24 mai, 2015

L'Irlande adopte le “mariage” gay par référendum – et s'éloigne délibérément de l'Eglise catholique

Journée noire pour l’Irlande. Les grands médias du pays, après avoir donné leur soutien entier à l’« égalité dans le mariage », saluent aujourd’hui quasi unanimement le « oui » au « mariage » gay qui l’a emporté avec 62 % des voix. Deux Irlandais sur trois ont approuvé la modification de la Constitution irlandaise qui dispose désormais : « Le mariage est légalement contracté entre deux personnes sans distinction de sexe. » De ce fait les couples homosexuelles seront désormais considérées à l’égal des familles qu’on ne pourra donc plus qualifier de « normales », bénéficiant de l’ample protection que la Constitution leur octroie.
Ainsi l’article 41 va-t-il désormais bénéficier aux « familles LGBT » :

« Article 41 
1.1° L'État reconnaît la famille comme le groupe naturel, primaire et fondamental de la Société, et comme une institution morale possédant des droits inaliénables et imprescriptibles, antérieurs et supérieurs au droit positif. 2° L'État, par conséquent, garantit la formation et l'autorité de la famille, comme la base nécessaire de l'ordre social et comme indispensable au bien-être de la nation et de l'État. 
2.1° En particulier, l'État reconnaît que, par sa vie au foyer, la femme apporte à l'État un soutien sans lequel le bien commun ne peut être atteint.  2° L'État, par conséquent, s'efforce de veiller à ce que les mères ne soient pas obligées par les nécessités économiques à travailler en négligeant les devoirs de leurs foyers. 
3.1° L'État s'engage à prêter une attention spéciale à l'institution du mariage sur laquelle la famille est fondée et à la protéger contre toutes les attaques.  2° Aucune loi accordant la dissolution du mariage ne peut être adoptée.  Tout tribunal établi par la loi peut accorder la dissolution du mariage si, mais seulement si, il est convaincu que :i) à la date de l'introduction de la procédure, les époux ont vécu séparément pendant une ou des périodes équivalentes à quatre ans au moins durant les cinq dernières années ;  ii) il n'y a pas de perspective raisonnable de réconciliation entre les époux ;  iii) toute disposition que le tribunal juge appropriée au regard des circonstances existe ou est prise concernant les époux, les enfants de l'un ou de l'autre ou des deux ensemble, et toute autre personne visée par la loi, et  iv) toutes les autres conditions prévues par la loi sont observées.[modifié par le 15e amendement, 17/6/1996]  3° Aucune personne dont le mariage a été dissous selon la loi civile d'un autre État, mais dont le mariage reste valable selon la loi en vigueur à cette époque sous la juridiction du Gouvernement et du Parlement établis par la présente Constitution, ne peut contracter un mariage valide sous cette juridiction durant la vie de l'autre personne avec laquelle elle était mariée. »

La fiction du « mariage » homosexuel et celle de l’« homoparentalité » font ainsi leur entrée dans un des derniers pays où l’on aurait cru la chose possible, et qui plus est par un vote populaire, ce qui ne s’est produit nulle part au monde jusqu’à ce jour.
Mais dire que « deux Irlandais » sur trois ont approuvé le « mariage » gay constitue une distorsion des faits. Le référendum n’a mobilisé que 60 % de l’électorat : sur les quelque 3,2 millions de votants potentiels, 1,2 millions ont voté « oui », soit 37,5 % des électeurs. Quelque 750.000 personnes se sont déplacées pour dire « non », malgré l’opprobre associé à ce choix.
Et c’est donc, en fait, d’une courte majorité que les « je ne sais pas » et les « je m’en moque » ont véritablement remporté ce référendum.
Je pourrais gloser sur l’exécrable façon dont le « oui » a été favorisé : dans les médias et dans les grands partis qui ont tous fait campagne pour la dénaturation du mariage. Le Premier ministre Enda Kenny a parlé des 24 heures qui ont précédé le résultat comme d’une « sorte de veille au terme d’un long voyage » – l’analogie religieuse était, je pense, délibérée et voulue. Et de dire que les LGBT vont pouvoir vivre « à l’abri » de la majorité, et non « dans notre ombre ».
« Oui à l’inclusion, oui à la générosité, oui à l’amour, oui au mariage égalitaire », a-t-il lancé.
La vice-Premier ministre, Joan Burton, saluant l’avènement d’une « nation arc-en-ciel », par le « oui à l’égalité, le oui à l’amour », a déclaré : « Nous n’en sommes qu’au début d’un immense mouvement global en faveur de l’égalité LGBT. »
Je pourrais évoquer les fonds étrangers qui sont venus soutenir la campagne du « oui » : la culture de mort est riche et peut compter sur les grands de ce monde/
Je pourrais évoquer aussi la manière dont l’Eglise catholique d’Irlande a tenté de peser dans le débat, plaidant pour le « non », mais face à des handicaps considérables parmi lesquels le « Qui suis-je pour juger » du pape François qui – au moins sur le plan médiatique – a créé l’impression que l’accueil des personnes doit entraîner l’absence de tout jugement moral sur leurs actes ; et les déclarations de quelques évêques irlandais refusant de condamner ceux qui voteraient « oui » en conscience.
Mais ces handicaps ne suffisent pas à expliquer le spectaculaire retournement de l’opinion – à l’aune de l’histoire immémoriale et même des décennies récentes – qui a marginalisé l’affirmation de la réalité et d’une morale naturelle qu’il est de bon ton de récuser.
Il faut y ajouter la manipulation qui consiste à faire croire que voter « non » au mariage et à la famille LGBT est un « non à l’inclusion », un « non à la générosité », un « non à l’amour ». Et donc une manifestation d’exclusion, d’égoïsme, et de refus du bonheur et des sentiments d’autrui.
Il faut y ajouter encore le pilonnage sans pitié de l’Eglise catholique, et à travers elle de tout ce qu’elle représente et enseigne, à travers les scandales des « prêtres pédophiles » mais aussi les montages médiatiques sur les enfants de filles-mères jetés dans des fosses sceptiques (c’était faux) ou sur le refus d’avortement qui aurait entraîné la mort d’une jeune maman (l’enquête a révélé la véritable nature des erreurs qui ont conduit à sa mort par septicémie). C’est collectivement que de nombreux Irlandais se sont détournés de l’Eglise, mais au prix de combien de mensonges et de pressions !
A quoi il faut ajouter le manque de formation de générations de catholiques à qui l’on n’apprend guère les exigences du plan de Dieu pour la sexualité, le mariage et la famille. Ils ne savent plus « rendre compte de leur espérance » parce qu’en Irlande comme dans tant de pays, les commandements de Dieu ne sont plus présentés que comme des commandements de l’Eglise, et l’Eglise est perçue comme faisant peser un fardeau trop lourd sur les fidèles, que l’on a persuadés de croire que l’observance de ces commandements relève d’un idéal que nul être humain « normal » ne peut atteindre.
De là on glisse rapidement vers la redéfinition de ce qui est « normal », puis de la « norme » elle-même. Comme l’écrit Fintan O’Toole, éditorialiste à l’Irish Times, la « petite Irlande » vient d’enseigner au monde qu’il y a un « nouveau normal », en redéfinissant le sens des mots « être humain ordinaire ». Finie, la « tolérance » : les « personnes LGBT sont nous : nos fils et nos filles, nos pères et nos mères, nos frères et nos sœurs, nos voisins et nos amis » ; la tolérance a été remplacée par « l’égalité de citoyenneté ».
Cela fait quelques années déjà que les lesbiennes et autres « GBT-QI » ne veulent plus de leur étiquette, en dehors de son utilisation revendicative : ils ne réclament plus le droit à la différence, mais à l’indifférence. L’Irlande a fait son « coming out » de nation démocratique, transcendant les clivages de toutes sortes, sa « paranoïa » et son « pessimisme », écrit O’Toole. Son article est bien tourné. Assez bien pour qu’on lise sans peine entre les lignes : la paranoïa et le pessimisme sont ceux de la morale de papa, et encore plus ceux de la morale du pape, dont on nous prie d’ailleurs si souvent de croire qu’elle permet bien des accommodements !
Tel était le sens véritable de ce référendum : non pas de gagner le droit au « mariage » dont l’immense majorité des LGBT n’a rien à faire, mais de voir reconnaître la « normalité » de leur conduite.
Les Irlandais pour le « non », comme les Français, ont axé leur combat sur les droits des enfants et les dangers auxquels les expose le mariage gay. C’est un point de vue légitime, et il fallait assurément le porter sur le devant de la scène. Mais on n’a guère entendu de vérités sur le caractère contre nature de l’acte homosexuel, sur les dangers spirituels mais aussi physiques qu’il comporte, et qui se traduit sur le plan purement matériel par une espérance de vie amputée, et sur le plan moral par la mort de l’âme. Dire cela aujourd’hui, c’est s’exposer à l’accusation d’homophobie. Et pourtant, peut-on imaginer une plus grande haine de l’autre que de ne pas l’avertir, même si on en est sincèrement et raisonnablement convaincu, du mal qui l’attend ?
A accepter que ces choses-là ne soient pas dites, on part battu d’avance, car en vérité le combat pour les « droits » LGBT est alors déjà gagné.

