19 avril, 2017

Vidéo : l'enquête d'Armel Joubert des Ouches sur les livres pornographiques imposés dans le secondaire

A voir d'urgence, et à partager ! Ce reportage donne la parole à des jeunes brisés, fracassés par des lectures malsaines imposées même dans des écoles catholiques sous contrat. Leur souffrance accuse les responsables de ces écoles… Mais le scandale continue.

Je m'honore d'avoir participé, modestement, à la réalisation de cette enquête. Je sais que pour les jeunes filles qui ont parlé, courageusement, de ce qu'on les a obligé à lire et à faire, leur témoignage a eu des effets bénéfiques : enfin elles étaient reconnues comme victimes d'une injustice, d'une agression insupportable. La vérité rend libre !


La vidéo est également disponible sur le site Reinformation.tv (C'est par ici ) avec lequel ce blog est désormais en partenariat. « RITV » diffuse quotidiennement des informations écrites originales, et aussi, régulièrement, des reportages video de très belle qualité.


• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner


© leblogdejeannesmits


05 avril, 2017

Fatima : on pourra célébrer une messe votive traditionnelle du Cœur Immaculé de Marie le 13 mai

Eu égard à la dévotion de nombreux fidèles attachés à la forme extraordinaire du rite romain pour la Bienheureuse Vierge Marie de Fatima, la commission Ecclesia Dei a décidé de marquer le centenaire des apparitions par l'autorisation accordée de célébrer, le 13 mai 2017, une messe votive du Cœur Immaculé de Marie, avec le propre du 22 août.

L'autorisation est donnée à tous les prêtres de rite latin, qu'ils soient séculiers ou réguliers.

La lettre signée par le cardinal Müller et par Mg Guido Pozzo, président et secrétaire de la Commission, précise que cette autorisation est donnée pour « ranimer la dévotion des fidèles chrétiens envers la Bienheureuse Vierge Marie de Fatima ».

Voici le fac-similé de la lettre :



Via Laurence England.

Addendum : Le forum catholique avait donné l'info en début d'après-midi, je ne l'avais pas vue, c'est par là, avec une discussion !

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner





© leblogdejeannesmits



03 avril, 2017

Persécution : Stéphane Mercier licencié de la catho UCL pour son argumentaire contre l'avortement

Stéphane Mercier, chargé de cours à l'Université catholique de Louvain-la-Neuve, a bien été licencié de l'UCL parce qu'il a fait lire son argumentaire philosophique contre l'avortement à plusieurs centaines d'étudiants de première année.

La sanction est tombée vendredi soir, UCL observant la plus grande discrétion à propos de cette mesure totalitaire.

Le licenciement est immédiat, effectif depuis le 1er avril et a été prononcé sans la moindre motivation. Et non, il ne s'agit pas d'une blague de 1er avril, je tiens l'information de l'intéressé lui-même.

Stéphane Mercier m'a accordé un long entretien qu'on peut lire ici sur reinformation.tv.

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner




28 mars, 2017

Alt-right et Richard Spencer : la « nouvelle droite » des Etats-Unis est tout sauf chrétienne et provie

Alt-right : la « nouvelle droite » des Etats-Unis est tout sauf chrétienne et provie
Richard Spencer, théoricien de l’alt-right (« droite alternative) aux Etats-Unis vient de faire des déclarations sur l’avortement prouvant que la nouvelle droite américaine est tout sauf chrétienne et provie. C'est ce qu'on peut lire dans un vigoureux éditorial publié par LifeSiteNews sous la plume de Jonathon van Maren. Un bref coup d'œil sur son site, altright.com – avec notamment cette mise en garde contre la « tentation provie » – permet de voir quelle est l'orientation de cette tendance politique fascinée par la race blanche, la force, et une bonne dose de folklore identitaire nietzschéen.

 Une certaine droite française se passionne pour le mouvement américain de l’« alt-right » qui se raccroche, en se donnant des airs de locomotive, à la victoire de Donald Trump dont il se présenterait volontiers comme le théoricien. On a pu lire ainsi dans Présent, le 17 février dernier, un entretien avec le diplomate croate Tomislav Sunic, un homme qui connaît bien le leader, Richard Spencer. Sunic présente l’éditeur et le meneur politique comme un véritable opposant du « Système ». Spencer, qui a selon lui « subi l’influence considérable » d’Alain de Benoist, notamment, est, comprend-on, diabolisé par les grands médias. Richard Spencer, décrit comme « suprémaciste blanc » par ces médias, apparaît dans l’entretien comme l’ombre derrière le média Breitbart et son fondateur Steve Bannon, et Trump.

L’alt-right proclame sa haine du combat provie


Interrogé sur ce fait, Sunic répond, l’air de rien : « Officiellement non. Le site Breitbart dirigé par Stephen Bannon, qui fut d’autre part le chef de la campagne présidentielle de Trump, doit garder une dose d’autocensure, et évidemment prendre officiellement ses distances vis-à-vis de l’Alt-Right. Il n’empêche que Bannon et l’actuel président Trump ont été accusés par les grands médias de sympathies fascisantes, d’être complices de l’Alt-Right  de Spencer, et même d’avoir normalisé dans leurs discours l’ascendance médiatique des “supremacistes blancs” et autres bêtes immondes blanches. »

Entre les « officiellement non » et les « accusés de » on s’y perd un peu, mais le cœur y est : les alt-right et leur leader Richard Spencer – éditeur en anglais du « Raspoutine de Poutine », le gnostique Alexandre Douguine, théoricien de l’eurasisme – sont présentés comme les têtes pensantes derrière le pouvoir américain actuel. Il est évidemment permis de rester sceptique. Ce qui est sûr, c’est qu’on est face à une mouvance qui rejette ouvertement, tout comme la Nouvelle droite, l’héritage catholique pour aller puiser plus loin dans l’obscurité assumée d’une force occulte venue des âges.
Dans son éditorial de LifeSite, van Maren accuse Spencer de vouloir s'accaparer le mouvement conservateur en chantant les louanges de Trump, tout en promouvant les « bizarres théories raciales qui ont donné naissance au Troisième Reich ». Danger !

