfants de parents de même sexe. »
L’an dernier, une première étude des données lui avait permis de conclure à une plus grande prévalence de l’hyperactivité chez les enfants de couples de même sexe. L’hyperactivité les expose à sept fois plus de harcèlement à l’école que les enfants qui n’ont pas ce problème, dont une des facettes est la difficulté à établir de bonnes relations avec les autres. Autrement dit, s’ils rencontrent des problèmes, elles tiennent à leur différence, et pas au fait que leurs parents sont différents.
Paul Sullins souligne avec insistance que les problèmes émotionnels qu’il évoque ne frapperont pas tous les enfants de couples homosexuels : « La plupart des enfants dans la plupart des familles vont atteindre un niveau de fonctionnement psycho-social qui ne sera pas caractérisé par des problèmes émotionnels sérieux. » Mais les chances d’aller mieux sont plus importantes au sein de mariages intacts, auprès des deux parents biologiques.
D'autres études sont nécessaires – mais qui osera ?
Ce n’est qu’une première approche. Beaucoup de questions – aujourd’hui taboues – restent ouvertes : qu’en est-il des filles élevées sans père ou des garçons sans mère ? Les enfants jeunes rencontrent-ils des problèmes spécifiques ? Et les adolescents ? Les enfants adoptés vont-ils moins bien ou mieux que les enfants nés de fécondation in vitro ou de mère porteuse ?
Par les temps qui courent, il faut une bonne dose de courage pour s’y lancer. Paul Sullins n’en manque pas. Il est prêtre catholique, ancien prêtre épiscopalien marié, ordonné en 2002 aux termes des dispositions pastorales édictées à la demande de Jean-Paul II en 1980. Il a publié de nombreuses études sur la famille, le divorce, la culture catholique, l’avortement… Liste complète ici.

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08 février, 2015

Etats-Unis : bientôt un diplomate homosexuel exclusivement chargé des intérêts LGBT dans le monde

Pour la première fois dans l'histoire des Etats-Unis, un diplomate de haut rang aura pour rôle de veiller aux intérêts des membres de la communauté LGBT à travers le monde : sous l'impulsion du Secrétaire d'Etat John Kerry, le Département d'Etat va nommer très prochainement un collaborateur des Affaires étrangères ouvertement gay dont la sélection est en cours de « finalisation ». La prochaine nomination de ce diplomate choisi « à raison de son orientation sexuelle » a été annoncée au média Mother Jones par une source du Département d'Etat qui a précisé, dans son courriel, que John Kerry lui-même participait à cette opération.

La nomination ne sera pas soumise à l'approbation du Sénat.

On ne posera pas non plus de questions sur le caractère objectivement discriminatoire d'une telle nomination.

Ainsi l'équipe de John Kerry va-t-elle court-circuiter les élus fédéraux qui jusqu'ici, avaient fait connaître leur hostilité à une telle décision destinée à donner au soutien spécifique aux LGBT (lesbiennes, bi, gay, trans) à travers l'action diplomatique des Etats-Unis dans le monde entier. Le Congrès avaient tenté d'obtenir une telle nomination par une proposition de loi sur la défense internationale de des droits humains internationaux : la loi du sénateur démocrate Ed Markey, passée deux fois devant le Sénat, s'était surtout heurtée au refus des républicains ; la semaine dernière, Chris Smith, responsable de la commission des droits de l'homme a expliqué que les « droits homosexuels » ne doivent pas être entendus au sens de « droits de l'homme », ajoutant que le fait de les y intégrer pourrait entraver les efforts des Etats-Unis en vue de combattre le terrorisme, notamment au Nigeria.

En choisissant de nommer d'autorité un envoyé spécial chargé du dossier LGBT, John Kerry met en œuvre une politique qu'il juge prioritaire depuis longtemps : alors qu'il était encore sénateur, il s'était souvent exprimé sur les droits homosexuels dans le monde.

Qu'en sera-t-il donc si les démocrates perdent le pouvoir lors des prochaines présidentielles ? Mother Jones ne s'inquiète pas, décrivant ce qu'en France on appellerait l'« effet cliquet » : les retours en arrière sont rares. Bill Clinton avait ainsi nommé le premier ambassadeur ouvertement LGBT en 1999 (James Hormel) : George W. Bush suivit son exemple en nommant le second ambassadeur américain ouvertement homosexuel.