Comme le note le Daily Telegraph, cela fait pourtant belle lurette que le mariage n'est plus perçu comme existant « pour les enfants » ni pour la filiation : dès lors qu'il est le simple couronnement d'un sentiment et qu'on peut d'ailleurs le défaire à volonté lorsque le sentiment s'émousse, pourquoi en exclure ceux qui s'aiment vraiment ? Le « mariage » gay, le mariage dénaturé, est l'aboutissement logique du mariage dévalué…
Que tout cela se soit produit en Irlande est un symbole d’une importance terrifiante.
Yves Daoudal commente sur son blog la nouvelle réalité de « Feu l’Irlande catholique » ; c’est à lire ici. Il conclut à l’urgence de modifier le préambule de la Constitution irlandaise qui proclame : « Au nom de la Très Sainte Trinité, de laquelle découle toute autorité et à laquelle toutes les actions des hommes et des États doivent se conformer, comme notre but suprême, Nous, peuple de l'Irlande, Reconnaissant humblement toutes nos obligations envers notre seigneur, Jésus Christ… »
Le 34e amendement apporté à la Constitution irlandaise au nom de l’« égalité » des homosexuels en est une contradiction stridente, violente.
Pat Buckley, militant pro-vie catholique irlandais du European Life Network, constatait avec amertume, la semaine dernière, que la modification envisagée de la Constitution de son pays constitue un « refus frontal des commandements de Dieu » et qu’elle « ajoute l’insulte à l’injure en proposant d’inclure une telle abomination dans le texte de notre Constitution dédiée à la Très Sainte Trinité ».
Abomination… Le mot est déjà presque désuet. En attendant d’exposer ses utilisateurs aux poursuites.


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23 mai, 2015

Symposium sur le climat au Vatican : une conférence de Maria Madise, de “Voice of the Family”

Les 8 et 9 mai s'est tenue à Rome une série de conférences dans le cadre du Forum sur la vie, co-organisé par “Voice of the Family”, LifeSiteNews et Human Life International et, sur place, par “Famiglia Domani”. Je vous propose ici la traduction de l'allocution de Maria Madise, de “Voice of the Family”, sur l'étrange symposium sur le climat qui s'est tenu au Vatican le 28 avril. Une question des plus importantes pour ceux qui s'engagent dans la défense de la vie et de la famille. Cette traduction fait suite à celle du texte sur ce qui s'est passé au synode extraodinaire d'octobre dernier, dans un résumé proposé par Matthew McCusker, membre de “Voice of the Family”, qui met très bien en relief la manière dont on a tenté de manipuler le synode – une entreprise partiellement réussie. – Le premier texte se trouve ici. — J.S.