La nouvelle droite version Etats-Unis ne conçoit la vie que par rapport à la communauté
Dans une récente vidéo, Spencer est venu au secours de Tomi Lahren, l'étoile montante des médias trumpistes qui a choisi The Blaze pour expliquer pourquoi elle est « pro-choix » : « Je suis pour le gouvernement restreint, alors je ne peux pas me tenir ici de manière hypocrite en disant que je suis pour le gouvernement restreint, mais que le gouvernement doit décider ce que les femmes doivent faire de leur corps. Ne touchez pas à mes armes, et vous pouvez également éviter de toucher à mon corps. » La défense de l'avortement par Lahren est particulièrement stupide : comme si l'interdiction de tuer relevait de l'étatisme.

La blonde Tomi a bien plu à Spencer qui voit en elle le possible « espoir » de l’alt-right. Et d'expliquer que certains membres de son mouvement veulent croire que la « croisade contre l'avortement est essentiellement traditionaliste, visant à faire prendre aux femmes la responsabilité de leurs enfants, histoire d'obliger les femmes à devenir mères qu'elles le veuillent ou non. » « Il me semble que lorsque nous pensons à l’avortement nous pensons souvent à ces femmes carriéristes qui sans lui feraient partie d’une famille mais qui préfèrent se faire avorter par égoïsme et cupidité. Il n'en est rien. Ces femmes de carrière, très intelligentes, se feront avorter à l'occasion, mais pour être honnête, elles ont recours à la contraception et elles évitent la grossesse, voilà ce qu'elles font… Les gens qui se font avorter sont très souvent noirs ou hispaniques, ou de milieux très pauvres, pour être honnête. »

L’alt-right de Richard Spencer justifie la contraception… pour les Latinos


Et ce serait donc moins grave. La preuve ? La suite de la vidéo :

« Et ainsi la croisade anti-avortement devient cette croisade pour les “droits de l'homme”. Et si vous regardez ce qu'écrivent des gens comme Ramesh Ponnuru (National Review) tout cela est directement associé avec ceci… Que chaque être qui est humain à un droit à la vie et ainsi de suite. Et bien, ce n'est pas notre manière de penser, à nous identitaires, pour être honnête. Vous faites partie d'une communauté, vous faites partie d'une famille, vous faites partie d'un collectif. Vous n'avez pas un quelconque droit de l'homme, une chose abstraite qui vous aurait été donnée par Dieu ou par le monde ou quelque chose comme cela. Vous faites partie d'une communauté et c'est là que vous obtenez votre signification et vos droits. La croisade anti-avortement est souvent associée avec la famille, la famille traditionnelle, mais pour être honnête cela s'est dégradé non seulement en dogme des droits de l'homme mais dans une sorte de dogme dysgénique du genre “nous sommes le monde”. »

Derrière le délire, on devine le totalitarisme. Pour l’alt-right, il n'y a pas de droits individuels et d'ailleurs il n'y a pas de Dieu, observe van Maren. Et il rappelle opportunément le sens du mot dysgénique : « C'est la promotion de caractéristiques indésirables par la licence donnée aux “spécimens inférieurs” de se reproduire. »

La « tentation provie » et les mouvements chrétiens rejetés par Richard Spencer


Notant avec désapprobation que la « propagande provie » dénonce le « génocide des Noirs », Richard Spencer affirme que pour les « alt-right ou identitaires », il est impossible d’aborder la question dans une optique binaire, « bien-mal ».

« Il nous faut envisager la question de l’avortement d’une manière compliquée, ainsi que la question le mérite », explique-t-il. Sa démonstration est étrange. Il pense que la contraception a eu de mauvais effets pour le monde et s'explique ainsi : « Les gens intelligents ont recours au planning familial parce que naturellement ils décident sur le long terme… ils ne vont pas simplement avoir des relations sexuelles sans capote et provoquer des grossesses, etc. En un sens la contraception a été terriblement dysgénique au sens que seules les personnes intelligentes s'en servent vraiment. Les gens intelligents utilisent l'avortement dans une situation comme la trisomie 21 ou lorsque la santé de la mère est menacée. Je dirais que ce sont les gens inintelligents et les Noirs et les hispaniques qui utilisent l'avortement comme moyen de contrôler les naissances, une sorte de contraception tardive. »
Traduisez : le problème de la contraception, c'est qu'elle n’est pas employée par ceux qui devraient l'employer. Mais les Blancs sont tellement intelligents qu'ils en arrivent à ne pas remplacer leur propre population…

Les alt-right aux Etats-Unis fascinés par Douguine et de Benoist


De fait, Richard Spencer affirme expressément que « nous devons reconnaître ce potentiel, à la fois pour le bien et pour le mal au sein de la contraception elle-même : elle peut être d'un très grand avantage pour notre peuple, pour notre race, ou bien elle peut être d'une très grande nocivité. La contraception a été très nocive car précisément les gens qui ne devraient pas y avoir recours l'utilisent. Nous voulons que les gens intelligents aient plus d’enfants. Et j'aimerais bien parfois que les gens intelligents prennent un peu plus de risques. Ne planifiez pas. N'utilisez pas le préservatif. Ce que je dis, au fond, c'est que l'avortement est une question beaucoup plus compliquée que cette logique binaire du bien ou du mal que veulent utiliser le mouvement provie et le mouvement chrétien. Nous devons être plus adultes qu'ils ne le sont. »

