20 août, 2014

Distribution de contraceptifs de longue durée aux Philippines

Le ministère de la Santé aux Philippines n'attend que le feu vert de la « Food and Drug Administration» locale attestant que les implants contraceptifs de provoquent pas d'avortement en inhibant la nidation pour mettre en œuvre un plan de distribution de 600.000 de ces contraceptifs hormonaux efficaces pendant trois ans.

Ils seront proposés à autant de femmes de 25 à 49 ans (les mineures devront obtenir le consentement parental) de manière totalement gratuite : un dixième du coût sera à la charge des pouvoirs publics, les 90 % restants étant financés par la Fondation Bill & Melinda Gates. Le patron de Microsoft et son épouse sont prêts à « aider » le programme jusqu'en 2016.

Leur Fondation ne fait pas mystère de sa volonté de promouvoir le contrôle des naissances, et les Philippines sont une cible de choix : l'avortement y demeure hors la loi et ce n'est qu'au terme d'années de mobilisation, de pression internationale et de propagande que la contraception officiellement distribuée y est devenue légale. On met en avant les 100 millions d'habitants des Philippines – chacun doit-il se sentir de trop ? – et des images de maternités qui débordent pour recommander la contraception chimique. Au lieu de promouvoir de meilleurs soins pour tous…

Janette Garin, sous-secrétaire du département de la Santé, a déclaré que le seul inconvénient de l'implant contraceptif sous-cutané est l'apparition éventuelle de boutons ou de maux de tête.

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Pour Richard Dawkins, ne pas avorter un trisomique est “immoral”

Grand athée devant l'Eternel, spécialiste de l'évolution et de l'éthologie, professeur émérite de l'université d'Oxford, Richard Dawkins vient de déclencher une tempête sur twitter en écrivant qu'il serait « immoral » de ne pas avorter un enfant atteint de trisomie 21, rapporte LifeSiteNews.

La « conversation » a démarré par un commentaire de Dawkins à propos de l'affaire qui agite actuellement l'Irlande, où une jeune femme a accouché par césarienne alors qu'elle réclamait un avortement au nom de ses pensées suicidaires. « L'Irlande est un pays civilisé sauf dans 1 domaine », écrivait-il en commentant un article sur l'Eglise catholique qui « préfère la barbarie médiévale à l'avortement moderne. »

L'avortement est-il donc « civilisé » ? Est-il civilisé d'éliminer ainsi les enfants trisomiques ? Oui, répond Dawkins : très. « Il s'agit de fœtus, diagnostiqués avant d'avoir des sentiments humains. »

Une femme lui écrit : « Je ne sais pas honnêtement ce que je ferais si j'étais enceinte d'un enfant atteint de trisomie 21. Un vrai dilemme éthique ». Réponse de Dawkins : « Avortez et essayez de nouveau. Il serait immoral de le mettre au monde si vous avez le choix. »

Il s'appuie ensuite sur la pratique aujourd'hui commune pour justifier son point de vue, et c'est à méditer :

« Pour en revenir aux faits, la majorité des fœtus atteints de trisomie 21 en Europe et aux Etats-Unis sont avortés. Ce que je recommande n'est pas une bizarrerie mais la norme », écrit-il. Puis : « Apparemment je suis un horrible monstre parce que je recommande CE QU'IL ADVIENT EFFECTIVEMENT aux fœtus trisomiques. Ils sont avortés. »

L'universitaire, pétri de matérialisme et d'utilitarisme – il expliquera au cours du dialogue que les autistes ont des aptitudes spéciales, alors que les trisomiques 21 n'en ont aucune – dit vrai. Si ses propos choquent encore c'est parce qu'il dit crûment ce qui se fait dans l'auto-justification ou sous la pression du corps médical et de la société. Des mots qui font mal, que l'on chercher à cacher, mais la réalité n'en est pas moins celle-là.

Dawkins s'est battu pied à pied, récusant les propos de ceux qui dénoncent son « eugénisme » : « Non, le dépistage de la trisomie 21 n'est PAS eugénique. Presque toujours cause par une anomalie chromosomique non héréditaire, lourdement influencée par l'âge maternel. » C'est une bataille de mots : les morts sont ailleurs. 

On ne dira jamais assez la responsabilité des penseurs qui brouillent les frontières du bien et du mal.

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Pour Mgr Luigi Negri, les lois anti-homophobes rappellent le fascisme

Mgr Negri revient à la charge, et insiste. Après avoir évoqué le lien entre les totalitarismes – tel le fascisme – et les lois pénalisant l'homophobie dans une interview à La Nuova Bussola (traduction intégrale ici chez Benoit-et-moi), l'évêque du diocèse italien de Ferrara-Comacchio a carrément expliqué que la proposition de loi anti-homophobe en cours le fait penser à une résurgence du fascisme et à la « noire époque de l'idéologie d'Etat » en Italie.

Il répondait cette fois aux questions de l'hebdomadaire Tempi.

La loi de pénalisation de l'homophobie, a-t-il expliqué, va introduire « pour la première fois depuis la fin du fascisme il y a 70 ans, un crime d'opinion évocateur des temps noirs et troublés, longtemps vaincus et que l'on a cru révolus, des idéologies d'Etat. Des temps où l'Etat identifiait des positions idéologiques qu'il imposait par la force, supprimant tous ceux qui n'étaient pas conformes. »

Voilà qui est intéressant : dans bien des pays, à commencer par la France qui est voisine de l'Italie, le délit d'homophobie existe depuis plusieurs années. La France est-elle donc un Etat fasciste ? La réponse s'impose d'elle-même.

« En prenant la défense d'un certain style de vie et de ses promoteurs, et spécialement ceux qui professent l'homosexualité en théorie et la pratiquent dans la société, l'Etat se rend coupable de discriminations graves et irréparable envers d'autres opinions et styles de vie », a déclaré Mgr Luigi Negri. « Notre peuple risque de perdre la liberté fondamentale d'expression, la liberté de ses choix, des options, du regard sur la vie et des conceptions de la vie qui forment le cœur de l'expérience des gens. »

Comme d'autres cardinaux et évêques en Italie, il pense que les prêtres et autres ecclésiastiques qui se bornent à citer simplement l'Ecriture sainte ou le Catéchisme de l'Eglise catholique « pourraient un jour être amenés devant les autorités ». Il n'a pas hésité à rappeler que plus de 100.000 chrétiens ont perdu la vie dans le monde ces trois dernières années par mépris de la liberté de conscience : une claire façon de faire un parallèle avec ce qui pourrait arriver si la dictature du relativisme devient plus pesante dans les temps à venir.