Maria Madise, “Voice of the Family”
Le mardi 28 avril s’est tenu au Vatican, un symposium s’est tenu à l'Académie pontificale des sciences sur le thème Protéger la Terre rendre digne l'humanité. Les dimension morales du changement climatique et du développement durable. L’atelier s'est déroulé en présence de deux des principaux promoteurs mondiaux du contrôle de la population, Ban Ki-moon, le secrétaire général de l'ONU, et le professeur Jeffrey Sachs, directeur de l’Earth Institute. L'événement a été co-organis » par l'Académie pontificale des sciences, par le Réseau Solutions pour un développement durable (Sustainable Development Solutions Network) et par Religions for Peace (« religions pour la paix »), dans l'attente de la nouvelle encyclique du pape sur l'environnement.
Le symposium a abouti, conformément à son objectif, à la publication d’une déclaration conjointe sur « l'impératif moral et religieux du développement durable, mettant l'accent sur le lien intrinsèque entre respect de l'environnement et respect à l'égard des personnes ». Cette affirmation de l’existence d’un lien intrinsèque est extrêmement trompeuse ; elle fait le lien entre la véritable crise humaine de la pauvreté et de l'esclavage moderne et certaines théories du changement climatique. Les participants à l'atelier du Vatican cherchaient à « éveiller les consciences conscience et à créer un consensus sur le fait que les valeurs du développement durable sont en cohérence avec les valeurs des traditions des grandes religions, en s’intéressant tout particulièrement sur les plus vulnérables ».
Nous autres du lobby provie et pro-famille sommes en droit de poser cette question : quelles sont les implications de cette focalisation spéciale sur les plus vulnérables ? Les promoteurs de la vie et de la famille qui font du lobbying à l’ONU, parmi lesquels plusieurs sont présents ici aujourd'hui, ne savent que trop à quel point les questions environnementales sont devenues une sorte de parapluie qui sert à couvrir un large spectre d’atteintes à la vie humaine et à la famille. Ces attaques constituent une menace immédiate à l'égard de la vie des plus vulnérables : les enfants à naître, les handicapés et les personnes âgées, en même temps qu’elles entraînent de graves violations des droits des parents en tant que premiers éducateurs de leurs enfants.
Au vu des attaques contre la vie humaine et innocente qu'on a pu constater à l’ONU sous couleur de régler des problèmes environnementaux, il est très troublant de noter l'objectif mise en avant dans l'ordre du jour de cet atelier : il s’agit d’« aider à construire un mouvement global et trans-religieux au service du développement durable et du changement climatique tout au long de 2015 et au-delà ».
Il est encore plus troublant de voir que cet ordre du jour correspond exactement, dans le temps, aux négociations des Objectifs du développement durable (Sustainable Development Goals, SDG) à l'ONU, où l'on trouve précisément ces attaques contre les membres les plus vulnérables de la population mondiale. Les négociations SDG qui vont aboutir en juin et juillet vont déterminer l'orientation et l'aide financière pour les pays du tiers-monde au cours des quinze prochaines années. Au moment où ces négociations auront lieu, nous devrions disposer d'une encyclique pape sur…  l'environnementalisme.
On peut imaginer à quel point le lobby du contrôle de la population et de l'avortement légal se sentiront forts de l'influence exercée au Vatican par deux figures de proue de la culture de mort, Ban Ki-moon et le professeur Jeffrey Sachs, et ce d'autant que nous sommes nous à la veille de la publication d'une encyclique sur l'environnement. L’ONU doit attendre avidement cette encyclique et d'espérer qu’elle permettra de fournir une justification morale pour la mise en place d’Objectifs de développement durable contraignants dans le monde entier. Si l’encyclique reste silencieuse à propos de la politique cachée de l'ONU, on peut être absolument certain que l'ONU et l’administration Obama trouveront des moyens pour utiliséer l'encyclique en vue de promouvoir les Objectifs du développement durable.
Qui sont ces personnes qui conseillent les gardiens de l'enseignement de l'Eglise qui ont pour tâche de guider et de protéger les fidèles dans la vérité de l’Amour du Christ ?
Ban Ki-moon a maintes fois fait la promotion d’un droit mondial à l'avortement. Il a également publié cette année un rapport controversé sur la violence sexuelle dans les zones de confit, un rapport qui critiquait le manque d'avortement « sûrs » dans de nombreuses situations de conflit. Cette directive est en contradiction avec le consensus en vigueur à l’ONU selon lequel l'avortement est une question qui doit rester de la compétence des nations individuelles.
Jeffry Sachs est un promoteur mondialement connu du contrôle de la population et de l'avortement. C'est lui, l'homme qui sème la panique et a peur en disant que le monde est surpeuplé et qu'il faut faire diminuer les taux de fécondité. En 2007 Sachs soutenait que le monde était « plein à craquer ». lLa semaine dernière j'ai eu le plaisir d'entendre une excellente présentation d'Elizabeth Yore, militante bien connue des droits des enfants, sur la genèse et le développement des objectifs de Sachs. Elle a expliqué comment son prédécesseur, Paul Ehrlich, proposait des solutions qui allaient de l'introduction de contraceptifs dans l’eau potable jusqu'à la stérilisation forcée, afin de contrôler la croissance de la population. Elle a également montré comment, malgré le fait que les prophéties apolcalyptiques d’Ehrlich étaient frauduleuses, l'ONU a commencé à publier ses premiers édits sur la reproduction au niveau mondial en vue de réduire la fertilité, en y incluant la contraception, la stérilisation et l'avortement.
Dans un récentes article publié par le site italien bien connu La Bussola, Riccardo Cascioli écrit : « J'ai rencontré Sachs il y a quelques années lors d'une réunion à Rimini, où il était l'un des orateurs, et lorsqu’une question a été posée à ce sujet il a répondu en souriant : “J'ai parlé avec de nombreux évêques du contrôle des naissances et ils m'ont dit en privé qu’ils sont en accord avec moi, bien que pour des raisons évidentes ils ne puissent pas le dire de manière ouverte. » Les raisons évidentes sont évidemment le Magistère de l'Eglise, la doctrine qui affirme que chaque vie humaine est sacrée, sans exception.
Le Dr Sachs est l'un des architectes des Objectifs du millénaire et il est membre du bureau exécutif du Réseau Solutions pour le développement durable. Dans la droite ligne des positions de Paul Ehrlich sur la surpopulation, il se sert du trafic d’êtres humains et du changement climatique pour justifier l’urgence de disposer des outils de l'avortement et la stérilisation afin d'atteindre les objectifs SDG de l'ONU. Le réseau auquel appartient Sachs a proposé des Objectifs de développement durable provisoires qui contiennent des mesures radicalement contraires au droit à la vie depuis la conception jusqu'à la mort naturelle, au droit et à la dignité de la famille, et au droit des parents d'être les premiers éducateurs de l'or d'enfants.
Ces rencontres qui se tiennent à l'ombre du synode sur la famille visent à aligner la terminologie des documents pontificaux sur la même ligne que celle des directives de l'ONU. Cette terminologie que nous récusons à l’ONU,  où le Saint-Siège est la seule délégation qui ces 20 dernières années a clairement rejeté les plans de l'ONU pour le contrôle de la population, reçoit désormais quelque crédit dans l'attente de la publication d'un nouveau document pontifical. Le document final des SDG à l’ONU doit être signé en septembre. Le pape François s'adressera à l'Assemblée générale de l'ONU en septembre, à propos de l'environnementalisme. Hélas, il n'est que trop évident que ses propos pourrait être interprétés comme une acceptation où une validation de la part de l'Église catholique du plan global de contrôle de la population. Le pape François a déjà été cité comme disant que l'humanité et l'homme sont à la racine de 99 % du changement climatique.
Sans préjuger de la validité ou non des nombreuses théories du changement climatique, celles-ci ne doivent pas être exploitées en vue de remettre en question ou de nier l’inviolabilité et la caractère sacré de chaque vie humaine, née à naître, malade ou en bonne santé, pas plus qu'elles ne doivent justifier la redéfinition du mariage, de la famille et des droits des parents – ni de l'absence de 200 millions de petites filles asiatiques.
La plupart d'entre vous savez comment la loi et la pratique sont formés et manipulés à travers le langage. Les questions environnementales dans les négociations internationales ne s’intéressent pas au fait de planter des arbres mais de tuer des bébés, les infirmes et les vieillards. Il n'y a pourtant pas une seule famille pauvre au monde dont l'index de bonheur puisse augmenter lorsqu'elle se débarrasse de ses bébés ou de ses grands-parents. Les drames du monde et la désespérance que ce langage va fatalement susciter est indicible. Et pourtant tous ces ambassadeurs de la culture de mort sont accueillis en vue de conseiller notre Pape.
La tenue de cette conférence d'une importance vitale au Vatican en ce moment crucial entre les deux synodes sur la famille, en préparation de la publication des Objectifs du développement durable, avec la participation de promoteurs  internationaux de avortement de tout premier plan, est d'autant plus inquiétante si on la juge à la lumière de la plus récente prise de position de Hilary Clinton disant qu’en effet, l’opposition à l'avortement doit cesser d'exister, y compris au sein de l'enseignement de l'Eglise.
Au début de cette année la secrétaire de l'agence de protection de l'environnement de l'administration Obama , Gina McCarthy, s'est rendue au Vatican en vue de coordonnéer leurs objectifs environnementaux avec l'encyclique sur l'environnement en préparation. Lorsqu'elle est arrivée au Vatican, McCarthy a souligné que l'administration Obama est sur la même ligne que le pape François sur le changement climatique.
Liz Yore écrit dans le journal The Remnant que Tim Wirth, ancien chef du contrôle de la population du département d'Etat de Clinton, qui « exposait fièrement un arbre de capotes dans son bureau », faisait partie des hôtes invités par le Vatican cette année..
 Pour conclure : l’idée que l'ONU et l'administration Obama puissent envisager une solution commune avec le Vatican pour répondre aux problème qui agitent le monde moderne devrait déclencher la sonnette d'alarme chez tous ceux qui sont engagés dans le mouvement provie et pro-famille. Il s'agit d'une situation schizophrénique, où l'on recherche une collaboration entre ceux qui considèrent la vie comme un don de Dieu et ceux qui y voient un fardeau pour la planète.
Nous devons rester forts et fidèle à la vérité, au sein de la Vérité et de l’Amour du  Christ, dans cette tempête-ci comme dans les autres. Nous ne devons ni désespérer ni avoir peur, mais nous devons fortifier et fortifier ceux qui nous sont proches afin de confronter ces turbulences dans la prière et avec courage, en insistant par tous les moyens dont nous disposons pour dire que toute discussion autour de l'environnement doit s'enraciner dans la certitude que la famille, correctement définie, est la clef du développement durable, spécialement en ce temps où le synode sur la famille a été appelé par le pape François pour confronter les problèmes auxquels la famille fait face.
Maria Madise
(Traduction : Jeanne Smits.)