Et il enfonce le clou : « Nous devons reconnaître que le mouvement provie n’est pas l’alt-right, qu'il n'a rien de commun avec les identitaires, et je crois que nous devons vraiment nous méfier de ceux qui pensent en termes de droits de l'homme et qui s'intéressent à l'adoption d'enfants africains pour les amener dans ce pays et qui se font embobiner par ce discours. Nous voulons être un mouvement qui s'intéresse aux familles, et à la vie au sens le plus profond, pas simplement les “droits” mais vraiment la vie grande, et la grandeur, et les familles belles, florissantes, productives. Nous voulons être eugéniques au sens le plus profond du mot. Les provie veulent être des promoteurs bruyants des droits de l’homme multiraciaux, radicalement dysgéniques, égalitaires – ils ne sont pas nous. »
Ne pas comprendre qu'il s'agit là d'une glorification de la race, de la race blanche et d'ailleurs de la race blanche sans scories comme les trisomiques, c'est se leurrer sur les objectifs de l’alt-right – et oublier ce que signifie, à l’inverse, être chrétien. Voilà la contraception et l’avortement justifiés pour autant qu’ils contribuent à diminuer le nombre des non-Blancs…

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner

© leblogdejeannesmits



27 mars, 2017

“Le blog de Jeanne Smits” en partenariat avec Reinformation.tv

Chers amis lecteurs de ce blog,

Un emploi du temps beaucoup trop rempli a rendu ce blog très épisodique, alors même que l'actualité « provie » – et, hélas, « pro-mort » – n'a jamais été aussi fournie.

Je publie désormais des articles sur ces thèmes qui me sont chers sur le site reinformation.tv, que je vous invite à découvrir.

Je mettrai en ligne ici des informations originales, ainsi que des analyses, dont certaines paraîtront également sur « RITV » ; d'autres seront d'abord postées sur RITV et je les reprendrai ici et vous les retrouverez comme toujours par le biais de ma lettre quotidienne d'informations, avec un renvoi vers RITV au titre de ce partenariat.

Je vous signalerai également d'autres informations d'intérêt sur ce site.

Merci de votre confiance, de votre fidélité, et de votre patience.

Merci surtout de votre intérêt pour ces sujets cruciaux. De toute ma carrière de journaliste, je n'ai jamais vu une telle intensité dans l'offensive contre le respect de la vie, de la famille, de nos nations, de notre foi.

Pour ma part et au modeste niveau qui est le mien, je veux faire mon possible pour que les mensonges, les fausses solutions, les idéologies infernales soient démasquées.

En ce centenaire de 1917, confions tout cela à Notre Dame de Fatima.