Source : LifeSiteNews.

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19 août, 2014

Le divorce réduit l'espérance de vie

Il existe une corrélation évidente entre le divorce et le risque de mort précoce. De nombreuses études le
suggéraient ; une méta-analyse réalisée par l'université de l'Arizona l'a confirmé de manière spectaculaire au moyen de statistiques de très large portée. Les chercheurs ont rassemblé les données de 32 études prospectives portant sur 6,5 millions d'individus, 160.000 décès et plus de 755.000 divorces dans 11 pays. Le résultat est sans appel : ils ont constaté « une augmentation significative du risque de mort précoce chez les adultes séparés ou divorcés par rapport à leurs homologues mariés ». La comparaison des adultes divorcés par rapport aux adultes mariés montre qu'ils ont une probabilité d'être morts plus élevée de 23 % à chaque récolte de données suivante ».

Les hommes présentent même un risque plus élevé que les femmes de mourir précocement après un divorce ; un risque plus important se constate aussi chez les personnes divorcées avant d'avoir 65 ans.

Chose remarquable, l'augmentation du risque, particulièrement élevé chez les jeunes hommes, se constate de manière constante dans chaque étude et dans tous les pays évalués. A tel point que « le nombre de variables de contrôle… ne change rien au risque de mortalité ».

Sur la cause du lien entre divorce et mort précoce, les chercheurs proposent des explications, comme le fait que le stress lié au divorce peut bouleverser des processus biologiques importants pour la santé et le bien-être et augmenter ainsi le risque de problèmes de santé. De toute façon, les divorcés, plus sujets aux insomnies sévères et à un mauvais rythme de sommeil, sont aussi plus grands consommateurs d'alcool et de tabac que les personnes mariées. Ils ont une moins bonne hygiène de vie, font moins d'exercice.

Pour autant le divorce n'est pas un passeport pour la mauvaise santé ni le mariage une assurance de longévité, rappellent les chercheurs : mais sur la moyenne, les comparaisons sont exactes et l'on peut dire que bien des vies ont été raccourcies depuis que le divorce est devenu monnaie courante. Délibérément banalisé.

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18 août, 2014

Victoire pro-vie en Argentine : volte-face sur les équipes mobiles d'avortement

La mobilisation contre la création, dans la province de Buenos Aires, d'équipes mobiles médicales chargées de procurer l'avortement aux femmes pouvant y prétendre selon les directives imposées à la suite d'une décision de la plus haute juridiction argentine, mais empêchées par l'objection de conscience des équipes médicales, a porté ses fruits. Des évêques ont parlé ; une pétition a été lancée dès l'annonce faite par le ministre provincial de la Santé, Alejandro Collia, le 4 août dernier, recueillant rapidement près de 9.000 signatures.

Ce fut alors la cacophonie. Le gouverneur de la province, Daniel Scoli, publiait une forme de démenti assurant qu'il n'avait jamais été question de créer de telles équipes. Le Dr Alejandro Collia, qui était pourtant à l'origine de l'information, renchérit en diffusant sur son compte twitter un message pour dire que « dans la province de Buenos Aires, aucun hôpital mobile pratiquant l'avortement ne fonctionne ni ne fonctionnera ».

Le même jour, le ministre affirma lors d'une conférence de presse : « Par ma foi je suis contre l'avortement, comme le gouverneur. Sans euphémisme nous sommes contre l'avortement. »

Les groupes pro-vie argentins ne sont pas dupes devant cette volte-face mais se réjouissent de ce revirement à 180 degrés par rapport aux « annonces officielles » de la semaine dernières, qu'ils n'ont pas rêvées.

Un de leurs porte-paroles, Martin Patrito de Argentinos Alerta, vient de faire part de sa satisfaction à ACIPrensa. Il note que le gouverneur Daniel Scioli évoque aujourd'hui une « confusion », mais préfère « appeler les choses par leur nom : des milliers de citoyens se sont mobilisés et ont écrit au gouverneur comme au ministre pour leur exprimer leur opposition à une mesure qui constitue une véritable apologie du délit ». Et qui, précise-t-il, porte atteinte au « droit constitutionnel à l'objection de conscience ».


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Polémique autour de l'avortement refusé en Irlande

On assiste en Irlande à une nouvelle campagne médiatique autour de la loi sur l'avortement, déclenchée par l'affaire que j'avais évoquée ici. La grande presse avait commencé très fort en titrant sur « une femme forcée de donner naissance par césarienne après s'être vu refuser un avortement ». Si les services de santé avaient bien obtenu par voie judiciaire qu'elle mette fin à une grève de la faim, c'est avec son accord que la césarienne a été pratiquée, à près de 25 semaines de grossesse.
La naissance de ce tout-petit a provoqué une salve d'articles expliquant que la jeune femme n'avait pas obtenu ses droits aux termes de la nouvelle loi qui dépénalise l'avortement en cas de risque pour la vie de la femme, y compris le risque de suicide. Et déjà, des voix s'élèvent pour dire la loi mal ficelée, défectueuse, insuffisante, et certains réclament un changement de la Constitution irlandaise. Parce que la vie d'un enfant a été sauvée…

La jeune femme en question, affirme la presse maintenant que certains éléments ont filtré, est « très vulnérable », immigrée – et vraisemblablement immigrée clandestine, puisqu'on nous explique qu'elle ne pouvait en raison de son statut faire un voyage vers l'étranger pour y obtenir l'avortement qu'elle avait demandé dès 8 semaines de grossesse au motif qu'elle avait des pensées suicidaires. On ajoute qu'elle avait été « violée » : une circonstance qui peut aider à établir la réalité de ses pensées suicidaires.

L'« avantage » de ce motif est qu'il ne repose sur aucune donnée objective, contrairement aux problèmes de santé physique. Son invocation à ce stade précoce laisse imaginer que la jeune femme a dû recevoir quelque conseil en ce sens de la part de partisans de l'avortement.