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21 mai, 2015

Que s'est-il passé au synode extraordinaire sur la famille ? L’allocution de Matthew McCusker de “Voice of the Family” à Rome le 8 mai

Les 8 et 9 mai s'est tenu à Rome une série de conférences dans la cadre du Forum sur la vie, co-organisé par “Voice of the Family”, LifeSiteNews et Human Life International et, sur place, par “Famiglia Domani”. Je vous propose ici le résumé de ce qui s'est passé au synode extraodinaire d'octobre dernier par Matthew McCusker, membre de “Voice of the Family”, qui met très bien en relief la manière dont on a tenté de manipuler le synode – une entreprise partiellement réussie. – J.S.

Un peu plus tôt cette année, Voice of the Family a eu l'honneur d'accueillir Son Eminence le cardinal Demeurer dans la vérité du Christ à propos du sacrement de mariage, lors d'une réunion à Chester le nord de l'Angleterre.
Raymond Burke, qui a donné une conférence intitulée
Au cours de sa conférence Son Eminence a eu la bonté de rendre hommage au travail de Voice of the Family ; en particulier, il nous a remerciés d'avoir rendu compte avec exactitude des travaux de la session de 2014 du Synode des évêques.
Cette phrase du cardinal Burke met l'accent sur ce qui est sans doute l'élément le plus essentiel du travail de Voice of the Family : la communication de la vérité, à la fois la vérité de l'enseignant de l'Eglise sur les questions relatives à la vie humaine, au mariage et à la famille, et la vérité sur ce qui se passe aujourd'hui dans l’Eglise. La connaissance de la vérité est le fondement de tout jugement prudent et de toute action prudente et efficace.
Dans cette présentation j'ai l'intention de donner un bref aperçu des événements qui ont précédé le synode extraordinaire d'octobre 2014 et de ceux qui l'ont suivi.
 Le 17 mars 2013, quatre jours après son élection au siège de Pierre et au cours de son premier Angélus sur la place Saint-Pierre, le Saint-Père a attiré l'attention sur un livre récemment publié par le cardinal Walter Kasper, et il en a fait un éloge remarqué :
« Ces derniers jours j'ai pu lire un livre par le cardinal le cardinal Kasper – un théologien de talent, un bon théologien – sur la miséricorde. Et il m'a fait beaucoup de bien, ce livre – mais ne pensez pas que je fais la publicité pour les livres de mes cardinaux ! Ce n'est pas le cas ! Mais il m'a fait du bien, tant de bien. »
Cela fait un grand nombre d'années que le cardinal Kasper proposer le changement de l'enseignement d'Eglise sur la réception de la Sainte Communion par les divorcés remariés, et le livre en question, La miséricorde : notion fondamentale de l'Evangile : clé de la vie chrétienne, fait également la promotion de beaucoup de thèses qui posent problème, et qui sont à la racine de ses prises de position en faveur de tels changements.
Parmi ces thèses – mais ce ne sont pas les seules – il y a la manière dont Kasper présente la nature de la justice et de la miséricorde, sa théologie de la justification, et plus gravement encore, sa vision même de la nature de Dieu. Le fait que le pape François ait pu parler de Kasper et de son nouveau livre en de tels termes a gravement préoccupé de nombreux catholiques.
Le 8 octobre 2013 le Saint-Père a annoncé que deux synodes allaient permettre de discuter des questions des défis pastoraux de la famille dans le contexte de l'évangélisation : ce synode devait être organisé par le secrétariat général du Synode avec à sa tête le cardinal Lorenzo Baldisseri. Le 26 octobre de secrétariat a envoyé un questionnaire à toutes les conférences épiscopales invitant les catholiques à tous les niveaux de l'Eglise à faire connaître leur opinion sur les matières relatives au mariage et à la famille.
A peine trois jours plus tôt, le 23 octobre, le préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, son Eminence le Cardinal Gerhard Ludwig Müller avait publié un long article dans l'Osservatore Romano, sous le titre : Un témoignage en faveur de la puissance de la grâce, sur l’indissolubilité du mariage et le débat sur les divorcés remariés civilement et les sacrements.
Cet article prenait la défense de l'enseignement irréformable de l'Eglise selon lequel un mariage sacramentel, ratifié et consommé ne peut être dissous par aucune puissance sur cette terre, tandis que les personnes divorcées qui ont contracté une union civile ne peuvent recevoir ni le sacrement de pénitence ni la sainte communion sans une véritable repentance et l’amendement de leur vie. Cet article de Müller indique clairement son inquiétude à propos de la direction qu’allait prendre le synode, dès ce stade très précoce.
Bien évidemment, le cardinal Reinhardt Marx, président de la Conférence épiscopale d'Allemagne et membre du G9 du pape François a déclaré que le cardinal Müller ne serait pas en mesure « d'arrêter le débat » ; au synode « tout allait être discuté », et à ce moment-là il « n'était pas possible de savoir quel seraient les résultats du débat ».
Il s'agit là d'indicatiosn très précoces montrant que la question de la Sainte Communion pour les divorcés remariés était déjà à l'ordre du jour du synode.
Si un doute subsistait à ce sujet, il a disparu le 20 février 2014 lorsque le cardinal Kasper s'est adressé au consistoire des cardinaux qui avait été réuni dans le but précis de préparer le synode à venir. Dans son allocution il a plaidé pour que les divorcés remariés puissent communiquer sans amender leur vie au préalable, et il a proposé des justifications potentielles au secours de cette pratique. Il dit également ne pas exclure que « le dernier mot serait donné au synode, en accord avec le pape ».
Nombre de comptes-rendus indiquent qu'il y eut une forte opposition à la proposition de Kasper de la part des autres cardinaux présents. Le cardinal Ruini, vicaire émérite de Rome, assure, dit-on, que 85 pour cent des cardinaux présents ont pris le contre-pied de la proposition de Kasper.
Celui-ci eut la possibilité de répondre à ceux qui l’avaient critiqué et il a d'emblée dit clairement qu'il n’agissait pas seul ni de sa propre initiative. Il dit au consistoire sa reconnaissance à l’égard  du Saint-Père, qui lui avait fait confiance en le chargeant de ce rapport. Le père Lombardi, porte-parole du Saint-Siège, déclarait alors à la presse que le Saint-Père avait dit aux cardinaux que le problème de la communion pour les divorcés remariés devait être abordé sans « casuistique ». Le père Lombardi poursuivit en déclarant que l’allocution de Kasper était en « grande harmonie » avec les paroles du pape.
Le lendemain, le pape François devait faire l'éloge appuyé de l'allocution du cardinal Kasper. Il dit :
« Hier, avant de m’endormir, mais non en vue de m’endormir, j'ai lu ou plutôt relu les remarques du cardinal Kasper. Je voudrais le remercier car j’y ai trouvé une théologie profonde, et des pensées de théologie sereine. Cela m’a fait du bien et j’ai eu une idée – et pardonnez-moi si je vous mets mal à l’aise, Eminence, mais l’idée est celle-ci : c’est ce qui s’appelle faire de la théologie à genoux. Merci. Merci… »
Lorsque l’allocution du cardinal Kasper fut publiée sous forme de livre un mois plus tard ces paroles du pape furent publiées sous forme d’approbation sur la quatrième de couverture.
Cependant, si le cardinal Kasper espérait que le soutien public du pape allait empêcher que ses propositions ne rencontrent une forte opposition, il se trompait lourdement.
Au cours des semaines et des mois qui suivirent nombre de publications d’importance allaient prendre de front ses propositions ; la plus significative d’entre elles était un livre cosigné par cinq cardinaux et quatre autres universitaires. Le livre : Demeurer dans la Vérité du Christ, mariage et communion dans l’Eglise catholique, réfutait de manière systématique les arguments mis en avant par le cardinal Kasper.
Kasper lui-même mena une intense campagne en faveur de sa position, donnant de nombreuses et longues interviews aussi bien à des religieux qu’aux médias.
Tout au long de cette période il a clairement affirmé qu’il agissait en accord avec le pape.
Par exemple, le 26 septembre 2014, quelques jours avant l’ouverture du synode, Kasper accorda une interview à Il Mattino où il déclarait :
« Je suis en accord avec lui sur tout. Il était d’accord. Que peut faire un cardinal, sinon être avec le pape ? »
Un peu plus loin, il confirmait de nouveau :
« J’étais d’accord avec le pape, je lui ai parlé deux fois. Il s’est montré content. »
Le Saint-Père lui-même a donné une claire indication de sa propre vision des choses. Dans une interview accordée à un journal argentin peu avant le synode on lui posa une question à propos de Demeurer dans la vérité du Christ. Le journaliste lui demandé si ce livre était pour lui source de « préoccupation », assurant que ce livre était – je cite – « critique quant à vos positions ».
Le Saint-Père ne rejeta pas la suggestion selon laquelle il était en accord avec le cardinal Kasper ; il répondit plutôt : « Chacun a quelque chose à apporter. J’ai même plaisir à débattre avec les évêques très conservateurs, mais bien formés sur le plan intellectuel. »
Il poursuivit :
« Le monde a changé et l’Eglise elle-même ne peut s’enfermer dans des interprétations supposées des dogmes. »