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner




© leblogdejeannesmits


Journée internationale du bonheur et ODD : l’ONU propose l’idéal Schtroumpf

Le saviez-vous ? Le 20 mars, nous fêtions la « Journée internationale du bonheur », nouveau gadget de l'ONU mis en place à la suite d'une résolution de l'Assemblée générale en 2012 à partir de l'idée que chacun a « droit au bonheur ». L'initiative est fortement liée à la réalisation des Objectifs du développement durable (ODD) que l'on pourrait résumer en quelques mots : réduction des inégalités par l'alignement des niveaux de vie à travers le monde (ce qui implique la décroissance dans les pays riches), lutte contre le « changement climatique », et imposition de l'égalité de genre à travers, notamment, le droit à la « santé sexuelle et reproductive » qui en langage onusien, renvoie à l'accès à la contraception et à l'avortement légal. Cette année, l'ONU a dévoilé un peu davantage la réalité de ces objectifs en proposant d'idéal Schtroumpf. Rien de moins.
Ce lundi, les acteurs américains qui ont donné leur voix aux petits êtres bleus dans le film d'animation Les Schtroumpfs et le village perdusur les écrans français le 5 avril prochain – rejoindront des responsables de l'ONU, de l'Unicef et de la fondation des Nations unies à l’Empire State Building à New York pour marquer l'événement, qui verra le gratte-ciel éclairé en bleu. La campagne « Petits Schtroumpfs, grands objectifs » prendra ainsi une dimension planétaire, toute centrée sur l'endoctrinement des enfants et des jeunes.
La Journée internationale du bonheur, un concept d’origine bouddhiste
Les célébrations avaient commencé dès le samedi 20 mars au siège de l'ONU qui accueillait 1.500 jeunes ayant bien mérité des ODD – méritants parce qu'ils ont à titre personnel assuré la promotion de ces objectifs – en présence des mêmes acteurs, Demi Lovato, Joe Manganiello et Mandy Patinkin qui ont offert, aux trois lauréats du concours, des « clefs » du village des Schtroumpfs. Manière de dire que chacun peut contribuer au bonheur et le trouver dans une organisation sociale qui élimine la pauvreté, la discrimination, le manque d'accès aux soins…
Tout cela se fait dans le cadre des nouveaux outils d'évaluation du développement qui tienne compte de « l'indice du bonheur », un instrument de mesure largement inspiré par le Bhoutan, pionnier en la matière. C'est en 1972 que ce pays a fait du bonheur de sa population un objectif de sa politique en le raisonnant, plutôt que de recourir au PIB, en termes de « bonheur national brut ». L'idée repose sur les valeurs spirituelles bouddhistes et s'impose de manière autoritaire : ainsi le Bhoutan connaît depuis longtemps la journée mensuelle sans voiture et la vente de cigarettes y est interdite…
Il ne faut donc pas perdre de vue la dimension « spirituelle » de ce nouveau gadget aux ramifications très profondes. C’est une « spiritualité » pour laquelle le bonheur est possible sur terre, et « ne se limite pas à la prospérité économique seule ». Ce bonheur onusien s'acquiert grâce à des décisions politiques sur le plan des Etats et à l’accomplissement des rêves de chacun au niveau des individus. Tout cela se fait sur la base de critères matériels, en oubliant que notre monde est une « vallée de larmes »…
L’idéal Schtroumpf, modèle du bonheur pour l’ONU
S'il faut en croire les organisateurs de la Journée du bonheur, la terre entière aspire aujourd'hui à devenir un monde merveilleux à l'image du village imaginé par Peyo. Au cours des rencontres de samedi au siège de l’ONU, Cristina Gallach, Secrétaire générale adjointe de l'ONU pour la communication et l'information a déclaré, le plus sérieusement du monde, comme le rapporte le communiqué officiel des Nations unies :
« Nos amis, les Schtroumpfs nous ont montré comment ils ont créé un village Schtroumpf heureux en vivant en harmonie ensemble (…) une leçon qui est très importante pour nous tous. Nous pouvons réussir de grandes choses. »
Vraiment ? Les Schtroumpfs vivent sans doute heureux dans l'univers imaginaire de Peyo. Mais c'est un univers collectiviste, sans argent, où chacun accomplit la tâche qui lui est imposée par le chef, en échange du gîte et du couvert (à la cantine commune). C’est aussi – et cela est parfaitement logique – une société sans famille, où la seule femme est la Schtroumpfette, fabriquée par l’ennemi mortel des Schtroumpfs, Gargamel, pour semer la discorde, puis transformée par le Grand Schtroupf en ravissante blonde qui s’occupe du seul bébé du village, tombé du ciel. Un monde sans Dieu, aussi, et sans religion…
La Journée internationale du bonheur au service des ODD
Comme pension pour jeunes garçons, c’est assez sympathique, et Peyo, puis ses successeurs ont le chic pour dénoncer les petits travers humains et les défauts des enfants. Comme critique sociale et projet politique, c’est une autre histoire ; on y a vu alternativement un rêve fasciste et une interprétation bédérastique de l’histoire de l’URSS. Totalitaire quoi qu’il en soit. Bienvenue en Onusie ?
Avec le film qui sortira bientôt, cette vision sera sans doute complétée et améliorée du point de vue des Nations unies puisque des Schtroumpfs désobéissants y vont à la découverte d'un nouveau village dont le chef est une femme Schtroumpf, politiquement correct oblige.
En attendant, l'ONU ne fait pas mystère de sa volonté de changer le regard des jeunes sur le monde à travers les ODD présenté comme instruments du bonheur. Samedi, la journée s'est déroulée dans le cadre de « Simul'ONU – un exercice de simulation des travaux de l'Assemblée générale et d'autres organes du système des Nations Unies pour initier les jeunes (collégiens, lycéens, étudiants) à la citoyenneté mondiale » : c'est ainsi que le présente officiellement le centre d’actualités de l'ONU.
Les ODD du ONU et idéal Schtroumpf… collectiviste
Dans une autre dépêche consacrée au Festival mondial des idées pour le développement durable qui s’est tenu début mars, on apprend d’ailleurs, toujours de la bouche de Mme Gallach, que les jeunes « savent que la planète ne va pas bien et qu'ils héritent de quelque chose de vraiment mauvais, alors ils veulent faire partie de la transformation. » Il s’agit bien de les conditionner. Vous pouvez d’ailleurs vérifier : il suffit de se glisser dans la peau d’un jeune et de répondre au quizz mis en ligne sur le site parrainé par les ODD, l’UNICEF et quelques autres, www.smallsmurfsbiggoals.com. Le quizz promet de vous révéler « vos » Objectifs du développement durable favoris. Sans laisser aucune place à une quelconque réponse négative. Les ODD ? Vous allez les aimer, c’est obligé ! Et vous serez heureux comme un Schtroumpf…
Que l'argent ne fasse pas le bonheur, à vrai dire, l'humanité le sait depuis très longtemps, ou l’ignore à ses dépens. Mauvais maître, c'est pourtant un bon serviteur indispensable à l'exercice de nombreuses libertés, et bien utile à l’exercice individuel, personnel de la charité ! Comme le disait Margaret Thatcher : « Personne ne se souviendrait du bon Samaritain s'il n'avait eu que de bonnes intentions : il avait aussi de l'argent. » Et bien des vertus…
-->
Mais le « bonheur » vers lequel les institutions internationales veulent nous conduire de force, à l'instar de tous les totalitarismes qui promettent des lendemains qui chantent, est d'un autre ordre. C’est un bonheur qui ignore les vertus classiques et préfère la conversion écologique. C'est un cauchemar socialiste avec sa fausse morale qui exige de tout sacrifier à la planète, y compris l'homme, et qui, surtout, écrase totalement toute dimension surnaturelle. La souffrance ne peut y être rédemptrice parce que la vie sur terre n'y est pas ordonnée à la vie éternelle.

Ce texte a paru le 20 mars dernier sur reinformation.tv.