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Mgr Henryk Hoser, de Varsovie : “L'Eglise a trahi Jean-Paul II”

« Je vous le dis de la manière la plus brutale, l'Eglise a trahi Jean-Paul II. Non pas l'Eglise, épouse du Christ. Non pas l'Eglise de notre Credo, car Jean-Paul II était une expression, une voix authentique de l'Église ; non, il s’agit de la pratique pastorale qui a trahi Jean-Paul II. »
Ces mots très durs d'un évêque polonais constituent une grave accusation à l’égard de ses confrères de certains pays à l'occasion du Synode extraordinaire sur la famille. La décision de parler de manière aussi claire montre la gravité du combat qui se mène actuellement en vue de la deuxième partie du Synode, puisqu'il faut clarifier désormais des points que l'on pouvait croire acquis au sein de l'Eglise. L’auteur de ces propos est l'archevêque Mgr Henryk Hoser, s’exprimant dans le magazine catholique polonais Niedziela sur la proposition de donner la communion aux catholiques divorcés et « remariés ». LifeSite les rapporte ici sous la plume de Steve Weatherbe.
Mgr Henryk Hoser,
archevêque de Varsovie-Praga
L’archevêque de Varsovie-Praga, Mgr Henryk Hoser, prévoit une « confrontation » majeure entre évêques fidèles à l’Eglise et à l’enseignement de Jean-Paul II sur la famille et le mariage, et « des délégués de pays qui comptent déjà une majorité de familles pathologiques – des familles brisées, des familles recomposées, avec un petit pourcentage seulement de mariages restés entiers – et où existe la demande de donner aux divorcés l’accès à la Sainte communion ».
Lors du Synode extraordinaire en octobre, Mgr Hoser s’était joint aux cardinaux – comme le cardinal Burke – et évêques qui avaient souligné l’impossibilité de retenir la « miséricorde » comme seul critère de jugement face aux homosexuels qui revendiquent leur style de vie et aux divorcés remariés : « Il est faux de présumer que la miséricorde de Dieu serait sans justice, alors qu’il faut commencer par dire que la vie conjugale et la vie de famille doivent être fondée sur la justice. »
L’une des raisons invoquées par Mgr Hoser pour expliquer la destruction de la famille est imputable à l’Eglise elle-même, a-t-il déclaré. Elle n’a pas soutenu les familles en mettant en œuvre l’Exhortation apostolique Familiaris consortio donnée par Jean-Paul II en 1981, qui contenait pourtant des indications nettes sur la manière dont les évêques et les pasteurs devaient former et soutenir des familles fidèles : à l’école, lors de la préparation au mariage et au sein de groupes de soutien pour couples déjà mariés, sans compter le « parrainage » des jeunes mariés par des couples ayant une longue expérience du mariage.
Des évêques et des prêtres « n’ont pas voulu suivre sa voix », accuse aujourd’hui Mgr Hoser : « Ils ne se sont pas familiarisés avec son enseignement… Tout le monde disait que c’était difficile… Les pasteurs ne l’ont pas partagé parce qu’ils ne l’avaient pas lu. » Une attitude qu’il a reliée à une certaine « rébellion » contre l’enseignement de l’Eglise sur la sexualité dès le temps de Paul VI.
L’Eglise polonaise a enseigné Humanae vitae, a noté Mgr Hoser : « Dans d’autres pays, en raison de la contestation des enseignements de l’Eglise tels qu’ils ont été proclamés par le bienheureux Paul VI, on a mis fin au soin pastoral des familles. »
Ce sont les « valeurs mondaines » qui mettent le plaisir sexuel au-dessus de la finalité de la famille qui ont prévalu, a-t-il poursuivi, soulignant que cela est spécialement vrai dans les médias où « toutes les relations personnelles sont érotisées ». L’archevêque, qui a reçu une formation de médecin avant d’embrasser la prêtrise, estime que d’aucuns voudraient voir l’Eglise abandonner son « rôle prophétique », et qu’ils se battront en ce sens lors du prochain synode afin qu’elle accepte la position selon laquelle « le monde est gouverné par la satisfaction sexuelle ».