Lors de son sermon d’ouverture du synode le pape François dénonça « les mauvais pasteurs qui font peser des fardeaux insupportables sur les épaules des autres, alors qu’ils ne bougent pas un petit doigt pour les soulever ». Et de poursuivre encore : « Les assemblées synodales ne sont pas faites pour discuter d’idées belles et intelligents, ni pour voir qui est le plus intelligent. »
La première session du Synode se tint le lundi 6 octobre et très rapidement il devint évident que les événements se déroulaient conformément à un ordre du jour préétabli.
De fait, nous avions été mis en garde à ce propos. Le 20 septembre le journaliste Marco Tossati écrivait dans La Stampa qu’un cardinal resté anonyme avait expliqué de quelle manière le synode allait être manipulé en vue d'obtenir le changement de l'enseignement de l'Eglise sur la question de la communion pour les divorcés remariés.
Tosatti donnait les trois éléments de ce plan.
Premièrement : s’assurer que toutes les interventions écrites soient soumises bien à l'avance. C’était déjà fait au moment où l'article de Tosatti a été publié.
Deuxièmement : lire tous les présentations avec attention pour pouvoir s’assurer qu’avant une intervention jugée « problématique » il y eût toujours un autre père synodal pour parler au préalable et répondre aux points qui allaient être soulevés.
Troisièmement, empêcher certains pères synodaux de parler au motif qu’ils avaient dépassé leur temps de parole.
Nous ne savons pas exactement ce qui a été dit dans la salle du synode, car pour la première fois dans l'histoire récente des synodes, les interventions des Pères synodaux restèrent secrètes. Toute communication entre les Pères synodaux et le public se faisait par le truchement de conférences de presse quotidiennes et par des points presse organisés par la salle de presse du Saint-Siège. Des membres de l'équipe Voice of the Family  ont assisté à chacun de ces rendez-vous. Nous sommes tous pleinement d'accord avec l'affirmation du cardinal Burke selon laquelle l'information été manipulée de manière à mettre l'accent sur une seule position, au lieu de rapporter fidèlement les diverses positions qui avaient été exprimées.
Cette manipulation s’est le plus évidemment manifestée dans la relatio post disceptationem publiée à mi-parcours du Synode. Ce document d'étape, supposément basé que les interventions des Pères synodaux, était, pour reprendre les mots du cardinal George Pell, « tendancieux et faussé », et pour reprendre ceux du cardinal Wilfrid Napier, archevêque de Durban, le document était « pour ainsi dire irrattrapable », il « ne correspond en rien à ce que nous disons ».
Ce rapport d'étape à clairement montré que le but des radicaux n'était pas simplement de faire accéder un certain groupe à la communion, mais plutôt de lancer une attaque portant sur l'ensemble de l'édifice de l'Eglise sur les questions de la vie du mariage et de la famille. Faire une analyse complète de ce document dépasse le cadre de cette présentation, mais la situation a été bien résumée par le cardinal Burke :
« Le synode s'est retrouvé entre en train de s'occuper, d'une manière confuse et parfois erronée, de pratiques qui contredisent l'enseignement constant de l'Eglise et sa pratique à l'égard du mariage sacrement du mariage. Je me réfère à des pratiques qui donneraient accès aux sacrements à ceux qui vivent dans un état public d'adultère, et qui justifieraient, d'une certaine manière, la cohabitation conjugale en dehors du sacrement de mariage, et les relations sexuelles entre les personnes de même sexe. »
Il décrivit le rapport d'étape comme « un manifeste, une sorte d'incitation à aborder une nouvelle manière des questions fondamentales de la sexualité humaine au sein de l'Église ».
 Le cardinal George Pell exprimait un point de vue semblable lorsqu’il a expliqué qu'il y avait des éléments radicaux au sein de la hiérarchie qui utilisaient la question de la communion pour les divorcés remariés comme un « cheval de Troie ». Ce qu'ils recherchaient vraiment, dit le cardinal Pell, c'est l'acceptation de la cohabitation et de l’union de couples de même sexe.
Il ne faut pas s'étonner dès lors si les médias du monde entier ont qualifié ce document de « révolution » à l'intérieur de l'Eglise.
Il y eut cependant une opposition significative à ce document parmi de nombreux pères synodaux et cela s'est manifesté lorsque les pères se sont réunis en petits groupes pour discuter autour du texte. Chacun de ces petits groupes devait produire un rapport demandant que des amendements soient apportés.
Le matin du jeudi 16 octobre le cardinal Baldisseri a annoncé que les rapports de ces petits groupes ne seraient pas publiés, ce qui constituait une nouvelle rupture par rapport à la pratique antérieure. Son annonce a provoqué un tollé au sein de la salle du synode. Les comptes-rendus indiquent qu'un nombre significatif de Pères synodaux, conduits par le cardinal Pell, demandaient que les rapports soient publiés, ce qui a été accordé dit-on, par un hochement de tête du Saint-Père après quelque quinze minutes.
Le cardinal Burke a expliqué combien la publication de ces rapports était nécessaire : « Il était essentiel que le public puisse connaître, à travers la publication de ce rapport, que la relatio est un document qui comporte de graves irrégularités et n'exprime pas de manière correcte l'enseignement et la discipline de l'Eglise et même, sous certains aspects, elle propage l'erreur doctrinale et une approche pastorale fausse. »
La publication des rapports des petits groupes a permis d’assurer le report d'amendement significatifs dans le texte du rapport final du Synode. La relatio synodi finale contient de nombreuses réaffirmations de l'enseignement catholique sur une partie des questions clef, mais pas sur toutes.
Ainsi le rapport d’étape déclarait que « les unions entre personnes de même sexe ne peuvent pas être mises sur le même pied que le mariage entre l'homme et la femme ». Cette déclaration pouvait évidemment être interprétée comme voulant dire qu'il y avait au moins une manière de les considérer comme légitimes.
Le rapport final d’un autre côté, cite l'enseignement antérieur de l'Eglise lorsqu'il dit qu’« il n'y a absolument aucune raison pouvant justifier que l'on considère les unions homosexuelles comme ressemblant de quelque façon que ce soit, fût-ce par une analogie lointaine, au plan de Dieu pour le mariage et la famille ».
Bien que ces modifications soient évidemment très positives Voice of the Family considère que les deux document son essentiellement entachés des mêmes problèmes de fond et que la relation synodi, bien qu'améliorée, demeure inacceptable.
Nous savons, parce que le cardinal Baldisseri l'a confirmé, que le Saint-Père a lu et approuvé tous les documents produits à toutes les étapes du processus synodal.
Le synode extraordinaire sur la famille s'est achevé le samedi 18 octobre dans son allocution finale au Pères synodaux le pape François a condamné ce qu'il a pu appeler :
« La tentation du raidissement hostile, c’est-à-dire vouloir s’enfermer dans ce qui est écrit (la lettre) et ne pas se laisser surprendre par Dieu, par le Dieu des surprises (l’esprit) ; à l’intérieur de la loi, de la certitude de ce que nous connaissons et non pas de ce que nous devons encore apprendre et atteindre. Depuis l’époque de Jésus c’est la tentation des zélés, des scrupuleux, des attentifs et de ceux qu’on appelle – aujourd’hui – “traditionalistes” et aussi des intellectualistes. »
Il critiquait ensuite les défauts de ceux qu'on appelle les progressistes et libéraux, qu’il accusait de panser les plaies sans d'abord les guérir et de traiter les symptômes et non pas les causes et la racine des problèmes des gens. Mais il revenait ensuite sur ceux qui, je cite, « transforment le pain en pierre et le jette contre les pêcheurs, des faibles, les malades, en le transformant en fardeau insupportable ».
Il est compréhensible, vu le contexte de ces remarques et le contenu des débats au cours du Synode, que de nombreuses personnes aient pu interpréter les paroles du Saint-Père comme une critique à l'égard de ceux qui défendent la doctrine catholique face à la menace du plan radical mis en avant par le cardinal Kasper et d'autres prélats de haut rang.
Je conclus en citant cette courte réflexion du cardinal Burke lors d'une interview donnée au Catholic News Service après la fin du synode : « En peu de temps combien sommes-nous descendu, combien nous sommes-nous éloignés de la vérité de notre foi et de la vérité de la loi morale dans la société en général. Mais le fait que cette que ce type de questions soient aujourd'hui sérieusement en discussion au sein de l'Église devrait nous choquer tous, et nous éveillé à la nécessité, aujourd'hui, de donner un témoignage héroïque de la vérité et de l'indissolubilité du mariage face aux attaques qui émanent de l'intérieur de l'Eglise elle-même. »
Il poursuivait : « Le fait même que matières aient fait l’objet de discussions et aient été remises en question par les présidents de conférences épiscopales, par les chefs des dicastères de la Curie romaine, et par d'autres personnes spécialement nommés par le Saint-Père pour le synode, a été la cause d'une confusion terrible et pourrait même induire les fidèles en erreur à l'égard de renseignements sur le mariage et à l'égard d'autres renseignements. Depuis la fin du Synode la confusion au sein de l'Église ne fait que se renforcer et les menaces contre la famille se sont étendues. »
Matthew McCusker
(Traduction : Jeanne Smits.)