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner

© leblogdejeannesmits


25 mars, 2017

“Europe, ton soleil revient !” Réflexions sur la vidéo de l'Institut Iliade


« Europe, ton soleil revient. » Je viens de regarder la vidéo mise en ligne par l’Institut Iliade. Elle laisse un goût amer, celui d’une pensée renfermée sur la matière, sacralisant la jeunesse et la race, fermée à la grâce.
Oui, j’aime l’Europe, mais l’Europe dont les racines les plus profondes plongent dans la vérité de la foi chrétienne, et qui ont façonné son identité. Je ne crois pas au « sol invictus », le soleil invaincu qu’on adore comme un dieu. La lumière de l’Europe, la lumière du monde, c’est le Christ.
J’aime l’Europe des nations, « prunelles de nos yeux » dont la culture est d’autant plus belle parce qu’elle a reçu l’infusion du christianisme. Je sais qu’elle peut et qu’elle doit se défendre, que son identité, ses traditions, sa culture sont des bien précieux. Mais cela ne suffit pas.
Dans mon Europe il y a de beaux jeunes gens et de superbes jeunes filles, comme dans la video qui glorifie leur marche vers le feu communautaire. Mais pas seulement.
Mon Europe est celle des vieux et des jeunes, des moches et des jolis, des malades et des bien-portants, des trisomiques comme des génies. Des femmes et des hommes ordinaires riches d’un passé commun – et qui souvent ne le savent plus – mais formés vaille que vaille à l’idée qu’une civilisation se juge à la protection qu’elle apporte au plus faible, au plus fragile, au plus petit. Elle l’oublie ? Oui ! Mais la volonté de puissance la fait sombrer encore plus bas.
Mon Europe est celle de l’égale dignité de tout homme aux yeux de Dieu, dignité qui lui vient de son âme immortelle, de son appel à devenir fils de Dieu et à jouir avec Lui de la vie éternelle.
Mon Europe est celle qui a pris le large pour annoncer cet Evangile jusqu’aux confins de la terre, parce que cette vérité est universelle et vaut pour chaque être humain, qu’il vive dans la forêt nordique ou les steppes d’Asie, dans le désert du Sahara ou dans les montagnes d’Amérique latine, à Jérusalem, Athènes ou Rome.
Mon Europe s’est lancée à la conquête du monde mais elle a aussi soigné, nourri, aidé, converti. Elle a arraché le monde à son paganisme qui idolâtre des dieux d’argile – quand il ne sacrifie pas des pauvres gens pour faire revenir le soleil. Elle a révélé la valeur de la personne, qui lui vient non de sa communauté ou d’une culture partagée, mais de son caractère unique, irremplaçable, corps et âme capables de Dieu et appelés au salut individuel.
Mon Europe connaît la valeur et le sens de la souffrance offerte, la grandeur de la faiblesse acceptée et de l’obéissance à la loi de Dieu ; elle connaît la lumière de la charité et de la compassion.
Mon Europe n’idolâtre pas la jeunesse et la force, elle est à la recherche passionnée de la Vérité. Et lorsqu’elle la trouve, ou la retrouve, elle se met à genoux, et adore – comme les bergers à Bethléem.
Dans mon Europe, la plus belle des rencontres communautaires n’est pas la convergence vers un feu de camp scout quelque part dans une clairière, dans l’attente du soleil. Elle est au pied de l’autel, dans la plus magnifique des cathédrales ou la plus pauvre des chapelles, voire dans la clandestinité d’une prison totalitaire, pour adorer le Christ crucifié en son sacrifice renouvelé par les mains du prêtre, pour commémorer sa résurrection qui nous a ouvert le ciel.
Qui a versé jusqu’à la dernière goutte de son Précieux Sang pour moi, pour vous, pour les enfants à naître et pour les rois, les braves gens et ceux qui se croient de la race des seigneurs, pour les Blancs, les Noirs, les Jaunes, les Latinos et les Maghrébins, rachetant chaque faute à un prix infini, ouvrant la porte à la seule fraternité universelle qui vaille.
Dans mon Europe, la prière de la vieille petite Noire qui récite pieusement son chapelet à la rue du Bac fait, je le crois, davantage pour la paix et la justice que toute œuvre qui prétend s’accomplir sans ou contre le Christ. Dans mon Europe, tristement submergée par ses ennemis, les sans Dieu comme les adorateurs de faux dieux, la réponse ne viendra pas du fond des forêts mais de l’eau du baptême. Celui qui fait de l’athée d’hier – ou du païen, ou du musulman converti… – mon ami et mon frère.
Mon Europe ne vénère pas Venner, et son suicide sacrilège – là-même où le Christ continue de se livrer pour les pécheurs – glorifié toujours comme un héros et un exemple par l’Institut Iliade.
Mon Europe a pour exemple, pour protectrice, pour mère, une petite jeune fille juive de Nazareth dont nous célébrons aujourd’hui le « oui » à Dieu, sa décision libre et aimante d’être son humble servante, prête à accueillir le Verbe de Dieu comme elle avait médité sa Parole dans l’Ecriture Sainte. La Vierge immaculée, dont le chaste sein enveloppa Celui que l’univers ne peut contenir.
Le soleil qui nous réchauffe et nous vivifie n’est pas un but, c’est une image, une pâle image de la puissance et de la bonté du Créateur.
Et les soleils, il y en a des milliards de milliards. Dans notre beau Cosmos, ils sont comme les plus simples des fleurs des champs – autant d’ornements de la demeure offerte par Dieu-Trinité à son humble créature. Offerte en premier lieu à sa Fille, sa Mère, son Epouse, comme cadeau de noces lui disant un peu de la beauté du ciel.
-->
C’est Marie, reine de l’Univers, couronnée d’étoiles, victorieuse de tout orgueil parce qu’elle écoute la parole de Dieu, et la garde !



• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner








21 février, 2017

“Amoris laetitia” L'appel de Mgr Schneider à la prière pour le pape sur TVLibertés

J'ai eu le plaisir d'être interviewée par Jean-Pierre Maugendre dans l'émission “Terre de Mission” à propos de l'appel urgent à la prière pour le pape lancé par Mgr Athanasius Schneider en raison de la confusion semée par Amoris laetitia – appel publié sur ce blog, à sa demande, ainsi que sur le blog de “L'Homme nouveau”.

C'est par ici :






Pour découvrir (ou relire) l'appel de Mgr Schneider, c'est par là.


• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner






“Amoris laetitia” : les critères donnés par la conférence des évêques d'Allemagne



Les prélats allemands, à la suite de Walter Kasper, sont peut-être les plus exacts interprètes de la volonté du pape François quant à l'interprétation d'“Amoris laetitia” : la question de la communion pour les divorcés remariés à été soulevée par Kasper et le cardinal Reinhard Marx – membre de la garde rapprochée du pape – tout comme plusieurs évêques allemands ont clairement affirmé leurs positions progressistes à ce sujet.

Pour mieux connaître leur pensée, je vous propose de découvrir ci-dessous la traduction intégrale des passages essentiels du document consacré au sujet par la Conférence des évêques d'Allemagne, grâce à l'important travail d'un jeune et talentueux ami, Jean-Marie d'Aythienne.

C'est également à lui que l'on doit les intéressantes « remarques de traduction » en fin de texte et les commentaires qu'il y ajoute, et auxquels je souscris entièrement.

Les parties du texte directement en rapport avec les aspects litigieux d'“Amoris laetitia” se présentent avec un interlignage augmenté, et j'ai mis les passages les plus contestables en caractères gras.