C'est à la suite de ce premier refus que la jeune femme a menacé d'entamer une grève de la faim. Puis elle a de nouveau invoqué son état suicidaire pour tenter d'obtenir l'avortement quand même, passant devant la commission réglementaire de deux psychiatres et un obstétricien pour obtenir leur accord. C'est l'obstétricien qui s'est opposé à la procédure. La réaction des médias est tout ce qu'il y a de plus prévisible : voilà la loi dénoncée pour avoir associé un non-psychiatre, et qui plus est un médecin dont le travail est de mettre les enfants au monde, aux spécialistes seuls capables d'évaluer l'état mental d'une femme. Le dernier rapport de l'agence des droits de l'homme de l'ONU sur l'Irlande a déjà dénoncé la loi actuelle au motif que l'obligation faite aux femmes invoquant leur état suicidaire de passer devant un panel d'experts – leur nombre peut monter jusqu'à sept – est une « torture mentale ».

Les « pro-choix » (comme ils se désignent eux-mêmes) ont exprimé ces critiques depuis l'adoption de la loi de 2013 sur la « protection de la vie durant la grossesse » qui a autorisé la suppression de la vie des enfants à naître dans les hôpitaux irlandais à la suite de pressions de l'Union européenne, de la Cour européenne des droits de l'homme et de l'ONU.

Le fait que la femme soit immigrée et maîtrise mal l'anglais, selon la presse, ajoute à la « gravité » du cas tel que le voient les partisans de l'avortement légal : ils accusent le système irlandais de ne pas donner pleinement accès à leurs droits aux femmes d'origine étrangère, pauvres ou membres des « communautés itinérantes ». 

On a décidément l'impression que le lobby de la mort prépare son dossier… De fait, les « Avocats pro-choix » d'Irlande avaient déjà saisi la Commission de l'ONU sur le statut des femmes du dossier de la loi, pointant ses « insuffisances ».

L'insuffisance dans ce cas, on l'aura compris, est démontrée par la naissance d'un bébé viable, qui a survécu et qui est désormais sous la tutelle de l'Etat.

Le tout nouvel évêque d'Elphin, Mgr Kevin Doran, a osé tenir un autre discours, affirmant dimanche soir que la décision de faire naître l'enfant par césarienne en s'appuyant sur la nouvelle loi d'avortement n'était véritablement « pas éthique ». Il a été mis au monde « de manière inopportune alors qu'aucune raison physique ne le justifiait », a-t-il déclaré à l'Irish Independent.

« Oter ainsi un enfant du sein de sa mère de cette façon n'était vraiment pas conforme à l'éthique et il n'y a aucune autre manière de le dire. C'était bien mieux, et de loin, de l'enlever du sein de sa mère pour le sauver plutôt que de l'avorter, mais cela n'est pas naturel », a-t-il ajouté, tout en saluant le fait que les « forces » entourant le panel d'experts poussent dans le sens de l'avortement. Du fait de sa grande prématurité, le bébé est exposé à des risques de problèmes de santé importants.

En face, on crée encore davantage de tension en assurant que la loi actuelle va aussi loin qu'elle peut aller, compte tenu de la Constitution irlandaise dont le 8e amendement, connu sous le nom d'article 40.3.3, donne des droits constitutionnels égaux à la mère et à son enfant à naître. Cet article est sous le feu de la critique du comité de l'ONU pour les droits de l'homme.

A la faveur du fait divers qui, pour une fois, n'aura pas fini dans la tragédie, le ministre irlandais pour l'Egalité et la Culture, Aodhan O Riordain, a déclaré qu'il était temps de réunir la Convention constitutionnelle afin d'envisager la tenue d'un nouveau référendum pour que « la position constitutionnelle sur l'avortement change ». Un référendum qui est également réclamé par de nombreux députés de gauche.

C'est déjà sous le prétexte d'un cas tragique – la mort d'une jeune femme, Savita Halappanavar, à la suite d'une septicémie lors d'une fausse couche – que l'Irlande a modifié sa loi pour autoriser l'avortement en certaines circonstances. L'exploitation, de manifestations en pressions internationales, avait été exemplaire de l'efficacité de l'agit-prop, alors même que le décès de la jeune mère était consécutif à des fautes de diagnostic et de soins et que l'Irlande peut s'enorgueillir d'un taux de mortalité maternelle parmi les plus bas au monde.

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17 août, 2014

Dusan Bako, 18 ans, répondra de « destruction d'enfant » pour la mort d'un enfant à naître

Un jeune homme de 18 ans devra répondre de « destruction d'enfant » au Royaume-Uni après avoir causé la mort d'un enfant à naître en frappant au ventre une adolescente de 16 ans enceinte de 7 mois.

Dusan Bako a été arrêté jeudi après-midi peu après avoir agressé sa victime dans un parc public d'Oldham, Copster Hill Park, près de Manchester, en plein jour : il l'avait violemment frappée au ventre. Emmenée en urgence à l'hôpital, la jeune femme a donné naissance à son bébé qui, hélas devait mourir peu de temps après.

La presse britannique évoque le fait divers avec émotion, signalant que le responsable local de la police, Jamie Daniels, l'avait qualifié d'« exceptionnellement tragique » en lançant un appel à témoins. « Des officiers spécialisés s'occupent de la jeune fille, dont je n'arrive même pas imaginer à quel point elle a été bouleversée par ce qui lui est arrivé », a-t-il déclaré. Les journaux n'hésitent pas à écrire qu'elle a « perdu son bébé à naître ».

Il peut paraître absurde d'insister sur ce point. Mais ce langage de vérité va à contre-courant de la fiction répandue par la rhétorique du « droit à l'avortement » : on ne milite pas pour la destruction des enfants à naître, il faut donc les qualifier d'« amas de cellules », lorsqu'ils sont petits, ou de « fœtus », tant qu'ils ne sont pas nés.

La France a connu l'apothéose de ces fables lorsque la Cour de cassation a refusé de reconnaître qu'une mère ayant perdu son « fœtus », mortellement blessé, lors d'un accident de la route, puisse obtenir des sanctions et des dommages pour la mort de son enfant de la part du conducteur responsable. Le bébé pas respiré, avait décidé la justice, on ne pouvait le reconnaître comme un être humain, sujet de droit. Toute la douleur de la mère ni pouvait rien. Ni le fait que sa grossesse était quasiment à terme.