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Mgr Reig Pla présente un livre important sur les liens entre doctrine et pastorale du mariage

Mgr Juan Antonio Reig Pla
L’évêque d’Alcala de Henares, Mgr Juan Antonio Reig Pla, a présidé à la présentation du livre Eucharistie et divorce, vers un changement doctrinal ?, du P. José Granados Garcia, consulteur de la Congrégation pour la doctrine de la Foi et vice-président de l’Institut pontifical Jean-Paul II pour les études sur le mariage et la famille. La cérémonie s’est déroulée en l’université Francisco de Vitoria. Voilà une importante réflexion à verser au débat que certains voudraient voir ouvert sur une nouvelle « pastorale » du mariage – et des divorcés “remariés”. Je vous propose ci-dessous ma traduction de l’allocution de Mgr Reig Pla. –J.S.
Le livre que nous présentons, Eucharistie et divorce, vers un changement doctrinal ?, du Pr José Granados Garcia, publié par la BAC (Biblioteca de Autores Cristianos 2015), est une œuvre de maturité, fruit de nombreuses années d’études sur le mariage et la famille. L’auteur a pour propos d’approfondir les questions débattues lors du synode extraordinaire sur la famille (2014) de telle sorte que la prochaine assemblée synodale puisse être « providentielle, pour recréer de l’espérance sur le chemin des familles ».
Prenant comme point de départ le débat suscité autour de la « possibilité de voir les divorcés remariés accéder de nouveau aux sacrements de la pénitence et de l’Eucharistie » (Relatio synodi, 52), le professeur Granados nous invite à analyser les principes de base sans lesquels il est impossible d'envisager avec lucidité une pastorale familiale en accord avec l'Evangile du mariage et de la famille. A partir de la lecture de ce travail qui a pour fil conducteur le lien inséparable entre la doctrine chrétienne et la pastorale, je voudrais m’attarder sur quelques questions que je considère d’un grand intérêt.
1. Le nécessaire réalisme
Tout au long de cette première étape synodale on a continuellement fait référence à la nécessité d'analyser la réalité actuelle de la famille pour faire face aux nouveaux défis que doit relever une pastorale familiale adéquate. De fait il s'agit là de la première question que la secrétairerie du synode formule en vue la préparation de l’Instrumentum laboris en vue de la prochaine Assemblée synodale en faisant explicitement référence au fait qu'il faut « faciliter le nécessaire réalisme dans la réflexion des divers épiscopats, évitant ainsi que leurs réponses puissent être fournies selon des schémas et perspectives propres à une pastorale qui ne ferait qu’appliquer la doctrine » (Lineamenta pour la XIVe Assemblée générale ordinaire, introduction de la première partie.)
Suivant les règles du livre que nous présentons, et conformément au magistère des derniers papes, il est nécessaire de clarifier ce que nous entendons par « nécessaire réalisme ». Déjà le pape Benoît 16 nous disait : « La Parole de Dieu nous pousse à changer notre idée du réalisme : la personne réaliste est celle qui reconnaît dans le Verbe de Dieu, le fondement de tout. » (Verbum Domini, 10.) Nous devons donc pas confondre le réalisme avec la sociologie ou les statistiques, ou pire encore si c’était possible, en cédant devant la réalité sociologique et en canonisant ce qui détruit les personnes. Imaginons ce qui se serait passé si Pierre et Paul avaient choisi ce type de réalisme au vu de la société de la Rome impériale, où il leur a incombé de vivre. Le réalisme n’est ni pragmatisme, ni l'utilitarisme, ni le conséquentialisme. Le fondement de la réalité est le Christ, c'est-à-dire, le Fils de Dieu qui prend notre chair blessée et faible pour la sauver ; être réaliste c'est se laisser guider par Dieu pour qui rien n’est impossible (Luc, 1, 37).