Je remercie chaleureusement le traducteur, Jean-Marie d'Aythienne, de m'avoir confié ce document pour mon blog. – J.S.


COMMUNIQUÉ DE PRESSE
DE LA CONFÉRENCE
DES ÉVÊQUES D’ALLEMAGNE

« La Joie de l’amour, vécue dans les familles
est également la joie de l’Église »
 texte adopté par le conseil permanent de la conférence des évêques
allemande le 23 janvier 2017 à Würzburg.
Invitation à  une pastorale du mariage et de la famille
renouvelée à la lumière d’Amoris laetitia
Des évêques
Nous nous réjouissons beaucoup du grand cadeau fait par le pape François qu’est l’exhortation apostolique postsynodale Amoris laetitia, et qui s’adresse à l’Église et à tous les hommes de bonne volonté qui construisent une vie maritale et familiale réussie. En se servant des avancées du synode, il a résumé et poursuivi le chemin emprunté par l’Église avec lui en 2014 et 2015. Il est parvenu à mêler l’enseignement de la Bible, la tradition et son expérience pastorale personnelle, formant ainsi un ensemble d’idées et de considérations dont l’unité nous semble particulièrement convaincante. Le pape François parle du mariage, de la vie de couple, de la sexualité, du rôle parental et de la famille mais avant tout de l’amour dans un langage du quotidien, pratique et vivant, ce qui fait d’Amoris laetitia une source d’inspiration pour la vie maritale et familiale. Nous vous invitons tous cordialement à lire et étudier cet écrit du pape. Cette invitation vaut, comme le pape le rappelle avec insistance « tant pour les familles que pour les agents de pastorale familiale, s’ils l’approfondissent avec patience, morceau par morceau, ou s’ils cherchent en elle ce dont ils peuvent avoir besoin dans chaque circonstance concrète. » (AL Nr. 7) Nous recommandons particulièrement la lecture du chapitre 4 sur « L’amour dans le mariage ». Dans la contemplation du chapitre 1 Cor 13 le Saint-Père voit une bonne base pour analyser les différents défis pastoraux à la lumière des saintes écritures et les poursuivre par des actes concrets. Parce que « Le sacrement de mariage n’est ni une convention sociale, ni un rite vide, ni le simple signe extérieur d’un engagement. Le sacrement est un don pour la sanctification et le salut des époux, car s'appartenant l'un à l'autre, ils représentent réellement, par le signe sacramentel, le rapport du Christ à son Église » (AL Nr. 72). Ainsi le mariage chrétien est un signe visible de l’amour de Dieu: une partie de l’Église vivante. C’est pourquoi l’Église compare le mariage et la famille à une petite église, une « église domestique ».

Nous remercions en premier lieu non seulement le Saint-Père pour son impulsion mais également tous ceux qui se sont engagés dans la préparation et l’accompagnement du synode en réalisant les enquêtes préalables ainsi que leur soutien technique. Merci également pour toutes les prières qui ont accompagné les participants aux synodes et leurs conseillers. Tous ont, à leur manière, contribué afin que ce chemin synodal soit celui de toute l’Église.
Sur ce chemin, les diverses situations de vie des couples mariés et des familles d’aujourd’hui sont pour nous claires. Nous regardons avec grand respect les hommes qui s’efforcent de faire face à leur travail et à l’éducation dans la société contemporaine. Tous, par les fidèles relations quotidiennes, l’amour parental, les soins et l’éducation, la solidarité entre les générations et les relations droites vécues dans l’environnement de leur famille apportent une contribution infiniment précieuse à la société, mais surtout aux uns et aux autres. L’infatigable engagement des parents pour soutenir leurs enfants dans la vie et les éduquer à la responsabilité est irremplaçable. C’est pourquoi nous remercions particulièrement les mariés et les familles pour leur témoignage de vie et de foi. Dans la mesure du possible nous souhaitons les aider dans ce chemin.
Quelles sont les conséquences d’Amoris laetitia dans l’accompagnement pastoral des mariés et des familles en Allemagne ? Beaucoup de ces conséquences devront être développées dans des situations pastorales concrètes. Nous ne mentionneront que quelques orientations essentielles. Ce sont sur ces priorités que nous consacrerons nos efforts dans un premier temps. Mais la richesse d’Amoris laetitia sera loin d’être épuisée. Nous souhaitons poursuivre l'étude de l’évangile de la famille,  dans le même esprit que celui développé dans Amoris laetitia, et développer d’autres thèmes. Pour le moment nous aborderons les suivants :
      La préparation au mariage ;
      L’accompagnement dans le mariage ;
      Le renforcement de la famille comme lieu de transmission de la foi ;

      Comment recréer le lien avec les personnes en situation de fragilité : accompagnement - discernement – insertion.