Dans l'affaire anglaise le tout petit qui a perdu la vie du fait de la violence d'un voyou, violence aggravée par le fait qu'elle a frappé une jeune femme très visiblement enceinte, on peut certes noter que l'enfant a respiré, puisqu'il n'est pas mort avant sa naissance.

Mais enfin c'est lui qui a reçu un coup, en même temps que sa mère, et c'est lui qui est mort, et l'homme de la rue comme le journaliste – et la police et la justice aussi – y voient spontanément un crime, sans se demander si le bébé est mort avant de naître ou non.

Dusan Bako, détenu depuis jeudi devra donc bien répondre de « destruction d'enfant » et d'agression lors de sa première comparution devant le magistrat ce lundi. C'est bien l'enfant qui est la principale victime.

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Irlande : naissance par césarienne d'un bébé que sa mère voulait avorter

Une femme qui avait affirmé avoir des pensées suicidaires et qui demandait à ce titre un avortement légal en Irlande a finalement consenti à donner la vie et son bébé vient de naître par césarienne, à près de 25 semaines de grossesse. Ce grand prématuré arrive au monde dans un état de grande fragilité, mais enfin il est né viable et selon les informations qui ont été rendues publiques il est à l'hôpital, sous la protection de l'Etat.

On pense que ce cas, riche de péripéties dramatiques, est l'un des premiers de son type sous l'économie de la nouvelle loi sur l'avortement en Irlande, votée l'an dernier et récemment entrée en vigueur.

Aux termes de cette loi toute femme enceinte dont la grossesse représente une menace pour sa vie peut obtenir un avortement dépénalisé en Irlande, y compris si la menace est constituée par un risque de suicide lié à la poursuite de la grossesse. Un critère subjectif, puisque c'est la femme qui l'invoque et est appelée à en démontrer l'existenc.

Dans cette affaire, la jeune femme enceinte était semble-t-il très jeune et « très vulnérable ».

Dans un premier temps elle avait entamé, pour obtenir l'avortement, une grève de la faim qui aurait été dommageable pour son enfant : saisi par les services de santé irlandais, un tribunal avait ordonné qu'elle soit hydratée.

Elle avait fait appel de l'injonction tout en acceptant de faire évaluer son état psychique par une commission de trois experts, comme l'exige la loi. Ceux-ci ont estimé qu'elle avait bien des pensées suicidaires, mais ils ont tout de même choisi la vie pour son enfant en proposant à la jeune femme de subir immédiatement une césarienne.

C'est avec son accord que la césarienne a été pratiquée, mettant fin aux diverses procédures judiciaires en cours.

Peu de détails filtrent à propos de cette affaire où l'identité de la femme a été protégée par décision de justice ; la presse irlandaise croit savoir cependant que le choix de hâter la venue au monde de l'enfant au lieu de le tuer est lié au fait que l'avortement a été demandé alors que la grossesse était déjà bien avancée. Mais il faut savoir que la nouvelle loi de mort irlandaise n'impose aucun délai limite à l'avortement dans les cas qu'elle vise. Elle ne fait pas pour autant de l'avortement un droit.

Le bébé qui est né vient démontrer par sa simple existence, sa volonté de vivre, qu'il était bien là et bien vivant au moment où on aurait pu, sans encourir la moindre peine, le mettre à mort. Sa jeune maman a finalement de la chance : elle n'aura pas à vivre avec ce poids sur la conscience.

L'histoire ne dit pas non plus si, une fois le bébé mis au monde, sa maman va aller mieux sur le plan psychique. Ses pensées suicidaires auraient-elles disparu avec l'avortement ? Ont-ils disparu alors que, débarrassée de sa grossesse et de ses craintes, la jeune femme a d'une certaine façon obtenu ce qu'elle voulait ?

En fait, nul ne peut dire que l'avortement guérit la femme de ses pensées suicidaires : les médecins irlandais ont d'ailleurs prévenu avant l'adoption de la loi que l'avortement ne peut pas constituer un traitement ou un remède dans ce genre de situations. C'est plutôt l'inverse : on sait que l'avortement volontaire multiplie par six le risque de suicide.

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16 août, 2014

Corée : le pape François prie pour les victimes de l'avortement

Comme annoncé, la visite du pape François en Corée du Sud a été marquée par une halte dans un « cimetière » pour bébés avortés. Il s'est recueilli devant la statue de la Sainte Famille qui domine une pelouse parsemée de petites croix blanches symbolisant les innombrables enfants à naître tués au fil des ans en Corée. Une prière silencieuse que les médias présentent comme un geste très fort de la part de ce pape qui avait pourtant dit vouloir éviter les sujets « controversés » pour pouvoir mettre l'accent sur la pastorale et l'accès aux « périphéries ». Entouré de militants pro-vie, il s'est entretenu plus particulièrement avec l'un d'entre eux, né sans bras et sans jambes, qui a eu la chance de naître en Corée malgré son défaut congénital.






L'émouvant monument se dresse dans le domaine du foyer de Kkottoghnae, lieu d'accueil pour les handicapés, les alcooliques, les sans-abri, les personnes abandonnées par leurs familles, des enfants délaissés proposés à l'adoption, fondé dans les années 1970 par un prêtre.

A ce titre la prière de François a revêtu une signification plus grande encore, dans un pays où le rejet des handicapés est encore souvent la règle et où l'avortement, malgré d'importantes restrictions introduites en 1953, est autorisé pour éliminer les bébés souffrant de malformations graves.

Mais en Corée du Sud, l'avortement a été très largement autorisé de fait, les autorités ayant traqué pendant des décennies les familles nombreuses et fait la propagande pour le contrôle des naissances, au nom de la croissance économique. Ce n'est que depuis quelques années que le taux de natalité désastreux – l'un des plus bas du monde – a poussé le gouvernement à changer de discours, là encore pour des raisons économiques.

Une campagne des pouvoirs publics dans le métro
explique que les petits Coréens
ne savent plus ce qu'est un cousin…

Source de l'information et des images : ici.

Addendum, le 18 août : Et voici la photo du missionnaire et militant pro-vie que le pape a rencontré à l'issue de sa visite au « jardin des enfants avortés » :



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14 août, 2014

Saint Maximilien Kolbe, patron du mouvement pro-vie

En ce 14 août, jour de sa fête, rappelons-nous que S. Maximilien Kolbe est mort martyr à Auschwitz pour sauver de la mort un autre homme.