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20 mai, 2015

Pays-Bas : la cour d'appel d'Arnhem relaxe Albert Heringa, un particulier qui a euthanasié sa mère en 2008


Par une décision d’appel – susceptible de cassation – la cour d’Arnhem, aux Pays-Bas, a jugé qu’Albert Heringa, accusé d’avoir euthanasié sa mère au mépris de la loi néerlandaise qui réserve cet acte aux médecins, devait échapper à toute sanction, au motif qu’il a agi dans une « situation d’urgence », en conformité avec sa propre conscience de son devoir. Ce sentiment de son devoir, ajoute la cour, a pesé plus lourd, à juste titre, que l’interdiction légale. Albert Heringa, 74 ans, s’est dit « très heureux ».
L’affaire remonte à 2008. Cette année-là, la maman de Heringa, « Moek », avait 99 ans. Elle n’était pas malade mais aveugle et n’avait plus envie de vivre, jugeant sa souffrance trop importante et sans espoir d’amélioration. Son médecin avait refusé de l’euthanasier : elle s’était alors tournée vers son fils qui s’est jugé habilité à agir dans le cadre de la loi autorisant l’euthanasie, malgré le fait que celle-ci réserve au médecin le droit de tuer un patient qu’il juge victime de souffrances insupportables et sans perspective d’amélioration. Il avait notamment était poussé à agir par le fait que sa mère s’était mise à mettre de côté ses médicaments pour prendre une surdose lorsqu’elle en aurait suffisamment – mais il a été établi que cette surdose ne l’aurait pas tuée, elle aurait simplement aggravé son état de santé.


Albert Heringa avait pris la précaution de respecter les critères de la loi d'euthanasie, dit le jugement de relaxe

Heringa a pris la précaution de respecter les modalités de la loi – en dehors de la présence d’un médecin – et d’enregistrer ses faits et gestes, filmant la manière dont il avait administré des médicaments contre le malaria, des somnifères et des anti-vomitifs à sa mère qui est morte, ainsi, d’empoisonnement. Ses enregistrements ont fait l’objet d’un documentaire, Le dernier vœude Moek, qui a été diffusée par une télévision néerlandaise en 2010. Une « transparence » dont les juges ont tenu compte.
Le ministère public ne pouvait laisser passer une telle transgression. Elle a poursuivi le septuagénaire malgré son « intention droite » en l’accusant de n’avoir pas respecté les exigences de la loi. En première instance Heringa a été déclaré coupable mais dispensé de peine. Le ministère public fit appel, réclamant une peine de trois mois de prison avec sursis. La cour d’appel n’a pas voulu suivre, au motif, donc, que Heringa s’était trouvé dans une situation d’urgence, et en outre parce qu’il aurait respecté tous les critères de la loi d’euthanasie. Il a été purement et simplement relaxé.
Décision pour le moins étrange, puisque justement l’accusé n’a pas tenu compte de l’exigence centrale de la loi quant à l’exécution de la mise à mort par le médecin. Les juges ont davantage encore tordu la lettre de la loi qui n’excuse l’euthanasie que dans le cas où il n’y a pas d’autre « solution raisonnable » pour soulager des souffrances : il s’agit de trouver des moyens médicaux qui permettent d’éviter l’euthanasie. En l’occurrence, la « solution raisonnable » a été interprétée comme la possibilité de trouver un médecin prêt à pratiquer l’euthanasie, et c’est parce qu’il n’en a pas trouvé que Heringa a été relaxé.