[…]
Comment recréer le lien avec les personnes en situation de fragilité : accompagnement - discernement - insertion
Malgré toute la bonne volonté des conjoints et toute la préparation au mariage,  il arrive que des relations se brisent. Les hommes envisagent une union pour toute une vie avant de se retrouver dans une situation désastreuse. Ils souffrent  d’avoir échoué dans la réalisation de leur idéal d’un amour et d’une relation  conjugale de toute une vie. À leurs propres doutes s’ajoutent souvent des inquiétudes économiques. Les enfants sont en particulier affectés de ces relations détruites. Et c’est dans cette situation critique qu’il est du devoir de l’église d’accompagner et de soutenir ces personnes. Ce service est dans de nombreux cas procuré par les centres de conseil de l’Eglise et l’accompagnement pastoral des parents célibataires. Et il est justement nécessaire dans l’accompagnement régulier[1] de ces personnes d’avoir une oreille bien plus attentive et un cœur plus ouvert, afin d’arriver au but « d’encourager l’ouverture à la grâce » (AL Nr. 37).
Ainsi nous voulons aussi développer la question des relations de l’Église vis à vis des personnes qui après un divorce civil se remarient et qui désirent recevoir les sacrements de réconciliation et de l’eucharistie. L’indissolubilité du mariage est un indispensable bien de la foi de l’Église. Amoris laetitia laisse tout aussi peu de doute quant à la nécessité de différencier son regard en fonction de chaque situation de vie des personnes. « Il faut éviter des jugements qui ne tiendraient pas compte de la complexité des diverses situations ; il est également nécessaire d’être attentif à la façon dont les personnes vivent et souffrent à cause de leur condition » (AL Nr. 296) Amoris laetitia présente les trois aspect accompagnement - discernement - intégration - comme les principes directeurs centraux, à partir de la constatation fondamentale que « Personne ne peut être condamné pour toujours, parce que ce n’est pas la logique de l’Évangile » (AL Nr. 297). Les personnes touchées par ces aléas de la vie, qui sont souvent vécus de manière suffisamment stressante et pénible, doivent sentir que l’Église ne les laisse pas tomber. L’Église doit faire vraiment comprendre aux divorcés remariés qu’ils appartiennent à l’Église, que Dieu ne les prive pas de son amour et qu’ils sont appelés à aimer Dieu et leur prochain en restant des témoins authentiques de Jésus Christ. Le Saint-Père souligne clairement l’aspect de l’accompagnement en disant « Non seulement ils ne doivent pas se sentir excommuniés, mais ils peuvent vivre et mûrir comme membres vivants de l’Église, la sentant comme une mère qui les accueille toujours, qui s’occupe d’eux avec beaucoup d’affection et qui les encourage sur le chemin de la vie et de l’Évangile. » (AL Nr. 299)
Ce que pense le pape dans ce contexte lorsqu’il parle de discernement est rendu plus clair par le fait qu’il mette en exergue dans Amoris laetitia : « L’Église a une solide réflexion sur les conditionnements et les circonstances atténuantes. Par conséquent, il n’est plus possible de dire que tous ceux qui se trouvent dans une certaine situation dite ‘‘irrégulière’’ vivent dans une situation de péché mortel, privés de la grâce sanctifiante » (AL Nr. 301). Amoris laetitia affirme a cet égard qu’il n’existe pas de règle générale et qu’il n’y a pas d’automatisme qui orienterait vers une généralisation tolérant les divorcés-civils-remariés d’accéder aux sacrements. Amoris laetitia n’ignore ni la lourde culpabilité que beaucoup de personnes s’imposent dans ces situations de rupture et d’échec de leur relation maritale ; ni la problématique engendrée par le fait que le re-mariage civil contredit les signes visible du sacrement du mariage, même si la personne concernée alors innocente a été abandonnée. Amoris laetitia ne s’en tient néanmoins pas à l'exclusion catégorique et irréversible des sacrements. La note 336 (AL Nr. 300) fait clairement état que le discernement de ceux qui « peu[vent] reconnaître que dans une situation particulière il n’y a pas de faute grave », doit conduire à des conséquences différenciées pour ce qui touche aux Sacrements. La note 351 (AL Nr. 305) indique qu’un homme qui est également dans une situation objectivement irrégulière, mais qui subjectivement n’est pas ou du moins pas totalement coupable « puisse vivre dans la grâce de Dieu, qu’[il] puisse aimer, et qu’[il] puisse également grandir dans la vie de la grâce et dans la charité » (AL Nr. 305), de surcroît s'il obtient l'aide de l'Eglise et dans certains cas aussi l'aide des sacrements. Aussi ceci défend la possibilité de recevoir les sacrements dans ces situations.
Tous les croyants, dont le mariage est cassé, et qui sont civilement divorcés et remariés, ne peuvent  pas recevoir sans discernement les sacrements. Ce qui est nécessaire, si le mariage ne peut être annulé, ce sont des solutions différenciées qui pourront entrer en vigueur, pour répondre de manière individuelle à chaque cas. Dans ce contexte nous encourageons tous ceux qui ont des doutes fondés sur la réelle validité de leur mariage, d’adresser une demande au tribunal ecclésiastique des mariages, afin le cas échéant leur permettre un nouveau [2] mariage à l’Église. Nous remercions tous ceux qui travaillent dans les tribunaux ecclésiastiques pour leur discrétion et leur engagement dans l’accompagnement pastoral.
Amoris laetitia a encouragé ce processus de prise de décision, qui doit être soutenu d’un accompagnateur pastoral. À la condition préalable que ce processus de prise de décision soit conduit en pleine conscience de la part de tous les acteurs, Amoris laetitia ouvre la possibilité de recevoir les sacrements de la Réconciliation et de l’Eucharistie. Dans Amoris laetitia le Pape François insiste sur l’importance de laisser aux personnes décider selon leur conscience : « Il nous coûte aussi de laisser de la place à la conscience des fidèles qui souvent répondent de leur mieux à l’Évangile avec leur limites et peuvent exercer leur propre discernement dans des situations où tous les schémas sont battus en brèche. Nous sommes appelés à former les consciences, mais non à prétendre nous substituer à elles » (AL Nr. 37). La fin de ce processus spirituel, dont l’objectif doit toujours être l’intégration des personnes, ne sera en aucun cas la réception systématique des sacrements de pénitence ou de l’eucharistie. Cette décision individuelle qui  qui font qu’une personne dans ces circonstances particulières ne s’estime pas ou pas encore en mesure de recevoir les sacrements, mérite* attention et respect. Mais le choix de recevoir les sacrements se doit*[3] aussi d’être respecté [4]. Afin d’éviter une attitude aussi bien laxiste d’un examen de conscience pas assez approfondi dans l’accompagnement, le discernement et l’intégration qu’une attitude rigoriste, il faudra prendre son temps avant de rendre des jugements trop rapides de ces situation dites irrégulières. Pour éviter ces attitudes extrêmes, cette phase de discernement (lat. discretio) doit avoir lieu lors d’entretiens individuels avec la personne. Nous considérons qu’il est de notre devoir d’approfondir la formation de la conscience des fidèles. Pour rendre nos accompagnateurs pastoraux[5] aptes à cette tâche, il est nécessaire de leur mettre entre les mains des critères. Ces critères de formation des consciences nous sont donnés par le Saint-Père de manière détaillée et de façon exceptionnelle dans Amoris laetitia (s. AL Nr. 298–300).
Aussi bien pour les conseillers spirituels que pour les croyants ce concept directeur de l’accompagnement, le discernement et l’insertion signifie de grandes exigences et un grand défi. De manière générale, mais encore plus particulièrement dans ces situations d’échecs, les hommes devraient être en mesure de savoir que l'Église les accompagne et les invite à marcher avec elle. « Les Pasteurs, qui proposent aux fidèles l’idéal complet de l’Évangile et la doctrine de l’Église, doivent les aider aussi à assumer la logique de la compassion avec les personnes fragiles et à éviter les persécutions ou les jugements trop durs ou impatients » (AL Nr. 308). Le Pape François a évoqué beaucoup de situation dans ses écrits : que ce soit un parent seul, des migrants ou des familles en fuite, des couples interconfessionnels, interreligieux ou interculturels, des couples dans lesquels l’un des deux est croyant et l’autre peu ou pas du tout, des familles, ceux vivant dans la pauvreté, ceux s’occupant des personnes âgées, des malades ou des personnes nécessitant une attention particulière dans leur famille, mais également des couples qui ne peuvent se décider pour le mariage, et des couples de divorcés-remariés civilement. Avec certains nous ne marcherons ensemble qu’un petit bout de chemin ou maintiendrons seulement une lointaine relation ; il y en aura d’autres que nous pourrons soutenir intensément, et certains seront en permanence avec nous. C’est là que nous ne devons pas renier l’Évangile de la famille. « Nous priverions le monde des valeurs que nous pouvons et devons apporter » (AL Nr. 35). Soutenir les couples en crises, divorcés et remariés civilement, signifie également un défi et une chance de pouvoir évoquer à nouveau avec eux l’Église et sa conception du mariage.
Nous encourageons tous ceux qui, sur le chemin du mariage et de la famille, veulent marcher avec l’Église,  à lire le texte précurseur [6] qu’est Amoris laetitia d’y réfléchir personnellement et de découvrir dans sa propre vie la richesse de l’évangile sur la famille. Nous soutiendrons, suivront, et accompagnerons tous les couples et toutes les familles sur ce chemin. Le Saint-Père nous donne lui-même ceci pour le chemin : « Tous, nous sommes appelés à maintenir vive la tension vers un au-delà de nous-mêmes et de nos limites, et chaque famille doit vivre dans cette stimulation constante. Cheminons, familles, continuons à marcher ! Ce qui nous est promis est toujours plus. Ne désespérons pas à cause de nos limites, mais ne renonçons pas non plus à chercher la plénitude d’amour et de communion qui nous a été promise » (AL Nr. 325).
——————