L'homélie de Jean-Paul II à l'occasion de sa canonisation le soulignait ainsi :
Priez pour nous !
«  Le P. Maximilien Kolbe, qui était lui-même un prisonnier du camp de concentration, a revendiqué, sur le lieu de la mort, le droit à la vie d'un homme innocent, l'un des quatre millions. Cet homme (Franciszek Gajowniczek) vit encore et est présent parmi nous. Pour celui-ci, le P. Kolbe a revendiqué le droit à la vie, en se déclarant prêt à mourir à sa place, parce que c'était un père de famille et que sa vie était nécessaire pour les siens. Le P. Maximilien-Marie Kolbe a ainsi réaffirmé le droit exclusif du Créateur sur la vie de l'homme innocent et il a rendu témoignage au Christ et à l'amour. L'apôtre saint Jean écrit, en effet : “À ceci, nous avons connu l'amour : celui-là a donné sa vie pour nous. Et nous devons, nous aussi donner notre vie pour nos frères.” »
C'était un saint qui parlait d'un autre saint. Et il faut rappeler que c'est S. Jean-Paul II qui a choisi de canoniser le P. Maximilien Kolbe comme « martyr », alors qu'il n'avait pas été tué en haine de la foi.

Quoique… Alors que notre siècle avance et que nous voyons de mieux en mieux en quoi la haine de la vie est  haine de Dieu, le choix du P. Kolbe de se dresser face à la barbarie nazie n'apparaît-elle pas de plus en plus clairement comme un acte de fidélité, comme un refus d'être complice avec les puissants qui idolâtrent la puissance ?  Cette idolâtrie, il l'a vaincue par l'arme de son propre sacrifice, par le renoncement et la souffrance acceptée au nom de la charité – mais aussi de la vérité.

Saint Maximilien Kolbe est honoré comme patron du mouvement pro-vie : voir ici et ici.

Qu'il nous protège.

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Un évêque espagnol dénoncé pour avoir évoqué la « différence sexuelle »

Juanjo Romero d’Infocatolica rapporte que la « gaystapo », comme il le dit, a de nouveau dénoncé l’évêque espagnol Juan Antonio Reig Pla pour propos interdits. Ils avaient été largement diffusés : il s’agissait de son homélie lors de la messe télévisée diffusée le 3 août par la 2e chaîne nationale. C’est donc une plainte pénale qui le vise, pour avoir dit qu’il « existe une différence sexuelle entre l’homme et la femme ».
« Comme aux temps du chef homosexuel des SA, Ernst Röhm, ils recommencent à tenter de réduire au silence quiconque ne se plie pas à la pensée politiquement correcte », commente Romero.
La vidéo de l'homélie est ici.
L’évêque d’Alcala de Henares avait osé dire :
« Tu est fils de Dieu. Tu as été créé à l’image et à la ressemblance de Dieu, tu as été créé en tant qu’homme et en tant que femme. C’est une chose qui est aujourd’hui obscurcie en Espagne. Tant de lois l’ont oublié !
Tant de lois en Espagne, récemment approuvées (…) oublient la différence sexuelle homme-femme. »
Et quelques autres choses sur le respect de la vie depuis sa conception jusqu’à sa fin naturelle, le non respect de la « différenciation sexuelle » à travers la « mal nommée transsexualité ».
Bien que Mgr Reig Pla ait obtenu il y a trois mois une décision de justice reconnaissant sont droit de prêcher ce qu’enseigne l’Eglise sur l’homosexualité, des associations homosexuelles reviennent donc à la charge.
Le voici accusé de « diffuser des discours homophobes comme s’ils étaient neutres » : c’est une « atteinte aux droits de l’homme » ! Son discours représente un « danger pour la vie » des LGBT, fomentant « la haine, l’agression et même l’assassinat ». La diffusion par la télévision publique est une circonstance aggravante : elle aurait dû assortir l’émission d’une mise en garde.
Le premier avis n’aura pas suffi à faire taire le prélat. « Gracias, monseñor », conclut le bloggueur.

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Pays-Bas : un centre de soins pour comateux âgés ?

Eh bien, il n’y en a pas, aux Pays-Bas, de centre d’accueil et de soins pour les patients dans le coma âgés de plus de 25 ans. Ce sont les directives officielles : au-delà, on ne fait plus de réhabilitation. Cela ne servirait à rien, dit-on, en serrant le portefeuille de l’assurance maladie.
L’association « Zorgen na Coma » (soigner après un coma) s’en émeut et vient de réclamer la création d’un Centre Coma aux Pays-Bas, comme il en existe un à Liège. Il permettrait d’accueillir non seulement les jeunes dans de meilleures conditions, mais aussi les « vieux » de 25 ans et plus.
Ce sont les proches de ces personnes plus âgées qui militent pour un meilleur accueil, sachant que chaque année, quelque 50 à 75 personnes en état végétatif persistant ou en état de conscience minimale se voient refuser le remboursement des soins de réhabilitation au motif de leur âge. Accueillis et soignés par leurs familles ou placés dans des institutions où ils ne reçoivent aucune forme de stimulations, ils sont exclus des soins qui pourraient les faire progresser. Les plus chanceux – ceux dont l’assureur prend en charge des traitements à l’étranger – se rendent en Belgique ; mais ils ne sont pas nombreux.
On pense bien sûr à Vincent Lambert.
Cela éclaire la remarque faite par un chef de service de réanimation m’expliquant que les discussions autour de la survie des « pauci-relationnels » paraîtraient totalement absurdes aux Pays-Bas où l’on ne pose même plus cette question.

Mais des élus la porteront devant la Deuxième chambre.

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Flandres et Pays-Bas : “Ne me réanimez pas !”