Le ministère public des Pays-Bas a critiqué la décision de la cour d'appel d'Arnhem


D’ores et déjà, le ministère public néerlandais a publié un communiqué affirmant que « l’assistance au suicide selon les conditions fixées par la loi d’euthanasie est et reste, aux yeux du procureur, une tâche exclusivement réservée au médecin ». On s’attend à un pourvoi en cassation, ce qui empêche de donner pour définitive le nouveau dérapage judiciaire en faveur de l’euthanasie « privée ».
La NVVE (association néerlandaise pour une fin de vie volontaire) a salué la décision comme « un pas dans la direction où nous souhaitons aller » : « De nombreuses personnes qui considèrent leur vie achevée veulent être aidées par des proches », a expliqué Fiona Zonneveld.
Même sans être définitive, la décision de la cour d’appel d’Arnhem apparaît comme révolutionnaire. Car ce n’est pas seulement le court-circuitage du médecin qui est à noter dans cette affaire, mais encore la justification de l’euthanasie sur une personne qui était simplement « fatiguée de vivre », un cas que la loi ne prévoit nullement. S’il est vrai que les commissions régionales de contrôle de l’euthanasie acceptent sans rechigner de fermer les yeux sur des actes euthanasiques pratiqués sur des vieillards souffrant de multiples affections pénibles, rien ne le justifie en droit et encore moins lorsque celui qui exécute l’euthanasie se borne à mettre en œuvre la demande d’une proche.


La cour d'appel a justifié une euthanasie pratiquée par un particulier alors que la loi la réserve au médecin

La cour est allée jusqu’à dire que Heringa aurait dû vivre avec un « sentiment de culpabilité jusqu’à la fin de ses jours » s’il n’était pas passé à l’acte.
Ce qui a changé depuis 2008, c’est bien cette ouverture croissante des médecins à l’euthanasie : en 2011, la fédération professionnelle des médecins néerlandais, KNMG, a déclaré que le cadre de l’euthanasie légale dépasse celui des cas purement médicaux, la souffrance « sans perspective et insupportable » pouvant être le résultat d’autres causes. Est-ce à dire que la « situation d’urgence » reconnue à Heringa n’existerait plus aujourd’hui ? D’autant qu’aujourd’hui la Clinique de fin de vie se charge – goulûment – de ces cas dont les médecins de famille ne voudraient pas ?
Il n’empêche : c’est une nouvelle brèche ouverte en faveur de l’euthanasie, et une bonne nouvelle pour les proches peu scrupuleux qui peuvent avoir avantage à pousser leurs vieillards vers la sortie.

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19 mai, 2015

Inde : Aruna Shanburg, le Vincent Lambert de Bombay, est morte naturellement, pleurée par ses infirmières

Aruna Shanbaugh avant son agression
Aruna Shanbaug, l’infirmière indienne qui a été au centre d’une demande d’euthanasie lancée par une « amie » partisane du « droit de mourir dans la dignité », est morte de sa mort naturelle à 67 ans ce lundi après 42 ans dans un état dit « végétatif », aimée et soignée jusqu’au bout.
Son cas avait défrayé la chronique en 2011 alors que l’écrivain et militante indienne de l’euthanasie, Pinki Virani, avait saisi la justice pour qu’Aruna cesse de recevoir hydratation et nourriture et qu’on la « laisse mourir »  pour la libérer de ses souffrances au bout de 37 ans de « coma », comme le disent les grands médias anglophones. « Laisser mourir » est en l’occurrence un euphémisme qui cache une réalité violente : on la demande pour des patients qui ne sont pas malades et qui, avec des soins de base, n’ont aucune raison de mourir. C’est la privation de nourriture et de l’hydratation qui provoque la mort : une mort de faim et de soif.
Dans cette affaire qui rappelle celle de Terri Schiavo aux Etats-Unis et celle de Vincent Lambert en France – toujours pendante devant la Cour européenne des droits de l’homme – on a affaire à une personne qui malgré son handicap profond n’est pas abandonnée de ses proches, ou du moins une partie d’entre eux. Dans le cas d’Aruna Shanbaug, la Cour suprême de l’Inde avait pris en 2011 une décision de principe autorisant « l’euthanasie passive » pour les patients se trouvant dans sa situation mais sans l’appliquer à l’intéressée, au motif que Pinki Virani n’avait pas qualité pour demander qu’elle meure.

Comme Vincent Lambert, Aruna Shanbaug a été décrétée en “état végétatif”

Les « proches » d’Aruna auront été ceux qui l’ont défendue et soignée sans relâche, et qui aujourd’hui pleurent sa mort comme celle d’un être cher, et non comme l’arrêt d’une mécanique corporelle qui ne serait qu’une coquille vide depuis l’entrée de la jeune femme dans son « coma » il y a 42 ans – comme l’a déclaré pourtant Pinki Virani à la presse indienne.
Aruna n’avait que 25 ans lorsqu’elle a subi l’agression qui l’a laissée tétraplégique et dans un « état végétatif permanent, comme le dit la presse, ou dans un état de conscience minimale, comme le constatent ceux qui la soignaient. Elle était infirmière au King Edward Memorial Hospital de Mumbai (Bombay) ; elle s’était éclipsée dans un local pour se changer, le soir du 27 novembre 1973. Un balayeur l’avait suivie, l’avait étranglée avec une chaîne pour chiens et l’avait violée en la sodomisant ; puis l’avait laissée pour morte. Lorsqu’elle fut retrouvée – le lendemain seulement – les médecins constatèrent que par manque d’oxygène, son cerveau avait été gravement abîmé, notamment son cortex.
Son fiancé – un médecin du même hôpital – devait l’attendre quatre ans. Mais son état n’évolua pas. Il quitta le pays, s’établit et se maria à l’étranger.