Remarques de traduction :
[1] Le texte original parle de « accompagnement quotidien » en utilisant le terme « alltäglich » et non « täglich ». L’idée qui sous-tend l’utilisation de ce mot, est qu’on en fasse une sorte de norme de l’accompagnement pastoral et pas quelque chose d'exceptionnel. D’où notre choix de traduire par « accompagnement régulier ».
[2] Le mot « nouveau » est bien présent en Allemand bien qu’il soit en parfaite contradiction avec l’indissolubilité du mariage rappelé dans le 2ème paragraphe du même chapitre.
[3] Une gradation est notable dans le respect à accorder aux choix le premier mérite*, l’autre se doit*.
[4] La construction de cette phrase sous-entend très clairement que la personne est dans la même situation, c’est-à-dire en situation objectivement irrégulière. On devrait comprendre la phrase de la façon suivante : « Mais si jamais une personne dans les mêmes circonstances prenait la décision de recevoir les sacrements, ce choix se devra aussi d’être respecté. »
[5] « Seelsorger » a été traduit par accompagnateur pastoral, mais pourrait l’être aussi par directeur de conscience ou aumônier, ce sont ceux qui exercent des tâches pastorales. En Allemagne elles sont aussi réalisées par des laïcs rémunérés par l’Église. Dans le document il n’est jamais précisé si ces tâches pastorales devront être réalisées par des consacrés ou des laïcs.
[6]  Ouvre des perspectives, porteur d’avenir sont d’autres possibilités de traduction.
Il est notable qu’à l’exception des extraits d’Amoris laetitia les parties importantes expliquant les raisons ou les moyens permettant aux divorcés remariés d’accéder aux sacrements sont écrites à l’aide de compliquées et longues constructions grammaticales.

Remarque d’ordre générale :
Dans le résumé de ce communiqué disponible sur la page de la conférence des évêques d’Allemagne, on comprend que l’essentiel de ce document réside dans la possibilité, après discernement, de l’accès aux sacrements de pénitence et de l’eucharistie aux personnes remariées civilement. Les points de la préparation au mariage, l’accompagnement des couples, le renforcement de la famille comme lieu de transmission de la foi, n’ont été abordés que succinctement et n’ont pas été traduits ici.
Le dernier chapitre qui est donc développé sur plusieurs pages justifie uniquement à l’aide d’Amoris laetitia que même des personnes vivant dans « une situation objectivement irrégulière » pourront recevoir les sacrements. Le Saint-Père, le pape François, avec Amoris laetitia « ouvre des perspectives ». Et il est aisément compréhensible de voir l’Église allemande encenser Amoris laetitia qui lui donne des arguments d’autorité pour faire avancer son point de vue.
Ce document prouve l’utilité des dubia posées au Pape. En effet les dubia, manifestant  un doute sur de telles interprétations d’Amoris laetitia en contradiction évidente avec l’enseignement du Christ et de son Église, demandait au Pape de clarifier ses intentions. – J.-M. d'A
© pour la traduction : Jean-Marie d'Aythienne

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner



© leblogdejeannesmits



 
[]