C’est encore une retombée de la « société euthanasique » où par définition, se répand une propagande pro-mort qui est véritablement une culture de mort. Aux Pays-Bas comme en Belgique néerlandophone, le nombre de porteurs d’un refus de réanimation augmente de manière « explosive ». Plaque d’identité ou format carte de crédit, c’est un petit document que l’on garde sur soi en toute circonstance pour décourager toute tentative de secours en cas de crise cardiaque, arrêt respiratoire ou autre AVC.
Les partisans de la non-réanimation ont entendu dire que les chances de guérir après une réanimation sont modestes. Et même si les statistiques affichées sont un peu meilleures lorsque les soins sont donnés à l’hôpital, leur crainte est de survivre à l’état de « légume ».
Le risque de devenir totalement dépendant à la suite d’une réanimation est pourtant minime : 1 % (la probabilité d’y survivre, elle, se situe entre 10 et 20 %).
Aux Pays-Bas comme en Flandres, ce sont les associations pour la « mort digne » ou la « fin de vie choisie »  (c’est équivalent) qui font la promotion et la distribution de ces documents non officiels mais qui sont généralement respectés par les soignants puisque cela leur est imposé par la loi. Aux Pays-Bas, la NVVE commercialise les plaques d’identité marquées de la photo, du nom et des coordonnées du porteur, pour la modique somme de 37,50 €. On ne peut l’obtenir sans devenir membre. Il suffit ensuite de les porter.
En Belgique, la procédure est plus compliquée : il faut faire préciser ses directives anticipées (refus de
réanimation, demande d’euthanasie en cas de coma, don d’organes, directives pour l’enterrement, don du corps à la science) et les mettre en sécurité chez une personne de confiance. La « Leifkaart » portée sur soi renvoie vers cette personne. Et c’est gratuit, grâce au concours de plusieurs associations « humanistes ».
Aux Pays-Bas, le nombre total de plaques commandées atteint désormais plus de 20.000 ; le nombre d’enregistrements est passé de 1.200 en 2007 à 5.000 en 2013. En Belgique l’augmentation des demandes a été encore bien plus rapide et le nombre de porteurs avoisine les 30.000. L’association LEIF annonce une attente de deux mois pour la fourniture des cartes.
Cette nouvelle mode n’est certainement pas sans rapport avec la propagande médiatique et les réunions d’information, souvent organisées par les associations pour l’euthanasie, visant à sensibiliser la population sur le risque de la démence ou de la dépendance. Aux Pays-Bas, beaucoup de directives anticipées sont rédigées en ces occasions.
L’association néerlandaise du cœur a réagi à l’information en invitant les Néerlandais à bien réfléchir avant de faire un tel choix, rappelant que la réanimation offre la chance d’une seconde vie. Elle cite le cas d’un cycliste amateur réanimé l’an dernier à 58 ans à la suite d’une défaillance cardiaque. Il est aujourd’hui en pleine santé.

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12 août, 2014

Synode : Robert Spaemann s’engage dans la bataille pour le mariage

Dans une tribune publiée par First Things, Robert Spaemann, professeur de philosophie émérite à l’université, évoque le sujet qui est déjà médiatiquement au centre du prochain Synode extraordinaire sur la famille : les divorcés remariés, leur accès à la communion, la juste « pastorale » à leur égard… médiatiquement mais aussi à cause de la mise en avant du cardinal Kasper par le pape François au dernier Consistoire, où il avait suggéré que l’Eglise pourrait évoluer sur ces points.
Robert Spaemann est un proche de Benoît XVI, participant par exemple à sa Schülerkreise sur la création et l’évolution en 2006.
Voici ma traduction de ce texte. – J.S.