Comme son prédécesseur, le pape Francois est très clair à cet égard : « Le chrétien est une personne qui pense et qui agit dans la vie quotidienne selon Dieu, une personne qui laisse sa vie être animée, alimenté par le Saint-Esprit, pour qu'elle soit vie en plénitude, la vie même d'enfants véritables. Et cela signifie réalisme et fécondité. Celui qui se laisse guider par le Saint-Esprit est réaliste, il sait comment mesurer et évaluer la réalité, il est aussi fécond. Sa vie engendre la vie autour de lui.
2. La relation entre la doctrine chrétienne et la pastorale
Tout au long de l'étape entre la convocation et la célébration de l'Assemblée synodale extraordinaire sur le mariage et la famille, nous avons entendu continuellement répéter cette proposition de : « Il ne s'agit pas de changer la doctrine sur l'indissolubilité du mariage mais de “rénover” ou de “changer” la pratique pastorale. »
Le livre du Pr Granados
est édité par la
Biblioteca de Autores Cristianos
Devant ce dilemme : « doctrine ou pastorale », l'apport du professeur Granados est à mon avis très abouti et il apporte une grande lumière pour le moment présent. Son étude, pour éclairer ce que signifie la doctrine chrétienne et son lien inséparables avec la pratique pastorale de l'Église, nous entraîne à déterminer tout ce que l'on veut dire à travers les termes « vérité », « doctrine chrétienne » et « dogme », à partir de l'Ancien Testament, du Nouveau Testament et la Tradition chrétienne. La doctrine, conclut l'auteur, s'identifie avec le récit de l'action de Dieu qui en Jésus s'est fait chair et chemin pour notre existence. Pour reprendre les mots du professeur Granados, « la doctrine se met au service de la vérité de notre vie, elle nous dit comment le Christ a vécu, et comment vivre chaque instant à la lumière du Christ. » Cela rend impossible la séparation entre la doctrine et la pratique pastorale, ou encore – et c'est la même chose – on ne peut rompre le Christ, de la vie duquel nous participons dès le baptême en devenant son Corps.
L’auteur explique le lien entre l'indissolubilité du mariage et la pratique eucharistique en analysant la tradition liturgique de l'Église (lex orandi, lex credendi), en s'attardant sur une étude détaillée des textes de saint Irénée de Lyon, de saint Augustin et de saint Thomas d'Aquin. « Le propre du christianisme, conclut-il, est d’avoir introduit un nouveau principe de cohérence, le don de la Charité que nous confère l'Esprit de Jésus. Celui qui aime sait que ce qu'il connaît et ce qu'il aime ne peuvent se séparer, parce que l'amour est un, et qu'il possède à la fois lumière et force. L'unité de doctrine et de pratique ne se trouve pas en se focalisant sur l'individu, qui essaie de les unir en vain, mais à partir de l'amour, qui nous les offre depuis toujours entrelacés. »
Le pape François a lui aussi clairement montré que la vérité la doctrine qu'enseigne l'Eglise n'est pas une idée mais le Christ lui-même, le Bon Pasteur, qui touche et qui guérit la volonté et la vie des personnes – pastorale : Pour transmettre un contenu purement doctrinal, une idée, un livre suffirait sans doute, ou bien la répétition d’un message oral. Mais ce qui est communiqué dans l’Église, ce qui se transmet dans sa Tradition vivante, c’est la nouvelle lumière qui naît de la rencontre avec le Dieu vivant, une lumière qui touche la personne au plus profond, au cœur, impliquant son esprit, sa volonté et son affectivité, et l’ouvrant à des relations vivantes de communion avec Dieu et avec les autres. » « Pour transmettre un contenu purement doctrinal, une idée, un livre suffirait sans doute, ou bien la répétition d’un message oral. Mais ce qui est communiqué dans l’Église, ce qui se transmet dans sa Tradition vivante, c’est la nouvelle lumière qui naît de la rencontre avec le Dieu vivant, une lumière qui touche la personne au plus profond, au cœur, impliquant son esprit, sa volonté et son affectivité, et l’ouvrant à des relations vivantes de communion avec Dieu et avec les autres. » (Pape François, Lumen Fidei, 40 et 41).
3. Indissolubilité du mariage : un idéal où le commandement du Christ ?