Aruna Shanbaug a été soignée le mieux possible jusqu'à sa mort naturelle

Depuis lors, Aruna Shanbaug est restée au KEM Hospital dans une petite chambre individuelle où le personnel soignant lui prodigua toute l’attention, l’affection et la sollicitude possible. La famille lui rendait souvent visite, mais peu à peu sa présence se fit moins soutenue et la dernière sœur de la patiente mourut en 2013.
Qu’importe : les infirmières, les aides soignantes se succédaient quotidiennement au chevet d’Aruna ; ce sont elles qui se sont mobilisées pour empêcher sa mise à mort en se portant devant la Cour suprême pour contrer l’initiative de Pinki Virani.
Un premier épisode de pneumonie fut jugulé en 2013, mais la semaine dernière, Aruna Shanbaug a contracté une nouvelle infection pulmonaire. Loin d’abandonner la patiente, le personnel médical de KEM Hospital lui a administré des antibiotiques et l’a mise sous ventilation artificielle. Mais Aruna est partie lundi matin, sa vie était vraiment arrivée à son terme.
A-t-elle vécu pendant ces 42 années où elle était clouée dans son lit, incapable de parler, une affreuse « torture » comme le soutiennent les partisans de l’euthanasie ? Pour les infirmières de KEM Hospital, certainement pas. Elles sont nombreuses, encore en activité ou parties à la retraites, qui ont défilé dans la minuscule chambre d’hôpital où elle était restée depuis le début, pour rendre leurs derniers hommages à Aruna, pleurant celle qui avait été pour elles autant une amie qu’une source d’inspiration.
Aruna Shanbaug, “la pierre d'angle de notre vie d'infirmières”
« Elle était la pierre d’angle de notre vie d’infirmières. C’est auprès d’elle que nous cherchions l’inspiration, à travers son combat et à travers sa vie. Nous fêtions ses anniversaires, nous lui donnions du curry de poisson et de la purée de pulpe de mangue, qu’elle aimait bien », raconte l’infirmière en chef, Anuradha Parade. Shanti Tai, qui s’occupait quotidiennement d’Aruna, ajoute comment on lui apportait des fleurs : « Elle souriait et hochait la tête quand elle sentait la fragrance des fleurs. Aruna n’a jamais été une patiente pour nous, mais un membre de la famille, une sœur qui a enfin trouvé le repos. »
L’ancien doyen de l’hôpital, le Dr Pradnya Pai, avait l’habitude quant à lui de parler à Aruna dans sa langue natale, le Konkani ; il lui lisait des histoires et lui racontait des blagues, et lui montrait des photos de son enfance pour l’aider à raviver ses souvenirs. Il faisait aussi le cerbère, écartant de la petite chambre les curieux et surtout les inconnus : Aruna tremblait et paniquait dès qu’un homme inconnu entrait dans la chambre…
De nombreuses infirmières ont assisté à la crémation d’Aruna, pleurant son départ lors d’une cérémonie empreinte d’émotion. Ce n’est pas une morte-vivante qu’elles ont accompagnée pour son dernier voyage…
Aruna n’a pas obtenu justice face à son prédateur, qui a pris sept ans pour vol et tentative de meurtre (il a été libéré au bout de six ans). Sohanlal Bharta Valmiki n’a pas été condamné pour viol parce que le rapport médical de l’agression de sa victime montre qu’elle a été sodomisée, ce qui ne correspond pas à la définition indienne du viol…
Mais elle a obtenu le respect de sa vie, jusqu’au bout, dans une bienveillance réelle de la part de soignants qui ont compris qu’elle n’a jamais cessé de leur rendre bien pour bien en les amenant à donner le meilleur d’eux-mêmes.

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24 avril, 2015

Espagne : le cardinal Cañizares se dit « blessé, peiné et surpris » par la « mini-réforme » de l’avortement

Le cardinal Cañizares (photo : Catholic News Agency).
L’archevêque de Valence, en Espagne, le cardinal Antonio Cañizares, a critiqué ce qu’il appelle la « mini-réforme » de l’avortement votée en première lecture par les Cortes à la demande du gouvernement. Elle se borne à rétablir le principe du consentement parental pour les avortements sur mineures de 16 et 17 ans (avec décision finale par le juge en cas de désaccord), laissant en vigueur la loi Aido votée sous Zapatero. Le cardinal s’est dit « très blessé, peiné et surpris, tout simplement dans ma condition d’homme de foi, de raison, et en tant que citoyen d’un pays comme le nôtre ».
« Nous devons dire “oui” à l’homme si nous voulons qu’il y ait un avenir », lance le prélat dans sa tribune hebdomadaire dans La Razón, où il appelle les « juges, les experts des lois, médecins et penseurs » à « se manifester pour prendre la défense de l’homme, de ces enfants qui ne naîtront pas, et qui comptent pour si peu dans la loi en vigueur, qui est au fond, d’une certaine manière, confirmée par la réforme minime que le Partido Popular introduit dans son contenu. »
La mini-réforme à « déconcerté » un grand nombre de personnes de manière « notable ». Le cardinal Cañizares évoque les « conséquences imprévisibles » de la mini-réforme. « On ne joue pas avec le droit à la vie, il n’est pas négociable », a dit celui qui porte le sobriquet de « mini-Ratzinger » en raison de sa petite taille et de sa grande clarté d’expression et sûreté de doctrine.
Imagine-t-on pareille franc-parler de la part de la hiérarchie catholique en France à propos de l’« IVG » ? Le cardinal Cañizares accuse vivement le gouvernement de Mariano Rajoy, affirmant que celui-ci, « en oubliant ses principes, en se dédisant par rapport à des gestes antérieurs, revenant sur ses promesses électorales, a approuvé une réforme minime, plus réelle qu’apparente (sic), de la loi en vigueur qui consacre le droit à l’avortement ».
Rappelant que ce même gouvernement l’avait en son temps jugée « inconstitutionnelle », le cardinal souligne que Rajoy et les siens avaient souligné alors « qu’on le veuille ou non, l’avortement a à voir avec la mort violemment provoquée d’un être humain innocent, fragile et sans défense : l’enfant ».
« Avec l’avortement provoqué on ne construit rien, on ne guérit rien, on n’engendre ni vie ni santé, on ne fait que détruire un être humain, tout en sapant les fondements même de la société formée par des êtres vivants sur la base d’un état de droit », renchérit le cardinal Cañizares.
« Il n’existe pas et il ne peut exister aucun droit à éliminer la vie, ni la sienne propre ni encore moins celle d’autrui, et d’autant moins que celui-ci est innocent, faible et sans défense », affirme-t-il encore en rappelant les paroles vigoureuses du PP contre la loi Aido qu’aujourd’hui la mini-réforme « consolide ».
« J’ignorais totalement que le Partido Popular eut changé de manière aussi radicale à l’égard d’un texte qu’il avait réprouvé en son temps et qui appartient à l’idéologie de l’opposition. L’avortement, il faut l’affirmer encore une fois, constitue la violation du droit le plus fondamental et sacrosaint des Droits de l’Homme : le droit à la vie, ancré au plus profond de la dignité inviolable de tout être humain, base de la coexistence des hommes, base de la société », écrit-il.
« L’avortement viole le “tu ne tueras pas” absolu inscrit au cœur de la nature humaine et qui appartient à la “grammaire commune” de l’être humain : l’avortement est la défaite de l’humanité, de l’état de droit et de l’Etat démocratique, de la médecine, de la justice – de tous en un mot. »
Le cardinal Cañizares prévoit les « graves conséquences » de la sanction de la loi sur l’avortement par le gouvernement au pouvoir en Espagne : « Entre autres, un relativisme brutal – véritable dictature – qui dévore et qui mine le ciment éthiqiue de la coexistence sociale, qui mène vers un horizon de vie et de sen ou rien n’est vrai, bien et juste en soi, et qui engendre une mentalité incapable de percevoir ce qui correspond à la nature, ce qui est objectif et valide en soi et pour soi, incapable d’appréhender des principes stables et universels. »
Cette loi qui prétend instaurer la liberté finit par refuser la liberté de conscience, poursuit le cardinal Cañizares : « On y retrouve aussi l’“idéologie du genre” (…), une véritable révolution culturelle où bien peu de choses restent debout. »
« Je ne peux pas me taire », conclut le cardinal, au nom de son « honnêteté intellectuelle » et de sa loyauté à l’égard de ceux qui exercent le pouvoir, mais aussi du « peuple » d’Espagne qui comme tous les autres, a besoin de vérité – et qui a la chance de l’entendre proclamer.

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