Robert Spaemmann. Il n'a jamais eu peur
d'aller à contre-courant.
Les statistiques du divorce dans les sociétés modernes occidentales sont catastrophiques. Ils montrent
que le mariage n’est plus considéré comme une réalité nouvelle et indépendante qui transcende l’individualité des époux, une réalité qui, à tout le moins, ne peut être dissoute par la volonté d’un seul des deux partenaires. Mais peut-elle être dissoute par le consentement des deux partenaires, ou par la volonté d’un synode, ou d’un pape ? La réponse est nécessairement négative, puisque, comme l’affirme Jésus lui-même explicitement, l’homme ne peut séparer ce que Dieu lui-même a uni. Tel est l’enseignement de l’Eglise catholique.
La manière dont les chrétiens entendent une vie bonne s’affirme comme valant pour tous les êtres humains. Mais même les disciples de Jésus furent choqués par les paroles de leur Maître : ne vaudrait-il pas mieux, alors, répondirent-ils, ne jamais se marier ? L’étonnement des disciples souligne le contraste entre le style de vie chrétien et celui qui prédomine dans le monde. Qu’elle le veuille ou non, l’Eglise, à l’Ouest, est en voie de devenir une contre-culture ; son avenir dépend désormais principalement de savoir si elle qui est le sel de la terre, saura garder sa saveur et ne pas être piétinée par les hommes.
La beauté de l’enseignement de l’Eglise ne peut briller qu’à condition de ne pas être dilué. La tentation de diluer la doctrine est aujourd’hui renforcée par un fait qui dérange : les catholiques divorcent presque autant que leur homologues sécularisés. Quelque chose est allé de travers, c’est évident. Il est contraire à toute raison de penser que tous les catholiques divorcés et remariés civilement sont entrés dans leurs premiers mariages convaincus de leur indissolubilité et qu’ils ont alors fait une volte-face fondamentale en avançant. Il est plus raisonnable de supposer qu’ils se sont engagés dans le mariage sans se rendre d’emblée clairement compte de ce qu’ils faisaient, à savoir brûler leurs vaisseaux pour toujours (c’est-à-dire jusqu’à la mort), de telle sorte que l’idée même d’un deuxième mariage ne pouvait même pas exister pour eux.
Hélas, l’Eglise catholique n’est pas sans tort. La préparation chrétienne au mariage omet souvent de donner aux couples fiancés une idée claire des implications du mariage catholique. Si c’était le cas, de nombreux couples décideraient très probablement de ne pas se marier à l’Eglise. Pour d’autres, évidemment, une bonne préparation au mariage pourrait utilement déclencher un processus de conversion. L’idée est tellement séduisante, selon laquelle l’union d’un homme et d’une femme est « écrite dans les étoiles », qu’elle s’ancre dans les hauteurs, et que rien ne peut la détruire, « dans le bonheur comme dans le malheur ». Cette certitude est une source magnifique et enthousiasmante de force et de joie pour les époux qui s’efforcent de traverser les crises de leur mariage en cherchant à insuffler une nouvelle vie dans leur vieil amour.
Au lieu de renforcer l’attrait naturel et intuitif de la permanence conjugale, bien des hommes d’Eglise, y compris des évêques et des cardinaux, préfèrent recommander, ou au moins envisager une autre option, une option alternative à ce que Jésus enseigne et qui constitue, fondamentalement, une capitulation devant la pensée laïque dominante. Le remède à l’adultère, nous dit-on, ne doit plus être la contrition, le renoncement et le pardon, mais le passage du temps et l’habitude, comme si l’acceptation sociale générale et notre manière de nous sentir à l’aise avec nos propres décisions et nos propres vies avaient un pouvoir  presque surnaturel. Cette alchimie est supposée transformer un concubinage adultérin – que nous appelons « second mariage » – en union acceptable que l’Eglise devrait même bénir au nom de Dieu. Etant donnée cette logique, il n’est que justice que l’Eglise bénisse également les partenariats homosexuels.
Mais cette manière de penser repose sur une erreur profonde. Le temps n’a rien de créatif. Son passage ne restaure pas l’innocence perdue. En réalité, sa tendance est toujours exactement vers l’opposé : il augmente l’entropie. Chaque occurrence d’ordre dans la nature est arrachée à l’entropie, et avec le temps retombe sous sa domination. Comme le dit Anaximandre : « Ce d’où il y a génération des entités, en cela aussi se produit leur destruction, selon l’assignation du temps. » Il serait mal de réemballer le principe de la décomposition et de la mort pour le présenter comme quelque chose de bien. Nous ne devons pas confondre la lente anesthésie du sens du péché avec sa disparition et la libération de la responsabilité que nous continuons d’en porter.
Aristote enseignait qu’il y a un plus grand mal dans le péché habituel que dans une seule chute accompagnée de l’aiguillon du remords. L’adultère en est un exemple, spécialement lorsqu’il conduit vers de nouveaux arrangements légalement consacrés – le « remariage » – qu’il est presque impossible de défaire sans de très douloureux efforts. Thomas d’Aquin utilise le terme de perplexitas pour caractériser de tels cas. Ce sont des situations dont il n’est pas possible de s’échapper sans encourir une forme ou une autre de culpabilité. Même un seul acte d’infidélité laissera l’adultère empêtré dans la perplexité : devra-t-il avouer son acte à son épouse ou non ? S’il avoue, il a une chance de sauver son mariage, et en tout cas, il évite un mensonge qui finirait par détruire la confiance mutuelle. D’un autre côté, une confession pourrait menacer encore plus gravement son mariage que le péché lui-même (c’est pourquoi les prêtres conseillent souvent aux pénitents de ne pas révéler leur infidélité à leurs époux). Notez en passant que S. Thomas enseigne que nous ne tombons jamais dans la perplexitas sans une mesure de culpabilité personnelle ; Dieu le permet, dit-il, comme punition du péché qui nous a d’abord fait prendre le mauvais chemin.
Soutenir nos frères dans la foi au milieu de la perplexitas du remariage, leur montrer de l’empathie et les assurer de la solidarité de la communauté, est une œuvre de miséricorde. Mais les laisser approcher de la communion sans contrition et sans régularisation de la situation serait une offense au Saint Sacrement – une offense de plus parmi les nombreuses offenses commises aujourd’hui. L’instruction de Paul sur l’Eucharistie dans la Première aux Corinthiens aboutit à une mise en garde contre la réception indigne du Corps du Christ : celui qui mange et boit indignement mange et boit sa propre condamnation. Pourquoi les réformateurs de la liturgie ont-ils sabré ces versets décisifs de la deuxième lecture de la messe du Jeudi Saint et de la Fête Dieu – ces fêtes de l’Eucharistie, justement ? Lorsque tous ceux qui assistent à la messe se lèvent pour recevoir la communion, dimanche après dimanche, il faut bien s’étonner : les paroisses catholiques ne comptent-elles plus aujourd’hui que des saints ?
Mais il y a encore un dernier point, qui en toute justice devrait être le premier. L’Eglise reconnaît qu’elle a géré les cas d’abus sexuels de mineurs sans montrer suffisamment s’égards pour les victimes. Le même motif se répète ici. A-t-on jamais évoqué les victimes ? Quelqu’un parle-t-il de la femme abandonnée avec leurs quatre enfants par son mari ? Elle est peut-être disposée à le reprendre, ne serait-ce que pour assurer la subsistance des enfants, mais lui, il a une nouvelle famille et n’a nullement l’intention de revenir.
Cependant, le temps passe. L’adultère aimerait recevoir la communion de nouveau. Il est prêt à confesser sa faute, mais il n’est pas disposé à en payer le prix, à savoir une vie de continence. La femme abandonnée ne peut que regarder pendant que l’Eglise accepte et bénit la nouvelle union. Comme pour ajouter l’insulte à la blessure, l’abandon qu’elle a subi reçoit le sceau de l’approbation ecclésiastique. Il serait plus honnête alors de remplacer les mots « Jusqu’à ce que la mort vous sépare » par « jusqu’à ce l’amour de l’un de vous refroidisse » – cette formule a déjà été recommandée avec le plus grand sérieux. Parler ici d’une « liturgie de bénédiction » plutôt que d’un remariage devant l’autel n’est qu’un tour de passe-passe trompeur qui n’a d’autre effet que de jeter la poudre aux yeux.


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Ebola : signe de la colère de Dieu ?