Au cours du débat synodal il s’est trouvé des personnes pour défendre la doctrine de l’indissolubilité du mariage comme un idéal auquel il faut tendre mais que certains ne peuvent atteindre en raison de différentes circonstances parfois difficiles et douloureuses. Bien plus, certains aimeraient même voir dans le langage du pape François lorsqu'il parle de l'« idéal évangélique » une expression de cette même opinion.
Comment faut-il donc interpréter les paroles du Saint-Père recueillies dans les Lineamenta pour la prochaine assemblée ordinaire du Synode, au numéro 19 : « Sans diminuer la valeur de l’idéal évangélique, il faut accompagner avec miséricorde et patience les étapes possibles de croissance des personnes qui se construisent jour après jour » (Evangelii gaudium, 44).
C'est le même pape François qui est dans son propre texte (Evangelii gaudium, 50) renvoie à l'Exhortation apostolique Familiaris consortio de saint Jean Paul II qui traite de l'itinéraire moral des époux et qui dit textuellement : « Ils ne peuvent toutefois considérer la loi comme un simple idéal à atteindre dans le futur, mais ils doivent la regarder comme un commandement du Christ Seigneur leur enjoignant de surmonter sérieusement les obstacles. “C'est pourquoi ce qu'on appelle la ‘loi de gradualité’ ou voie graduelle ne peut s'identifier à la ‘gradualité de la loi‘, comme s'il y avait, dans la loi divine, des degrés et des formes de préceptes différents selon les personnes et les situations diverses. Tous les époux sont appelés à la sainteté dans le mariage, selon la volonté de Dieu, et cette vocation se réalise dans la mesure où la personne humaine est capable de répondre au précepte divin, animée d'une confiance sereine en la grâce divine et en sa propre volonté”. »
Les paroles de Jésus : « Ce que Dieu a uni, que l'homme ne le sépare pas » (Mt. 19, 6), outre qu’elles renvoient au dessein créateur de Dieu (« au début il n'en était pas ainsi »), supposent la nouveauté de la grâce de la rédemption par laquelle ce qui n'est pas possible aux hommes est possible à Dieu. Précisément parce que l'indissolubilité est un don de Dieu, qui se reçoit dans le sacrement du mariage (participation de la Charité sponsale du Christ), elle devient un commandement.
C'est ce que ratifie la doctrine enseignée par saint Jean-Paul II dans la Lettre encyclique Veritatis splendor : « Les possibilités “concrètes” de l'homme ne se trouvent que dans le mystère de la Rédemption du Christ. “Ce serait une très grave erreur que d'en conclure que la règle enseignée par l'Eglise est en elle même seulement un ‘idéal’ qui doit ensuite être adapté, proportionné, gradué, en fonction, dit-on, des possibilités concrètes de l'homme, selon un ‘équilibrage des divers biens en question’. Mais quelles sont les ‘possibilités concrètes de l'homme’ ? Et de quel homme parle-t-on ? De l'homme dominé par la concupiscence ou bien de l'homme racheté par le Christ ? Car c'est de cela qu'il s'agit : de la réalité de la Rédemption par le Christ. Le Christ nous a rachetés ! Cela signifie : il nous a donné la possibilité de réaliser l'entière vérité de notre être ; il a libéré notre liberté de la domination de la concupiscence”. » (Veritatis Splendor,103)
4. Peut-on changer la doctrine sur l'indissolubilité du mariage ?
A la suite du débat du synode sur la famille on a entendu des voix réclamer une révision de la doctrine sur l'indissolubilité du mariage et la possibilité d'élargir ce qu'on appelle le pouvoir des clefs où le pouvoir du pape pour dissoudre le lien conjugal.
Pour nous saisir de cette question il convient de rappeler que lorsque nous parlons du caractère absolu de l'indissolubilité du mariage nous nous référons au mariage contracté « entre baptisés, ratifié (valide) et consommé ». En ce sens le professeur Granados nous offre, de la main de John Newman, une explication magnifique sur le développement de la doctrine chrétienne, en prenant comme image ce qui se passe dans un organisme vivant identifié « comme le Corps du Christ, comme extension de la présence de Jésus dans le monde à travers les âges ».