Voici une information dont on peut dire d’emblée qu’elle ne peut que susciter la colère des grands médias, sinon celle des hommes. Une centaine de leaders chrétiens du Libéria viennent de publier une déclaration affirmant que l’épidémie d’Ebola est une plaie envoyée par Dieu parce qu’Il est « en colère contre le Libéria » en raison de « la corruption et les actes immoraux (comme l’homosexualité, etc.) qui continuent de se répandre dans notre société ».
Alors disons-le tout de suite : il s’agit essentiellement de responsables des églises protestantes, évangéliques, pentecôtistes, anglicane. On leur pardonne plus volontiers ce genre de jugement qu’aux catholiques. Encore qu’il y ait aussi des représentants de l’Eglise catholique parmi les signataires : la déclaration émane du Conseil libérien des Eglises dont celle-ci fait partie.
« Colère de Dieu » ? C’est évidemment mal vu, à l’heure où l’on assure que Dieu ne punit pas : sa colère était bonne pour l’Ancien Testament, n’est-ce pas ?
Alors précisons. Oui, l’homme se damne tout seul, en refusant la Miséricorde infinie qui lui est acquise grâce aux mérites de Notre-Seigneur dans sa Passion rédemptrice. Non, la maladie, le malheur, la pauvreté, ne frappent pas tel ou tel à cause de ses fautes, pas plus que le juste ne gagne dès ici-bas la réussite, un bonne carrière et l’aisance matérielle (comme aimeraient le croire certaines sectes protestantes, et comme elles arrivent si bien à le faire croire).
Mais enfin il y a une loi de Dieu, et il nous coûte de la mépriser.
Et surtout, il y a le mal dans le monde, depuis le péché originel, qui est à la source de toute souffrance, douleur, iniquité ici-bas. Y compris les plaies, les épidémies, le deuil, le malheur qui frappent le bon comme le méchant, l’innocent comme le coupable.
Dire que le mal fait par les hommes est à la racine des maux qui les frappent en retour n’est pas injuste, ne minimise pas la miséricorde de Dieu. Puisque la souffrance est encore une miséricorde qui peut ramener l’homme vers lui !
Ainsi donc, les chefs chrétiens du Libéria, réunis en l’église épiscopalienne de Saint-Etienne à Monrovia le 30 juillet dernier, appelaient tous les chrétiens du pays à se « repentir » et à « implorer le pardon de Dieu ».
« Que tous s’enferment pendant trois jours pour jeûner et prier dans toute la nation, dès le mercredi 6 août jusqu’au vendredi 8 août », demandaient-ils. Ils invoquaient pour cela le concours du gouvernement : « Si le gouvernement en est d’accord, la République du Libéria doit s’enfermer pour trois jours de jeûne et de prière. Tout mouvement doit être limité pendant ces trois jours. Chacun doit rester chez soi pour trois jours de silence, de jeûne et de prière. »
La présidente Ellen Johnson Sirleaf a appelé à ce jeûne national mardi dernier

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Les “acheteurs” de Gammy auraient préféré qu’il soit avorté

Le couple d’Australiens accusés d’avoir abandonné Gammy, leur fils trisomique, porté à terme par une
Thaïlandaise dans le cadre d’une « gestation pour autrui », a avoué ce week-end qu’il aurait mieux valu selon lui que l’enfant soit avorté.
David Farnell a déclaré au cours de la première interview publique donnée par le couple au journal australien 60 Minutes : « S’il avait été possible de faire “terminer” l’embryon en toute sécurité, nous l’aurions probablement “terminé”. » Je choisis délibérément le terme anglais, violent mais juste, de « terminer » au lieu d’écrire avorter, même si ce dernier mot est plus exact. Car il s’agit bien d’une fin violente. Non d’une « interruption ».
« Je ne crois pas qu’il y ait de parent qui désire un fils ayant un handicap », a-t-il poursuivi, flanqué de son épouse Wendy. « Les parents veulent que leurs enfants soient heureux et en bonne santé et qu’ils puissent faire tout ce que font les autres enfants. »
Mieux : le couple a révélé qu’ils ont demandé à l’agence de gestation pour autrui opérant à Bangkok de leur faire une ristourne parce que l’un des deux enfants portés s’est révélé atteint de trisomie 21. « Je leur ai dit : “Rendez-nous notre argent. Tout cela est de votre faute. » Le couple accuse l’agence d’avoir mal fait son travail parce que le diagnostic de trisomie 21 n’a été fait qu’à un stade avancé de la grossesse, et ils ont donc été avertis très tard. « Nous étions très désemparés et nous leur avons dit : “C’est de votre faute. Vous devez maintenant assumer au moins une part de la responsabilité. »
David et Wendy Farnell assurent néanmoins qu’ils n’ont jamais fait pression sur la mère porteuse afin qu’elle avorte, et qu’ils n’ont jamais abandonné l’enfant. Ils avaient simplement l’intention de retourner plus tard à Bangkok pour le récupérer, ont-ils affirmé. Ils affirment aussi que la mère porteuse semblait vouloir garder la petite fille, elle en parfaite santé : « Nous avons pris peur, nous avons craint de la perdre. Il fallait que nous partions aussi vite que possible avec elle », raconte désormais le père.
Dans cette opération, la mère porteuse, Pattharamon Janbua, a gagné 12.000 $ pour mener la gestation à terme. Devant s’occuper de Gammy, le petit garçon trisomique, elle a lancé un appel à l’aide international qui lui a déjà rapporté, à elle et son mari, quelque 240.000 $. Elle n’entend plus le lâcher. Dans un contexte de marchandisation des êtres humains provoquée par le recours à la GPA, on serait tenté de croire que la maladie de ce petit garçon a elle aussi une valeur marchande… Comment ne pas devenir cynique devant de telles affaires ?
De son côté, David Farnell a dû répondre au cours de son interview à des questions sur ses condamnations à la fin des années 1990 pour agressions sexuelles sur des mineures et même des fillettes d’à peine 7 ans. Ses pulsions, a-t-il répondu, ont cesse « à 100 % ». « Je ne pourrai pas recommencer. Je ne peux pas. Je sais que je n’ai aucune pulsion de cette nature. J’ai su cela depuis 30 ans. Je n’ai aucune pulsion. » Ah…
Le tollé international autour de l’affaire Gammy a quelque chose de surréaliste. Tout le monde sait que la GPA, c’est de la location de ventre : même Pierre Bergé. 96 % des enfants à naître diagnostiqués porteurs (ou plutôt probables porteurs) de trisomie 21 sont avortés en France ; la proportion est semblable dans d’autres pays dits civilités. La « réduction embryonnaire » – l’élimination d’un bébé malformé ou juste de trop au cours d’une grossesse multiple – est elle aussi monnaie courante. L’existence de contrats relevant de l’esclavage dans le cadre de la GPA est elle aussi connue de tous, ou peut l’être avec un minimum de curiosité.
On sait déjà quelle sera la retombée de cette tragédie pour la France : on réclamera l’encadrement légal de la pratique de la GPA afin que les femmes et les couples n’aillent pas l’organiser à l’étranger dans des conditions épouvantables…

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