Le Pr José Granados
de l'Institut pontifical Jean-Paul II
Selon l'auteur « ce pouvoir de l'Église s’est clarifié au cours du temps, au fur et à mesure que l'on résolvait des cas difficiles ; le pape pouvait dissoudre un mariage entre non chrétiens (privilège paulin) et aussi un mariage sacramentel non consommé (le mal nommé privilège pétrinien). Dans les deux cas le principe de discernement est le même : ces mariages n'entrent pas pleinement dans l'ordre de la rédemption du Christ, soit parce qu'ils se réalisent entre des non baptisés, soit parce qu'ils ne contiennent pas la plénitude de l'union entre le Christ et de son Eglise en une seule chair.
Face à ceux qui affirment le pouvoir du pape de dissoudre ces unions, saint Jean Paul II a clos la question « de manière définitive » : « Il ressort donc avec clarté que la non-extension de la puissance du Pontife Romain aux mariages sacramentels conclus et consommés est enseignée par le Magistère de l'Eglise comme doctrine à conserver de façon définitive, même si celle-ci n'a pas été déclarée sous une forme solennelle à travers un acte définitif. En effet, cette doctrine a été proposée de façon explicite par les Pontifes Romains en termes catégoriques, de façon constante et sur une période suffisamment longue. Elle a été adoptée et enseignée par tous les évêques en communion avec le Siège de Pierre, dans la conscience qu'elle doit toujours être maintenue et acceptée par les fidèles. Dans ce sens, elle a été reproposée par le Catéchisme de l'Eglise catholique. Il s'agit par ailleurs d'une doctrine confirmée par la pratique pluriséculaire de l'Eglise, maintenue avec une pleine fidélité et avec héroïsme, parfois même face à de graves pressions de la part des puissants de ce monde. » (Discours du 21 janvier 2000.)
5. Une pastorale familiale féconde
Au tréfonds de l'œuvre que nous présentons il y a cette ferme conviction du Pr Granados : la pastorale suit la doctrine parce qu'il s'agit de mener à leur accomplissement les paroles du Seigneur : « Je suis venu pour que vous ayez la vie et que vous l'ayez en abondance » (Jn, 10,10.) Ainsi, « en vertu de la sacramentalité de leur mariage, les époux sont liés l'un à l'autre de la façon la plus indissoluble. S'appartenant l'un à l'autre, ils représentent réellement, par le signe sacramentel, le rapport du Christ à son Eglise ». (Familiaris consortio, 13). De là provient le lien nécessaire entre l'indissolubilité et le mystère, actualisation du sacrifice du Christ, où Il unit à l’Eglise à lui, en l’unissant à son corps et formant « une seule chair ».
« A partir de là, conclut l'auteur, la pratique de l'indissolubilité, qui se traduit par le fait de maintenir le lien entre la vie eucharistique et la vie matrimoniale, est la véritable pastorale féconde. L'alternative qui consisterait à dissocier ces deux dimensions, en éliminant la relation étroite entre l'Eucharistie et la vie conjugale, conduit à de fausses pistes pastorales, qui se révèlent stériles. »
L'histoire, maîtresse de vie, nous enseigne que c'est là le véritable chemin de la Miséricorde, qui comprend le fait de ne pas occulter le sens de la souffrance, c'est-à-dire le fait de ne pas occulter la Croix glorieuse du Seigneur ressuscité qui est scandale pour les enfants et folie pour les autres (CF 1. Co. 1, 23), mais « la folie de Dieu est plus sage que la sagesse des hommes, et la faiblesse de Dieu est plus forte que la force des hommes » (1 Co. 1, 25). Les premiers chrétiens se laissaient conduire par le Bon Samaritain, qui leur offrait la rédemption du cœur, guérissant leurs plaies avec l'huile de l’Esprit Saint, et qui les a conduits vers l'auberge : l'Eglise ou le bercail où se trouvent les pâturages qui nous font atteindre la plénitude de vie. Ainsi ont-ils gagné peu à peu le cœur de cette vieille Europe qui aujourd'hui, séduite par d'autres voix et chants de sirènes, se refuse à écouter la voix du Bon Pasteur. »
Mgr Juan Antonio Reig Pla


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